Vie de parent

Séparation : les trucs qui fonctionnent

Vous seuls pouviez donner vos meilleures recettes, les ingrédients qui permettent de gérer au mieux le quotidien de la séparation. Pleins de bon sens, inattendus ou déconcertants, insolites et particuliers : ils sont testés et éprouvés parents !

Séparation : les trucs qui fonctionnent

Communiquer coûte que coûte

Le ton monte vite au téléphone, alors on communique par messages écrits. On utilise pas mal WhatsApp par exemple, quand il y a un papier important de l’école, on fait une photo et on l’envoie à l’autre parent, cela permet d’être au courant en temps réel des informations transmises.

Ritualiser les retours à la maison

Je suis très attentif au retour des enfants. Le mercredi après l’école, ils reviennent chez moi pour une semaine, c’est relâche, je les autorise à inviter leurs potes. Mais à 17h30, tout le monde doit être parti : c’est le temps de réinvestir la maison, chacun à son rythme. Pendant une demi-heure au moins, chacun reste dans sa chambre, seul et au calme. On réintègre notre territoire, on rentre à la tanière, comme des loups ! Et c’est fantastique : en quelques minutes, la tension tombe, le calme revient et s’installe. Au bout de la demi-heure, on peut commencer à prendre la température, à sentir si nous sommes enfin prêts à nous retrouver, nous reconnecter, tout en douceur.

Faire ses messages soi-même

C’est une discipline difficile à tenir, mais nous essayons de ne jamais prendre les enfants pour messagers. Dès que c’est nécessaire, même pour des choses qui paraissent anodines, je m’adresse directement à la maman.

Éviter de trop les questionner

La tentation est grande de leur demander ce qu’ils ont fait, où ils sont allés, ce qu’ils se sont dit. Mieux vaut l’éviter, car même quand je ne commente pas, mon fils sent ce que je pense et a tendance à défendre son papa. Or, il n’a pas à se retrouver dans cette situation…

Laisser la maison aux enfants

Pour le moment, nous avons opté pour l’hébergement alterné… des parents ! Notre fils n’a pas à déménager chaque semaine, c’est nous qui bougeons.

Ouvrir un compte commun « enfants »

Nous avons décidé de conserver un compte commun pour les frais des enfants. Nous l’alimentons tous les deux. Je fais totalement confiance au papa en tant que co-gestionnaire de ce compte.

Partager une voiture

Nous partageons la voiture : le parent qui est en charge des filles garde le véhicule pendant son temps d’hébergement. Nous la garons près de l’école le jour de l’échange : c’est la voiture des enfants.

Chacun gère ses affaires

Pas question qu’ils se trimballent avec des sacs ou des valises : nous avons chacun assez de vêtements. Et comme nous avons adopté des jours de résidence fixes en semaine, les activités sont gérées par le même parent, les affaires ne doivent pas voyager.

Prendre la douleur des enfants au sérieux

Quand ils sont difficiles, quand ils sont susceptibles, même quand cela me semble exagéré, je m’efforce de leur demander ce qui ne va pas. Ils savent qu’ils peuvent toujours me parler de ce qui les dérangent dans notre organisation.

Les remercier pour leur collaboration

Je suis super fière de ma fille. Je la félicite, car elle a mûri et collabore pour que tout se passe au mieux, malgré les faiblesses, les difficultés, nos mouvements d’humeur qu’elle subit.

Prendre soin de soi

Retrouver son indépendance sur tous les plans, ce qui inclut de raisonner et dialoguer en adulte à la pensée autonome. Bannir les comportements émotionnels, défensifs et réactionnels.

Respirer et réfléchir avant de réagir

Adopter la « règle des 24 heures » : dans des situations, négociations ou discussions potentiellement conflictuelles ou émotionnelles, ne jamais réagir à chaud et de façon instinctive et réactionnelle. Je laisse décanter mes ressentis comme la colère, l'humiliation, la tristesse, la rancœur, j’attends avant de réagir et de répondre. Parfois plusieurs jours quand c’est nécessaire.

Conserver de bonnes relations avec la belle-famille

Ma belle-mère est ma meilleure alliée : elle fait tout ce qu’elle peut pour nous venir en aide, son attitude constructive nous aide à arrondir les angles. Grâce à elle, on trouve toujours des solutions, on aurait trop honte de lui compliquer la vie !

Respecter le lien avec l’autre parent…

Quand elle s’entretient au téléphone avec son père, je m’éloigne, je leur laisse leur intimité. Ils ne me l’ont jamais demandé, mais je sais que c’est important, qu’ils se sentent plus libres comme ça.

... et quelques rendez-vous en famille

Anniversaires, fin du CEB, retour de classe de neige : on essaie de se voir en famille, de temps en temps. Les enfants apprécient d’avoir leurs deux parents ensembles pour les événements importants.

Faire appel aux amis

Il faut parfois se forcer à ne pas rester seul·e. Les ami·e·s qui étaient là au plus fort de la tempête m’ont sauvé la vie : j’ai eu la chance d’avoir leur soutien inconditionnel.

Aya Kasasa

L’avis de la journaliste

Confiance, vous verrez, vous aussi vous allez y arriver. Pas évident quand on est dans l’œil torve du cyclone, mais partager permet de relativiser. Cette épreuve douloureuse est aussi une occasion de grandir, d’apprendre sur soi, sur l’autre, sur nos enfants. De reconnaître que dans notre malheur, aujourd’hui, en Belgique, on a la chance de pouvoir ouvrir une mallette pleine d’outils. Osez y croire : oui, il est possible de réussir sa séparation. Oui, pour toujours, vous resterez parents.