Vie de parent

Sexualité : du touche-touche
aux amours adolescentes

On aurait pu croire que la sexualité de votre progéniture ne commençait à vous préoccuper qu’aux abords de l’adolescence. Erreur ! Dès l’âge de 3 ans, vos petits vous bombardent de remarques (c’est souvent à l’heure du bain !) qui vous laissent pantois à certains moments. C’est alors que les questions se bousculent dans votre tête. Comment répondre à vos petits ou plus grands ? Jusqu’où faut-il être précis ? Et quels sont les interdits ?

Sexualité : du touche-touche aux amours adolescentes

Avant d’entamer ce dossier sur la sexualité des enfants avec des psychologues et des sexologues, le Ligueur a voulu savoir quelles sont précisément vos questions. Une trentaine de parents nous a aidés à en dresser la liste, en tout cas, celle des questions les plus courantes. Ce travail fait, nous avons rencontré, selon la tranche d’âge abordée, des psychologues et sexologues. Résultat : sept pages où l’on a tenté de passer en revue l’essentiel de vos inquiétudes ou de vos questionnements.

De l’éveil des sens…

Ce n’est pas plus haut que trois pommes, mais ça se tâte, ça se caresse déjà. Mettez-la toute nue, elle touche son ventre du bout des doigts, s’empare de ses cuisses pour atterrir sur le sexe. Enlevez-lui son lange, son zizi est en érection. Pervers, nos petits anges ? Non, mais des êtres sexuels en construction et ce, depuis la naissance et même bien avant.
Attention, ne nous méprenons pas. Les gestes que font nos tout-petits ne peuvent pas être comparés aux nôtres parce qu’ils ne répondent pas aux mêmes besoins. En pleine découverte de leur corps, de ses limites, ils prennent conscience ainsi, au fil des mois, de ses réactions.
Une étude rapporte que certains parents auraient encore aujourd’hui une certaine gêne face au tout-petit en érection… C’est pourtant la découverte du plaisir, d’un certain bien-être qui donne le goût de vivre à l’enfant. Ne soyez pas avares de caresses, serrez-le dans vos bras, exprimez votre affection, c’est grâce à ça aussi qu’il s’éveille au monde. Et pour vous, c’est si bon…
Mais le tout-petit grandit et sa curiosité avec lui. Bientôt, les questions fusent jusqu’à vous surprendre parfois. C’est que l’enfant veut mettre des mots sur les choses et comprendre comment ça marche. Autant lui répondre franchement, appeler un chat, un chat (non, ce n’est pas un bouton mais un clitoris), sans pour cela se lancer dans une longue leçon d’anatomie. Il nous a bien fallu deux pages pour faire le tour de toutes les questions qui vous tarabustent entre 3 et 7 ans.

… Aux sens en éveil

Avant d’attaquer l’étape de l’adolescence, vous avez quelques années de répit où l’enfant emploie toute son énergie à son développement intellectuel. C’est le moment de souffler, de prendre des forces pour faire face au grand bouleversement qui ne va pas tarder à lui (à vous…) tomber dessus. Car l’adolescence arrive sans crier gare et vous demande, à vous parents, un véritable exercice de funambule.
Pas si simple d’être attentifs tout en étant discrets : cela demande du doigté, de la finesse et un vrai sens de l’équilibre. N’hésitez pas à nous faire suivre vos questions, vos remarques, vos récits sur redaction@leligueur.be

Myriam Katz

Sur le même sujet

De 0 à 2 ans : rien à voir avec votre sexualité

Un papa angoissé apprend qu’il va être le père d’une petite fille et l’imagine déjà le soir de sa nuit de noces. Une maman ne sait pas trop quoi faire avec le zizi de son fiston… Vos questions concernant la sexualité de votre enfant commencent tôt, très tôt. Annie Dumont, pédiatre, et Mireille Pauluis, psychologue, arrivent en renfort pour vous aider à y répondre !

 

De 3 à 7 ans : l’ère du touche-pipi

Oh, la mignonne période. Celle où se mélangent les amitiés et les amours. Le moment où les princesses Disney et les superhéros à la sauce Marvel pullulent dans les couloirs de l’école… et polluent les habitats des parents. Les cœurs se font et se défont, on aime à tout-va. Tout le monde y passe : les maîtresses, les copains, les copines, les mamans, les papas… On explore, on s’explore, on se chasse, on se remplace, on teste, on grandit. Le tout sous votre regard amusé, mais aussi inquiet, parce que vous ne pouvez pas toujours suivre. Pas de panique, Mireille Pauluis, psychologue, vous répond.

 

De 8 à 11 ans : un ange passe…

On commence à parler d’« âge de raison », même si les enfants comprennent vite que ça n’existe pas. Tant mieux, il n’y a aucune période pour être raisonnable. Les filles et les garçons sont devenus des ennemis jurés. Mais, secrètement, ils ne pensent qu’à elles. Les petites ne sont pas en reste, sous couvert de chorégraphies dédaigneuses, elles rêvent que ces fiers petits mâles ne s’agitent que pour elles. Tout ça alors que les questions se bousculent dans votre tête de parent. Faisons-en le tour avec Pascal De Sutter, docteur en psychologie et professeur à l’UCL.

 

De 12 à 18 ans et + : l’âge des premières armes

Vous voici de plain-pied dans la période où la sexualité prend le pas sur le reste. Tout le reste. Déjà que la communication n’est pas très fluide, alors aborder les questions liées au sexe relève parfois du bras de fer. Assumer son rôle de parent devient un art subtil où la figure imposée consiste à jouer sur plusieurs plans. Attention, donc, où vous mettez les pieds, le terrain est sérieusement miné. Et pour déjouer certains pièges, Valérie Lheureux, sexologue, et Pascal De Sutter, docteur en psychologie et professeur à l’UCL, répondent à vos questions.