3/5 ans

Si votre enfant est intolérant
au lactose…

Comment diagnostiquer l’intolérance au lactose ? Quels en sont les symptômes ? Vade-mecum pour organiser au mieux le quotidien de votre petit qui en souffre.

Si votre enfant est intolérant au lactose…

Les problèmes de digestion liés au lactose débutent dans la grande majorité des cas pendant l'enfance, entre 3 ans et 5 ans, et se maintiennent à l'âge adulte. En Belgique, une personne sur cinq en souffrirait.
D’après le docteur Hichem Souayah, gastro-entérologue au service de pédiatrie du CHU Saint-Pierre, on ne naît pas intolérant au lactose : « À la naissance, tous les bébés peuvent digérer le lait, puisqu'ils s'en nourrissent exclusivement pendant plusieurs mois. Les cas d'intolérance congénitale au lactose sont extrêmement rares - quelques dizaines de cas dans le monde. En revanche, une fois que les enfants sont sevrés, la capacité de l'intestin à sécréter la lactase peut se maintenir… ou disparaître. »

Ses symptômes

C'est entre une heure trente et deux heures après l'absorption du lait que les problèmes de digestion se manifestent chez les enfants intolérants au lactose. La digestion devient problématique quand le lactose arrive dans l'intestin grêle. Au lieu d'être divisé en deux molécules distinctes, le lactose reste entier et parvient intact dans le côlon. D’où des ballonnements, une impression de mauvaise digestion, des gaz, des douleurs abdominales et de la diarrhée.
Si vous soupçonnez votre enfant d’être intolérant au lactose, l’élimination de tous les produits laitiers de son alimentation pendant deux semaines peut aider à établir un diagnostic. Il s’agit du lait, des yaourts, des fromages, mais aussi des aliments du commerce qui en contiennent comme les biscuits et les pâtisseries, les plats préparés du commerce (lire la liste des ingrédients).
Après ces deux semaines, vous pouvez tenter de lui redonner de petites quantités de produits laitiers. Si les symptômes de l’enfant, disparus pendant l’alimentation sans lactose, reviennent dans une période de quatre heures suivant l’ingestion d’un aliment à base de lactose, consultez un gastro-entérologue qui sera à même de poser un diagnostic précis.

Que peut-il manger ?

Les intolérants au lactose doivent se priver de beaucoup d'aliments clés, mais, heureusement, des solutions existent.

  • Produits sans lactose : vous trouverez aujourd'hui des crèmes, du lait, du yaourt, des fromages, des desserts, etc., sans lactose dans la majorité des grandes surfaces. Ils contiennent autant de calcium que les produits laitiers ordinaires. Les prix sont certes plus élevés, mais se démocratisent lentement.
  • Substituts à base de soja : ils ressemblent aux produits laitiers, mais ne contiennent pas de lactose. Ils sont en général enrichis en calcium et permettent donc d'atteindre les apports conseillés sans trop de difficulté. Seul inconvénient : les enfants peuvent développer une allergie au soja.
  • Du calcium… sans lait : pour compléter les apports de vos enfants, vous pouvez leur proposer des sardines en boîte (parce qu'on les mange avec leurs arêtes), des légumes verts à feuille (chou vert, épinards, bettes), des légumes secs comme les haricots blancs, des eaux minérales riches en calcium (attention, elles ne conviennent pas aux enfants de moins de 1 an). Cependant, le calcium contenu dans ces aliments est moins bien absorbé en raison de la présence de fibres alimentaires. Il ne suffit donc pas d’examiner leur composition. Mieux vaut faire confiance à une diététicienne de pédiatrie qui en connaît non seulement la teneur, mais aussi l’utilisation par l’organisme.

À l’ecole ou chez des amis ?

À la maison, vous pouvez contrôler l’alimentation de votre bout de chou. Mais lorsqu’il va à l’école ou chez des amis, ce n’est pas toujours le cas. Il est donc indispensable de prévenir les enseignants ou même d’apporter ses propres aliments. Pour les enfants plus grands, le pédiatre peut prescrire de la lactase (en goutte ou en comprimé). La lactase scinde le lactose, mais modifie la pression osmotique du liquide, ce qui peut aussi être une cause de diarrhée. À utiliser prudemment et certainement pas sans contrôle médical chez les tout-petits.

Gaëlle Hoogsteyn

En pratique

Si votre enfant développe une intolérance au lactose, une diététicienne de pédiatrie pourra vous indiquer les différents mots-clés indiquant la présence de lactose et les modifications à apporter à l’alimentation afin qu’elle réponde aux besoins nutritionnels de votre tout-petit. Le pédiatre et la diététicienne vous aideront à adapter l’alimentation de votre enfant en tenant compte de son âge et des caractéristiques de sa croissance.

La question

Quelle est la différence avec l’allergie au lait ?

L’allergie au lait survient lorsque le système immunitaire réagit aux protéines contenues dans le lait. C’est une des allergies les plus fréquentes chez les enfants après l’œuf et l’arachide (source ANSES) : environ 8 % d’entre eux sont touchés. Cette allergie peut se manifester par de l’eczéma, des troubles digestifs chroniques, des problèmes respiratoires et même des troubles du sommeil. C’est le pédiatre qui pose ce diagnostic. On ne peut pas, dans ce cas, faire des essais de suppression.

Bon à savoir

CALCIUM : COMBIEN ?

Les apports journaliers quotidiens conseillés en calcium varient selon l'âge et les circonstances. En Belgique, on recommande en règle générale 700 mg de calcium par jour pour les enfants de 3 à 6 ans pour évoluer vers 1 200 mg dès 11 ans. En temps normal, pour s'assurer une quantité correcte de calcium, il faut boire 400 ml de lait (de croissance chez les 1-3 ans) et consommer deux produits laitiers par jour.

Sur le même sujet

Le gluten, pas toujours bon pour nos gloutons

Diarrhées chroniques, perte d’appétit, ballonnements… Pour certains petits, la diversification alimentaire n’est pas une partie de plaisir. Perte de poids, déficit de croissance. Alerte ! Et si c’était la maladie cœliaque ?

 

Allergies alimentaires : une responsabilité à partager

Qu’ont en commun le lait de vache, l’œuf et le poisson ? Tous figurent parmi les aliments les plus souvent responsables d’allergies chez le jeune enfant. Ajoutez-y les fruits à coque, la moutarde, le soja, le froment et vous avez le palmarès de ces trouble-fêtes alimentaires.