Vie de parent

Très chères jeunes filles :
« Go to gyneco ! »

Un cri du cœur ? Mieux encore, un site web bien ficelé, hyper pratique qui va s’avérer un outil indispensable aux jeunes filles, quelle que soit leur orientation sexuelle. Tout part d’un constat : les lesbiennes ont trois fois plus d'IST que les hétéros. À qui la faute ? Pas mal de fausses croyances. On en parle avec Sophie Peloux, coordinatrice du pôle pédagogique de SIDA'SOS.

Très chères jeunes filles : « Go to gyneco ! »

Go to gyneco ! Simple, efficace et imparable. Derrière l’injonction, une volonté. Celle de faire baisser ces quelques chiffres désolants : une lesbienne sur trois ne s'est jamais fait dépister, 95 % d’entre elles ne se protègent pas, elles ont trois fois plus d'IST que les hétéros. Elles sont exposées à des risques spécifiques en matière de santé et de bien-être tant au niveau de leur sexualité que de leur état général. Ouf, mais qu’est ce qui explique que cette population soit plus vulnérable ?

« Pas de pénis, pas de contamination »…

Pour Sophie Peloux, ça ne fait pas un pli, ce taux élevé de contamination se justifie d’abord par un manque cruel d’information. « Il existe toujours cette fausse croyance populaire qui consiste à croire que les femmes ne sont pas une population à risque. Pas de pénis, donc pas de ‘vraie’ sexualité. Et le plus impensable, c’est qu’il y a un risque de se faire refouler par certains professionnels, qui eux-mêmes continuent de véhiculer ce genre d’idées reçues ».

Manque d’information, mais pas que. La plateforme Go to gyneco ! explique également que les FSF – les Femmes ayant des rapports Sexuels avec d’autres Femmes - ne sont pas représentées dans les campagnes de prévention en matière de VIH ou d’IST. Résultat : cela leur laisse croire qu’elles ne sont pas concernées. Et alors, comment peut intervenir le parent pour lutter contre cette désinformation ?

Les premières fois

Côté parent, comment agir ? Sophie Peloux explique que quoi qu’il se passe, le maître mot, c’est de pouvoir parler à son adolescente et d’avoir recours à la prévention. « Sans lier la sexualité aux risques, il faut leur faire comprendre que ceux-ci existent. Et quelle que soit l’orientation sexuelle, il faut consulter quand on est une femme. À l’école, l’EVRAS (voir encadré) pose les premières pierres. Il est important d’en discuter avec un·e professionnel·le qui ne va pas nécessairement procéder à un frottis dès la première consultation. Là-dessus, il paraît important de les rassurer. Cette rencontre avec un·e professionnel·le est fondamentale. Ne serait-ce que pour pouvoir poser toutes les questions que l’on a en tête quand on est en pleine construction sexuelle ».

La coordinatrice rappelle qu’indépendamment de toute orientation sexuelle, il est capital de procéder à un examen gynécologique tous les ans. Et pour pouvoir en parler (plus) facilement avec son enfant, le site a créé une brochure que l’on vous incite vivement à consulter.

Mais l’ambition de Go to Gyneco ! ne s’arrête pas là. L’objectif consiste également à guider les professionnel·le·s. « Il existe pas mal d’informations qui peuvent servir d’outils pour certain·e·s professionnel·le·s. Peut-être qu’il peut permettre de sortir d’une certaine vision hétéro-normée. Par exemple à l’école, il existe encore trop de séances pédagogiques qui se centrent uniquement sur les relations sexuelles filles-garçons. On essaie de rendre les plannings familiaux plus ouverts. Mais en aucun cas on ne prétend être détenteur·rice de vérité. On est vraiment ouvert·e à toutes remarques. Notre site se veut le plus évolutif possible ».

Yves-Marie Vilain-Lepage

Safe sex and sun

Go to gyneco ! est née des ASBL SIDA’SOS/ Tels Quels et le groupe de lesbiennes, bies and Co’ ; Ensemble, ils ont donc lancé le premier site internet belge consacré à la santé sexuelle des FSF. Et elles l'ont fait avec sérieux et entrain, la preuve :

Toutes les questions que se posent vos enfants en EVRAS

L’EVRAS ? L’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle est un dispositif qui s’adresse aux élèves de la primaire à la rhéto. Le Ligueur y consacre son prochain dossier. Nous avons enquêté dans plusieurs écoles, à différents âges, et nous en sommes ressortis à la fois très enthousiastes et pleins de questions. On vous propose donc d’observer ces séances par le trou de la serrure dans votre magazine papier numéro ce 29 mai.