Vie de parent

Suite aux inondations, l’allongement du congé de deuil a été mis en place avec effet rétroactif : vous avez droit à 10 jours payés à 100%

10 jours au lieu de 3 pour faire le deuil de son enfant ou de son conjoint. La décision a été prise en juin dernier mais le politique a anticipé l’entrée en vigueur de cet allongement suite aux inondations qui ont fait plus de 40 morts. Il lui a aussi donné un effet rétroactif de 12 mois. Cela signifie que si vous avez pris congé suite au décès d’un membre de votre famille nucléaire dans le courant de l’année écoulée, il peut compter comme congé de deuil.

Suite aux inondations, l’allongement du congé de deuil a été mis en place avec effet rétroactif : vous avez droit à 10 jours payés à 100%

 « Trois jours, c’était loin d’être suffisant pour se remettre du décès d’un proche », explique Lola Galer, chargée d’études à la Ligue des familles. Elle a rencontré des familles endeuillées pour rédiger une étude sur le sujet et pousser le politique à allonger ce congé. « Personne ne vit le deuil de la même manière. Mais toutes étaient d’accord sur ce point : trois jours, ce n’était pas suffisant. Les gens prenaient donc un congé maladie. Un type de congé qui a des conséquences : il faut aller voir un médecin, demander un certificat, avoir potentiellement un contrôle du médecin conseil. Or, ce n’est pas une maladie d’être en deuil. Ce ne se voit pas toujours. On n’entre pas en dépression pour autant. »

Concrètement, les personnes qui prennent le congé de deuil de 10 jours aujourd’hui sont payées à 100% de leur salaire. Et ce, que l’on soit salarié, indépendant ou fonctionnaire. Une avancée pour la Ligue des familles. Lola Galer : « Pour certaines personnes, il faudrait même plus mais c’est déjà ça. Nous sommes satisfaits d’avoir avancé sur cette question qui était sur la table du politique depuis plus d’une dizaine d’années. »

"On parle enfin de ces familles"

Pour la chargée d’études, c’est une réelle reconnaissance pour ces familles qui ne se sentent pas toujours représentées. « On parle enfin de ces familles qui cumulent souvent les difficultés financières et psychologiques. Pour la Ligue des familles, il faudrait compléter cet allongement par un meilleur soutien financier des allocations de transition versées quand un conjoint décède mais aussi des frais de soins psychologiques ainsi qu’un soutien dans les démarches administratives. »

À noter que les 3 premiers jours doivent être pris par le travailleur dans la période commençant le jour du décès et se terminant le jour des funérailles. Les 7 jours restants peuvent être pris librement par le travailleur dans l'année qui suit le décès. Ils seront comptés dans le calcul des jours de congé maladie s’il est pris dans la foulée.

 

Marie-Laure Mathot