Vie de parent

Sida : les jeunes restent imprudents

Les jeunes manquent de précautions lors de rapports sexuels occasionnels. En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, on tente, encore et encore, de les sensibiliser, vraiment, aux dangers de ces comportements à risques.

Sida : les jeunes restent imprudents

« Mais oui, mais oui, m’man, je m’protège ! », lancent les étudiants sur un ton lassé. Et pourtant, il semble que les jeunes Belges, et plus particulièrement les étudiants, laissent encore souvent le préservatif dans le fond de leur poche lors de rapports sexuels avec un partenaire occasionnel.
« J’entends souvent des copines raconter qu’elles ont rencontré un mec un soir et l’ont fait sans capote », témoigne une étudiante d’un campus universitaire belge. Pire, le dépistage lui aussi semble négligé des jeunes après un changement de partenaire.
Or, ces comportements risqués les exposent directement aux maladies (MST) et infections sexuellement transmissibles (IST). Le nombre d'adolescents morts du sida a d’ailleurs triplé depuis 2000 dans le monde, selon les derniers chiffres de l’Unicef.

Pas concernés

Pourquoi les jeunes manquent-ils encore tant de précautions alors que, depuis des dizaines d’années, l’éducation à la sexualité et les campagnes d’infos martèlent les risques liés aux rapports non protégés.
Manifestement, les habituelles distributions de préservatifs, de petits rubans rouges et de fascicules d’information ne suffisent pas pour sensibiliser les Belges face aux risques de contracter le VIH.
« Le sida ? Non, je ne risque pas de l’attraper », répond un jeune avant d’admettre avoir eu, « juste deux fois » une relation avec une fille « sans capote ». Lui, comme ses amis, ne se sentent pas menacés. Ils ont l’impression que le virus n’atteindra pas leur entourage, leurs connaissances, et donc leurs partenaires réguliers comme leurs « coups d’un soir ».

Comment les sensibiliser ?

Malgré ces comportements imprudents, les contaminations au VIH ont chuté de 15 % en Belgique. Mais plus de 1 000 Belges ont été touchés par la maladie en 2014. Ce qui fait 3 contaminations par jour en moyenne pour cette maladie mortelle, si elle n’est pas soignée. Il faut donc redoubler de prudence.
En tant que parent, on prend son courage à deux mains. Dès que son ado commence à fricoter, même « rien qu’avec la langue », on n’oublie pas d’expliquer, répéter et faire lire et relire aux ados les précautions à prendre : se protéger en utilisant un préservatif. Et en cas de comportement à risque, foncer au Centre de planning familial le plus proche pour se faire dépister (en toute discrétion). Car il n’y a pas que le sida, il y a aussi toutes les infections sexuellement transmissibles, non mortelles mais pas moins dangereuses !

Stéphanie Grofils

Chiffres

Sondage français (la Smerep, la sécurité sociale des étudiants)

43 % des étudiants (57 % en Île-de-France) n'utilisent pas le préservatif à chaque rapport. Pire, 14 % des étudiants et 9 % des lycéens ne se protègent jamais, 1 étudiant parisien sur 5 serait dans le même cas. Près de 3 étudiants sur 4 et 81 % des lycéens ne se font pas dépister et 9 % des étudiants en IDF et 13 % en France pensent que l'on peut guérir du VIH avec les traitements actuels, ce qui est erroné.

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