Vie de parent

Transport scolaire et handicap :
on passe à l’action

Unia, la Ligue des familles et le Délégué général aux droits de l’enfant joignent leurs forces pour faire bouger les lignes côté transport scolaire pour les élèves dans l’enseignement spécialisé. Au programme ? Apporter des solutions concrètes lors d’un après-midi d'échanges. Toute personne concernée est évidemment la bienvenue.

Transport scolaire et handicap : on passe à l’action

« Nous habitons plutôt une région rurale, d’accord. Mais est-ce pour cela que le bus doit venir chercher ma fille à 6h45, pour l’amener à l’école à 9h alors qu’il n’y a que 25 km entre le domicile et la maison ? », relate Fred, le papa de Lydie dans notre dossier consacré aux transports scolaires. Des trajets qui n’en finissent pas, des répercussions sur la santé et le bien-être, des accompagnateurs insuffisamment formés, des parents qui doivent trouver leurs propres solutions… La situation est épineuse, urgente et, hélas, trop souvent passée sous silence.

Maître mot ? L’inconfort

Unir ses forces et s'imposer dans l'agenda politique, voilà ce que proposent les trois institutions. Tout part d’une étude de la Ligue des familles qui dresse un état des lieux peu encourageant. Les éléments mis en cause ? Ils sont nombreux : défaillance des transports particulièrement dans les régions rurales, trop peu d’écoles sont ouvertes aux enfants porteurs d’un handicap, temps de parcours, problèmes de confort…
Pour quelles conséquences ? D’abord au niveau de la santé d’enfants déjà fragilisés. Certains d’entre eux vivent de véritables traumatismes physiques, type énurésie, maux de dos, fatigues excessives ou psychiques, comportements agressifs, dépressifs, phobies scolaires. L’inconfort de certains bus, les retards répétés à l’école ou au domicile, les traitements médicaux bouleversés par ces retards, tout cela plonge ces enfants dans une grande insécurité. Et l’encadrement, alors ?

Où sont les accompagnateurs ?

La législation wallonne prévoit que chaque transport bénéficie d’un accompagnateur. Prévoit, mais rien n’assure que cet agent soit obligatoirement présent dans le bus puisque les arrêtés d’exécution du décret d’avril 2004 ne sont toujours pas adoptés. L’administration wallonne s’attellerait à un projet qui pourrait être présenté au ministre Di Antonio. À Bruxelles, la présence des accompagnateurs est évaluée au cas par cas.
Autre question récurrente du côté des parents : la formation de ces « surveillants » de bus. À Bruxelles encore, elle est organisée sur un mode volontaire ; en Wallonie, elle est liée au statut du personnel accompagnant. Le Service politique wallon pense mettre au point un système où la formation serait obligatoire avant l’entrée en fonction. En attendant, les parents se débrouillent…

Seul·e au monde

Difficile pour certains parents de se résoudre à laisser leur enfant dans « l’enfer » d’un bus. Difficile aussi de compter sur les transports scolaires pour ceux dont les enfants ont un suivi médical lourd, avec des prises de médicaments ou des rendez-vous médicaux à heures précises. Alors, ces parents cherchent une alternative mais il n’y en a guère si ce n’est de faire appel à des sociétés de transport privé.
Manon, maman de Charlotte, nous raconte qu’elle a pourtant bien essayé d’améliorer le transport scolaire et de faire appel à l’inventivité collective, mais en vain. « Après avoir essayé de négocier un changement dans le parcours du bus et tenté de mettre en place un covoiturage, c’est aujourd’hui une société spécialisée dans la mobilité des personnes à besoins spécifiques qui prend Charlotte en charge. Tous les jours, pour la bagatelle de 27 € par jour », dit-elle, un peu aigre. Le prix pour réduire le temps du trajet de trente minutes à près d’une heure selon le trafic.

Ils ont besoin de vous

L’idée ce 7 mars 2018, est de donner la parole à toutes et à tous et de mettre la problématique à l’ordre du jour dans l’agenda politique afin de dénouer toutes ces situations immuables. Il est ici question d’informer d’abord via des témoignages d’enfants, des appels au secours répétés de leurs parents, des associations et des écoles sur le chemin de l’école. Puis d’apporter des solutions concrètes pour garantir de meilleures conditions aux enfants et à leur entourage.
es trois institutions ont pour ambition d’interpeller le monde politique, le grand public et les médias en exposant la problématique à différents niveaux de pouvoir concernés et ce jusqu’aux prochaines élections. N’hésitez pas à faire entendre votre voix et à venir nombreux, ne serait-ce que pour vous informer sur une réalité encore trop souvent ignorée. Et non immobile comme on l’entend trop souvent.

La rédaction

EN SAVOIR +

Quand ? Mercredi 7 mars - De 13h30 à 16H30
Où ? Salle IPekli - Bureaux du Délégué Général aux droits de l’enfant - Rue de Birmingham, 66. 3e étage, 1080 Bruxelles
N’hésitez pas à vous inscrire ici.

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