Vie de parent

SOS parents : un numéro de téléphone
pour les parents qui sentent le stress monter

0471/414 333, ce sont les chiffres à composer si vous ne savez plus comment gérer vos enfants, si vous commencez à vous sentir épuisé·e en tant que parent ou si vous êtes carrément à bout. Au bout du fil, une équipe d'une trentaine de psychologues spécialisé·e·s en burn-out parental.

SOS parents : un numéro de téléphone pour les parents qui sentent le stress monter

La ligne est à peine ouverte ce lundi matin que, déjà, les appels s'enchaînent. Au bout du fil : des parents qui ne savent plus où donner de la tête. Ce numéro, le 0471/414 333, a été créé par Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak, toutes deux spécialistes du burn-out parental à l'UCLouvain.

« Nous avons ressenti le besoin de le mettre en place vu le confinement à cause du Covid-19, explique Moïra Mikolajczak. On voit que les parents sont en difficulté. Le numéro enfance maltraitée en France est saturé. Il fallait un équivalent en Belgique ». La psychologue spécialiste du burn-out parental nous explique pourquoi il est important d'appeler ce numéro.

Objectif : retrouver l'équilibre dans la balance parentale

La parentalité est comme une balance, explique Moïra Mikolajczak. « Sur le premier plateau, ce qui accroît le stress parental. Par exemple, les difficultés scolaires de ses enfants, l'agencement vie professionnelle-vie familiale ou encore une personnalité peu résistante au stress... Sur l'autre plateau, les ressources : les grands-parents, une conjoint·e impliqué·e, des aîné·e·s qui prennent en charge certaines choses... Quand tout va plus ou moins bien, les deux plateaux sont à l'équilibre ».

Cette situation de confinement ajoute des facteurs stressants et prive les parents de certaines ressources, analyse la psychologue. « Il y a plus de disputes dans la famille, les enfants sont plus nerveux, on est davantage sollicités, on doit davantage cuisiner et faire le ménage. Alors que du côté des ressources, on n'a plus d'aide ménagère pour ceux qui en avaient, on n'a plus les grands-parents qui pouvaient aider ou les loisirs pour se changer les idées ».

Appeler avant de craquer

Davantage d'éléments stressants, moins de ressources : il y a plus de chances pour que les parents basculent vers l'épuisement. « Et nous savons qu'une des conséquences majeures du burn-ou parental, c'est l'augmentation de la négligence - voire de la violence - d'abord verbale, puis physique à l'égard des enfants ».

Ce numéro a donc été créé pour éviter cette situation. N'attendez donc pas qu'elle soit critique pour appeler. « L'idée est de faire baisser la tension, d'aider les parents AVANT qu'ils ne craquent. C'est une ligne de prévention pour qu'ils puissent dire à quel point c'est difficile. Car oui, c'est difficile. Que ça puisse être entendu ».

L'idée n'est pas de donner les mêmes conseils à tout le monde, mais de s'adapter à chaque situation. « Les cas sont aussi divers que le nombre de parents, fait remarquer la spécialiste en burn-out parental. On ne va pas conseiller d'aller jouer dans le jardin si la famille n'en possède pas ».

Appelez donc si vous commencez à vous sentir épuisé·e ou si vous l'êtes déjà. Les conseils donnés par les psys sont gratuits. La communication est facturée à votre tarif habituel. Il n'y a pas de surcoût. Et, qui sait,  peut-être que bientôt il y aura un numéro vert ? « Ce serait logique », plaide Moïra Mikolajczak.

► 0471/414 333 : à votre écoute 7 jours/7 de 8h à 20h

Marie-Laure Mathot

Sur le même sujet

Coronavirus : dix conseils pour éviter le burn out des parents

Être parent en plein confinement peut être source de stress. Boulot en télétravail, garde des enfants… Quelle charge ! Face à cela, il y a quelques conseils tout simples qui permettent de rester plus serein et confiant. Deux chercheuses de l’UCL ont isolé 10 astuces pour éviter le fameux « burn out parental ».

 

Coronavirus : « Lorsque l’on est inactif, on est inquiet »

Dans le Ligueur frais du jour, nous livrons quelques conseils pour ne pas tomber dans une psychose (que l'on a dénoncé dans notre humeur de la semaine). Ce qui est en train de muer en phénomène de société peut se dépasser en famille. Natalie Maroun, consultante de crise en risques sanitaires au cabinet Heiderich à Paris, nous aide à soigner le virus de la peur avec des paroles rassurantes.

 

Confinement et télétravail : épuisement en vue pour les parents de jeunes enfants

Avec les risques de prolongation de confinement, les parents qui se retrouvent dans l’impossibilité de télétravailler ou d’être mis en chômage pour force majeure s’interrogent sur la position délicate dans laquelle ils se trouvent. Ils nourrissent de grosses inquiétudes. Surtout ceux qui sont déjà dans des situations difficiles ou précarisées.

 

Opinion de parent : nous avons le devoir de ne pas être parfaits

La philosophie du Ligueur repose sur plusieurs piliers. Dont celui-ci qui est fondateur : « Parents, n'essayez pas d'être parfaits. Lâchez la pression. N'essayez pas d'assurer sur tous les tableaux, c'est peine perdue ». L'issue de cette deuxième semaine de confinement fait ressortir une donnée fondamentale, plus que jamais, assumer son imperfection de parent n'est pas juste un conseil à suivre. Aujourd'hui, c'est un devoir.

 

 

Le confinement a des effets très contrastés sur le burnout parental

En tout, ce sont 1 300 parents belges francophones qui ont été sondés par l’UCLouvain. Le but était de mesurer l’effet de la crise sanitaire et du confinement sur les papas et les mamans. Premier résultat frappant. Le taux de burnout de parents a diminué. Il était de 8,1% avant le confinement, aujourd’hui, il est de 7,6%. Mais lorsqu’on regarde les résultats de plus près. C’est plus subtil.

 

(Dé)confinement : pour certains parents, la situation se complique

Alors que le déconfinement se construit phase après phase, pour certaines familles, cette liberté sous conditions ne se vit pas forcément très bien. Parfois même, la situation empire. Le stress est là, palpable, prêt à gonfler au moindre incident. Ce constat est formulé du côté des répondant·e·s de la ligne « SOS Parents » lancée fin mars par des chercheuses de l’UCLouvain.