6/8 ans

Sauve qui poux

Une semaine à peine après la rentrée, vous êtes beaucoup de parents penchés sur la tête de vos enfants, traquant les invasives bêtes immondes. Vous le savez mieux que quiconque, ces parasites minuscules nous empoisonnent la vie. Shampooing, lotion, huile essentielle, vinaigre, peigne électrique… mais qu’est-ce qui fonctionne vraiment ? Vite, on vous apporte des solutions pour mener à bien cette guerre et enfin retrouver la poux. Euh, la paix.

Sauve qui poux

Rappel, tout d’abord : le pou est un insecte qui aime élire domicile dans les cheveux de nos enfants. Il se nourrit de sang en leur mordant le crâne. La femelle pond ses œufs - les lentes -, qui éclosent après une semaine. Les nymphes se nourrissent alors de sang et deviennent adultes après dix jours. Elles pourront pondre à leur tour : c’est l’infestation.

Indices pour le reconnaître : le pou mesure quelques millimètres et est de couleur gris-brun. Il se déplace grâce à ses six pattes crochetées. Il aime les endroits chauds comme la nuque ou l’arrière des oreilles. La lente, plus petite, est un œuf de forme oblongue et de couleur blanchâtre qui s’accroche très fortement au cheveu.

Comment savoir si mon enfant a des poux ?

Le signe le plus évident pour savoir si votre enfant (ou vous, d’ailleurs) a des poux : le chatouillement ! En effet, un pou qui mord, ça démange. Le fait qu’il se gratte souvent le cuir chevelu est donc un bon indice de la présence des petites bêtes. Au niveau de la nuque, on peut aussi trouver des petites lésions rouges causées par les morsures des poux. Vous trouverez poux et lentes dans les quelques premiers centimètres des cheveux de vos enfants. Si un pou ou une lente est visible dans les longueurs… c’est qu’il est mort !

Contrairement à certaines idées reçues, les poux semblent préférer s’installer dans des cheveux propres

La prévention

Quelques conseils, remplis de bon sens, pour éviter l’infestation :

► Attachez les cheveux longs : un simple contact, même furtif, entre les cheveux et hop, le pou passe d’une tignasse à l’autre. La promiscuité (à l’école ou lors des stages, par exemple) favorise la propagation.
► Conseillez à votre enfant d’éviter d’échanger ses vêtements (pull, foulard, veste… mais aussi bonnet et autre écharpe, dès l’automne) avec ses copains. Idem pour les essuies et surtout les brosses à cheveux à la piscine.
► Vérifiez régulièrement le cuir chevelu de votre enfant, surtout si les poux sont annoncés dans sa classe ou son groupe d’amis. Prévenez aussi son institutrice si les insectes ont élu domicile sur la tête de votre enfant.

En pharmacie, il existe des produits préventifs ou répulsifs qui, vu leur coût notamment, sont à utiliser avec parcimonie. Inutile donc de vous précipiter sur ces produits dès la rentrée, utilisez-les éventuellement si une épidémie se déclare dans la classe de votre enfant.

► Les produits préventifs sont à appliquer directement sur le cheveu. Ils n’empêcheront pas le pou d’arriver sur la tête de votre enfant, mais l’insecte ne survivra pas à leur contact. Constitués de dérivés de silicone ou d’octane 1,2-diol, ils peuvent généralement être utilisés dès l’âge de 6 mois. Notre conseil : le spray préventif Silikom Protect de Sanofi.
► Les produits répulsifs contiennent des principes actifs qui sont aussi utilisés pour lutter contre les moustiques : du IR3535 (comme dans le spray Paranix répulsif, dès 1 an) ou du citriodiol (issu de l’eucalyptus citronné, comme dans le spray Puressentiel répulsif, pas avant 3 ans).

Les traitements

Si malgré toutes ces précautions, votre marmaille a attrapé des poux, pas de panique ! Voici, en trois étapes, votre parcours du combattant anti-poux :

► Shampooing (ou lotion) : important à savoir : voici quelques années, les insecticides (malathion et perméthrine) étaient les produits miracles, ils tuaient les poux en agissant sur leur système nerveux. Depuis, les insectes ont développé des résistances à ces produits chimiques et leur efficacité n’est plus garantie. D’autres produits - à base de dérivés de silicone ou d’huiles végétales ou minérales - ont été mis au point. On vous conseille notamment la lotion anti-poux Silikom (à base de diméthicone), la lotion Paranix (à base d’huiles minérales et de diméthicone) ou encore la lotion Puressentiel (à base d’huiles végétales et d’huiles essentielles).
Ces produits ont une action mécanique : très gras, ils étouffent le pou qui ne peut plus respirer et meurt après un court laps de temps. L’avantage ? Pas de résistance et une utilisation plus sûre chez le jeune enfant et la femme enceinte.
Petit inconvénient : ces produits sont très gras, il faut souvent plusieurs shampooings pour en venir à bout !
Concrètement : on procède au traitement le jour même et sept jours après vu le cycle de vie du parasite. Un produit anti-poux ne peut garantir à 100 % la mort de la lente. Il faut donc attendre qu’elle éclose pour la tuer.
► Épouillage : souvent, le produit seul ne suffit pas. La méthode la plus efficace reste donc l’épouillage. Connue depuis la nuit des temps, le retrait à la main des poux et des lentes est le traitement le plus radical. Mais quel boulot ! Heureusement, le peigne à poux rend la besogne plus facile. En plastique ou électrique pour des cheveux courts et fins, on préfère un peigne en fer aux dents longues pour des cheveux longs et épais. Par exemple, le peigne à poux Nisska. On y pique une compresse qui, grâce au maillage, emprisonne efficacement le parasite. Cette technique permet de visualiser le nombre de petites bêtes retirées. On n’oublie pas le démêlant pour les cheveux longs afin que le peigne glisse facilement.
► Grand nettoyage : dernière chose, primordiale : traiter l’environnement. Pour cela, on lave (à 60°C) les draps, les essuies et autres vêtements. Pour les plus jeunes, on n’oublie pas non plus les doudous et autres peluches. Astuce, pour les tissus ne supportant pas les hautes températures : les enfermer dans un sac plastique pendant au moins trois jours.

Et les remèdes de grands-mères ?

► Les huiles essentielles de lavande vraie et de lavandin super sont parasiticides. Pour être efficaces contre les poux, elles doivent être très concentrées, mais gare aux irritations. On recommande toujours d’appliquer ces huiles diluées dans une huile végétale adaptée. Ça tombe bien : ce sont justement ces huiles végétales qui asphyxient le pou.
► La lavande pure derrière les oreilles ? Jamais ! Mais pourquoi pas quelques gouttes diluées dans la lotion anti-poux. Ses propriétés apaisantes seront bénéfiques. Gare aux contre-indications : pas avant 7 ans pour le lavandin et pas avant 3 mois pour la lavande. Il y a des risques d’allergie aussi.
► L’huile essentielle d’arbre à thé (tea tree) est un bon antiparasitaire. Mais de nouveau, pas d’utilisation pure sur la peau d’un enfant car les risques d’irritations cutanées sont grands.
► La mayonnaise. Il n’y a aucune preuve scientifique quant à l’utilisation de la mayonnaise dans la lutte anti-poux. Certains disent qu’il faut une mayo maison, d’autres prétendent qu’une mayonnaise industrielle est plus efficace. L’huile contenue dans la préparation asphyxierait-elle les poux ? Rien n’est moins sûr.
► Le vinaigre. Il n’a pas non plus montré de réelle efficacité en tant qu’insecticide. Utilisé pur, c’est une véritable catastrophe car il peut entraîner des irritations. Il peut, par contre, être utilisé dilué pour rincer le cheveu. Il facilitera la glisse du peigne et favorisera le décollement des lentes.

Charlotte Costenoble

Tête à poux ?

Certains enfants attrapent plus souvent des poux que d’autres. La faute à une plus grande proximité (surtout chez les 5 à 12 ans) ou encore des cheveux longs et détachés. Mais ceci n’explique pas tout. Ces insectes recèlent encore bien des mystères : les poux aiment certains cheveux plus que d’autres sans que l’on sache vraiment pourquoi. On sait seulement qu’ils seraient moins friands des cheveux crépus : moins confortables pour eux, ils ont du mal à s’y accrocher.
Seule certitude : contrairement à certaines idées reçues, avoir des poux n’est en rien un signe de manque d’hygiène. Il semble même que ces bestioles préfèrent les cheveux propres. D’où l’importance de rassurer votre enfant, les poux étant parfois sujets de moqueries dans les cours de récré.

En savoir +

  • Sur le site danseaveclespoux.be, vous trouverez d’autres infos et notamment la législation en ce qui concerne les poux à l’école. Pas question notamment de renvoyer systématiquement à la maison un enfant porteur de poux. Seul le Centre PMS peut prendre cette décision si les poux persistent sur sa tête durant plusieurs jours.
  • Enfin, pour dédramatiser l’événement, dans un grand éclat de rire, un classique du livre jeunesse qui a fait déjà ses preuves sur plusieurs générations : Rendez-moi mes poux, de Pef, aux Éditions Gallimard Jeunesse.
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