Vie de parent

Rire et faire rire

Riez en famille. Suscitez l’esclaffement autour de vous. Multipliez les traits d’esprit. Fomentez des grosses blagues. L’humour est bon pour le développement de votre petit, tant d’un point de vue intellectuel qu’émotionnel, social ou physique. Nous creusons la question avec un psy, un stomatologue et un chirurgien maxillo-facial. Non, on ne plaisante pas avec le rire.

Rire et faire rire

De vrais clowns, ces petits. À peine quelques mois, qu’ils se marrent… et font rire ! Il s’agit peut-être même du premier mode de communication. En général, que faites-vous quand vous voyez un bébé ou un petit enfant ? Vous tentez de lui décrocher une risette. Et si c’est gagné, quel bonheur !
Les premières tentatives d’humour sont précoces. Les tout-petits multiplient les actes comiques, de manière à renforcer les liens affectifs. Par la suite, l’hilarité familiale, les blagues aux copains ou les vannes entres potes procurent un sentiment de bien-être, à tous les âges de la vie.

De 6 mois à 2 ans

Tu souris, je réplique

C’est pas mal, la vie de bébé, ne serait-ce que pour une chose : ils passent leur temps à voir des gens sourire. Du coup, ils font pareil. Et puis, très vite, ils blaguent. Observez les premiers signes. Ils rentrent la tête, se jettent sur le côté du berceau, sourire en coin. Ils produisent des petits sons prodigieux. Ils mettent une peluche entre leurs lèvres ou dans votre bouche.
Plein de signes qui montrent que Bébé réagit avec vous. Il rit par mimétisme. Il n’a pas compris l’objet de l’amusement, ce n’est pas grave. Il est très important de laisser faire et de favoriser le développement de ses compétences comiques. Première chose à garder en tête : respecter son rythme. À chaque âge son humour. Du « pipi-caca » autour de 2 ans, vous allez en avoir plutôt deux fois qu’une. Et ce n’est pas tout de suite que vous allez enchaîner calembours et contrepèteries. Patience.

De 3 à 6 ans

Ils sont trop drôles

Ils se retrouvent entres copains-copines et s’amusent des bêtises des autres, des anecdotes et autres formules cocasses. Ils s’esclaffent des âneries de parents et, plus que tout, se mettent en quatre pour les faire rire à leur tour.
De votre côté, encouragez ces dispositions et soyez indulgents. Chez les petits, s’exercer au sens de l’humour entraîne des tas de compétences : l’intelligence, la créativité et le langage. Très vite, ils vont passer de l’humour visuel, type peau de banane, aux rimes absurdes et autres devinettes saugrenues, pour finalement apprécier les histoires drôles à double sens. Là encore, adaptez-vous et privilégiez la forme de communication qui correspond le mieux au développement de votre petit.

De 6 à 11 ans

Un superpouvoir 

Les spécialistes interrogés conseillent de consacrer du temps à jouer avec votre môme : cela favorise le développement de l’humour. Évidemment, les premières armes comiques ne sont pas toujours drôles du point de vue de l’adulte. Dans ces cas-là, que faire ? Un petit rire feint - occasionnel - peut l’encourager. Glissez quelques compliments ou de simples sourires. Difficile pour l’enfant de ne pas avoir de retour, de réactions.
Plus vous faciliterez le développement du sens de l’humour tôt, plus vite votre petit assimilera son pouvoir social. Pensez aux effets positifs du rire dans les relations amicales ou familiales. L’esprit se muscle. Au début, votre marmot répète des choses qu’il a entendues ailleurs. Mais, très vite, il invente lui-même ses propres blagues. Son seul but : exercer son nouveau superpouvoir et faire rire l’autre.
Année après année, il affine sa propre forme d’humour et construit ses relations en fonction de cette expression. Il flirte avec les limites ? C’est le moment de lui expliquer la nuance entre « rire de » et « rire avec », que la moquerie peut être blessante. Et vous pouvez également expliquer aux 8-9 ans que ce qui les fait marrer ne provoque pas toujours votre hilarité. Allez-y en douceur quand même.

À l’adolescence

Redonnez-lui le sourire

Le petit qui gloussait au moindre bruit de pet, qui plus tard inventait des énigmes absurdes et passait son temps à ricaner a fait place à un être plus morose. Il tire la tronche et vos tentatives comiques ne lui arrachent pas l’ombre d’un rictus. Le pire, c’est qu’il continue à s’esclaffer avec sa meute en dehors du foyer. Expliquez-lui que le rire insuffle la joie et qu’il est une clé de son bien-être.
Il est mal dans ses pompes ? Faites-lui comprendre que des hilarités répétées l’aident à lutter contre les coups de blues et que, en plus, cela opère un massage des traits du visage et peut même donner de l’éclat au regard ! Certains spécialistes affirment que la crise de rire apaise les tensions, renforce le sommeil et relaxe le muscle. Alors, pourquoi ne pas essayer ? L’humour est le meilleur euphorisant de la vie.

Yves-Marie Vilain-Lepage

Le saviez-vous ?

Les bienfaits physiques du rire

Le rire provoque des réactions physiques. Vous les avez certainement ressenties : soupir de soulagement, jambes molles, tête lourde... Pourquoi ? Les fonctions intestinales et hépatiques sont boostées. L'appareil cardio-vasculaire se régularise. Le rendement intellectuel s’intensifie. Rire tant et plus réduit l’anxiété, régularise la tension artérielle, renforce le système immunitaire et augmente la capacité pulmonaire.
Le plus épatant ? Le cerveau ne fait pas la différence entre un rire sincère ou feint. L'endorphine est tout de même secrétée et donc prodigue tous ses bienfaits. Vous pouvez donc en abuser sans modération.

Une maman en parle… 

Mon petit comique, créateur de lien

« Si je me sens un peu seule ou que personne ne veut sortir avec moi, je vais dans un parc, à la terrasse d’un café avec mon fils et je suis certaine qu’il va me faire rencontrer du monde. Sofjan est un petit comique. Il amuse tout le monde, il fait en sorte d’attirer l’attention sur lui tout le temps. Il tape souvent à côté et teste les limites, mais son truc, c’est de se faire aimer par l’humour. Ses délires sont hyper-communicatifs. »
Anne-Claire, 37 ans, mère de Sofjan, 5 ans

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