Vie de parent

Ségrégation scolaire : en 2017, toujours une réalité belge

La Fondation Roi Baudouin vient de publier une analyse des résultats de l’enquête PISA 2015. Le constat d’une école à la belge inégalitaire est encore très visible, et les premières victimes sont les élèves issus des classes sociales les moins favorisées ou d’origine immigrée.

Ségrégation : nom féminin (bas latin segregatio, du latin classique segregare, isoler). Action de mettre à part quelqu'un, un groupe. Si la définition de ségrégation est connue du plus grand nombre, beaucoup d’entre nous ignorent que le terme peut aussi s’appliquer à l’école. Et pourtant, la ségrégation scolaire est une réalité en Belgique.
À la demande de la Fondation Roi Baudouin (FRB), le Groupe de recherche sur les relations ethniques, les migrations et l’égalité (GERME-ULB) a analysé les résultats de l’enquête PISA 2015 (voir encadré) pour la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Sur le terrain, cela se traduit par des chiffres aussi éloquents que dérangeants :

► Les origines socioéconomique et migratoire sont la cause directe d’une différence de performances par rapport aux autres élèves de près de 20 %.
► Les élèves les plus forts passent plus de huit années de plus à l’école que les élèves les plus faibles.
► En Fédération Wallonie-Bruxelles, 23 % des élèves n’atteignent pas le niveau de compétence minimal pour participer pleinement à la société moderne.

Des outils pour mieux comprendre…

Comment expliquer ces chiffres ? « La Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles ne semblent pas arriver à aller au-delà du constat pour combattre ce mal structurel qui fait que les élèves défavorisés et ceux de l’immigration subissent un double handicap : en plus des obstacles dus à leur origine, ils se retrouvent concentrés dans des écoles qui ne les font pas progresser », souligne l’analyse de la FRB.
Pour mieux comprendre le phénomène, ses mécanismes et les conséquences sur les élèves, la Fondation a également réalisé une capsule vidéo extrêmement claire et pédagogique. Son objectif est de montrer que des solutions existent, avec en point de mire une évidence que la Ligue des familles rappelle souvent : partout en Belgique, l’école doit être capable d’offrir les mêmes atouts, les mêmes compétences, les mêmes connaissances à chaque élève. Et ceci avec la plus grande mixité et même plus encore, avec les plus grandes mixités (sociale, culturelle, économique…).

… et des pistes de réflexion

En plus de son analyse, la FRB va plus loin et propose trois recommandations pour résoudre le vaste problème de l’inégalité de l’école :

► Réguler les choix scolaires pour permettre une meilleure mixité, et cela par la mise en place de procédures d’inscription transparentes, centralisées et informatisées dès le début du parcours scolaire.
► Casser la logique de cascade par un tronc commun au premier degré (voire jusqu’à 15 ou 16 ans).
► Sortir de la culture du redoublement, souvent inutile et toujours coûteux, en instaurant des mesures alternatives (remédiation, enseignement différencié…).

R. B.

En savoir +

PISA, c'est quoi ?

Tous les trois ans, les connaissances et les compétences des élèves de 15 ans de 72 pays sont passées en revue. Toutes les matières ne sont pas concernées, mais le Program for international student assessment ou Programme international pour le suivi des acquis des élèves permet de recueillir des statistiques régulières et assez fines sur le niveau scolaire réel de nos enfants.
Les résultats de l’enquête 2015 peuvent être consultés sur le site enseignement.be.

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