Vie de parent

Séparation : qui garde l’enfant ?

32 % des parents séparés disent avoir choisi la garde partagée des enfants à 50-50, autrement dit en termes juridiques, l’hébergement égalitaire. Par contre, 36 % ont la garde de leur·s enfant·s à 100 %. 10 % fonctionneraient sans règle. Moins de 10 % vivent d’autres modalités - du style un week-end sur deux, plus une partie des vacances.

Séparation : qui garde l’enfant ?

L’hébergement égalitaire est une pratique qui semble s’installer gentiment auprès des parents. Ils étaient 34 % à l’avoir adoptée en 2017. 50 % des parents disent avoir discuté les modalités de garde de leur enfant entièrement à l’amiable. Peut-être en ayant recours à la médiation, un système qui permet une organisation beaucoup plus souple et donc mieux adaptée à la situation de chaque famille et donc de chaque enfant.
Si, du côté judiciaire, il y a grosso modo trois formules proposées par un juge - 35 % des parents déclarent passer encore par les arcanes de la justice pour fixer la garde des enfants -, la médiation offre des dizaines de modes de garde possibles qui tiennent compte tantôt de la présence de mamy le jeudi, de l’activité sportive du mardi, de l’anniversaire des cousins, etc. Une flexibilité qui ne peut qu’être salutaire pour tout parent et son enfant, pourvu qu’on accepte de parler encore à l’autre.
Enfin, 10 % des parents disent que l’enfant a décidé comment père et mère allaient se partager sa garde. Il s’agit certainement d’enfants de plus de 12 ans à qui la loi prévoit de demander leur avis. En effet, l’adolescent reçoit un courrier où le juge lui propose d’être entendu. Une situation pas toujours très confortable pour le jeune car ses propos sont consignés dans un procès-verbal dont les parents peuvent prendre connaissance. Tout cela n’encourage guère la liberté de parole.

► Noémie Simon, experte en droit familial : « À chaque âge et à chaque situation sa singularité »

L’hébergement égalitaire est aujourd’hui juridiquement la norme. Si le juge veut s’en écarter, il doit construire une série d’arguments qui mettent en avant des contre-indications importantes. Comme l’âge, par exemple. Encouragé par les recommandations des psychologues, le juge laissera le petit enfant à la maman et ce, jusqu’à environ 3 ans. Entre 3 et 6 ans, il proposera une garde qui évoluera en douceur et qui réintroduira petit à petit le papa. Attention : chaque cas est singulier et on a déjà vu des petits de 3 ans vivre selon le rythme de ce que les parents ont coutume d’appeler la garde alternée.
À partir de 6 ans, l’hébergement égalitaire est généralisé. Une césure parfois violente pour le parent (généralement la mère !) qui s’est parfois beaucoup investie les premières années. Un changement d’autant plus violent que la rupture du couple s’est souvent faite suite à une « désertion » de l’autre parent concernant les soins de l’enfant (généralement le père) qui se réveille soudain et en prend bien soin !
Autres formules d’hébergement proposées par le juge : un long week-end genre 5 jours/9 jours ou un week-end sur deux plus la moitié des vacances.

Déjà en 2015, des parents et des beaux-parents nous disaient…

Magalie, mère de deux garçons de 3 et 5 ans
« Mon ex n’était déjà pas très présent lorsqu’on vivait ensemble, vous imaginez maintenant ! Il a d’ailleurs disparu dans les airs. Si je réussis à divorcer par défaut, ce sera déjà une belle victoire. Alors, organiser la vie quotidienne, que ce soit la garde des petits ou l’aide financière, vous n’y pensez pas ! » 

Nathy, mère d’un garçon de 5 ans
« Mon ex est tiraillé entre les fureurs de sa nouvelle compagne qu’il caresse dans le sens du poil et l’envie de voir son fils le plus possible. Du coup, c’est moi qui assure l’essentiel de la garde du petit. »

Christian, beau-papa de deux enfants de 9 ans et 11 ans
« Je vois tous les jours les enfants de ma compagne, mais je ne les connais pas très bien au final. Ils sont très attachés à leur maman. Leur papa est quelqu’un de très important et ma place est très floue dans tout cela. Si j’ai envie que ça change ? Même ma compagne ne me pose pas la question… »

Myriam Katz

La Ligue des familles propose…

  • d’assurer le financement du Secal,
  • de favoriser l’accès à la médiation,
  • que le logiciel des contributions alimentaires Contriweb devienne une référence pour calculer les montants à payer et à recevoir,
  • dans la perspective des élections de 2019, un nouveau dispositif d’aide aux parents qui vivent une séparation. Plus d’infos dès février prochain.

Qui a répondu ?

1 315 adultes de 18 ans et +, vivant au moins à temps partiel avec au moins un enfant ou bel-enfant de 0 à 25 ans, résidant en Wallonie ou à Bruxelles, ont répondu au questionnaire entre le 8 et le 22 octobre 2018. L’institut de sondage Ipsos, qui a réalisé l’enquête, a appliqué des quotas sur le sexe, l’âge et la région des répondant·e·s. La marge d’erreur est de +/- 2,7 %. Vous pouvez trouver l’analyse complète avec tous les chiffres sur liguedesfamilles.be