Vie de parent

Un bilan de l’année tout en contrastes

Entamer une nouvelle année, c’est l’occasion de regarder dans le rétroviseur les douze derniers mois et de prendre de bonnes résolutions. Pour les familles, le bilan a été très contrasté avec de belles avancées, mais aussi le constat qu’elles ont passé une année difficile.

Un bilan de l’année tout en contrastes

En matière de soutien aux familles, des avancées appréciables ont pu être obtenues : allongement du congé paternité, fin du congé maternité raboté, congé parental corona, congé quarantaine dans les écoles… La Ligue des familles a été sur la balle pour faire remonter les préoccupations des parents.

En parallèle, l’année 2020 a aussi été une année très difficile pour les familles. La pandémie en elle-même a fait de nombreux morts, qui les ont touchées directement. Les mesures pour lutter contre le virus ont aussi été extrêmement dures.

Des membres de la famille hospitalisés, placés dans des homes, en complète isolation, parfois sans visite et sans sortie depuis de nombreux mois. Les grands rites de passage qui subsistent dans notre société n’ont pu être célébrés qu’en petit comité : enterrements, mariages, naissances se sont heurtés à des limites très strictes.

Au niveau de la vie quotidienne, le premier confinement a complètement nié la réalité de la parentalité obligeant les parents à travailler à domicile, tout en s’occupant de leurs enfants, sans l’ombre d’un soutien familial, des proches, des professionnel·le·s ou encore de l’État. L’autre partie des parents s’est retrouvée sans travail, sans occupation, avec juste le chômage temporaire comme moyen de subsistance.

Écart de réalités et jeunes délaissés

À l’heure du déconfinement, les mesures prises le sont sur base d’une famille stéréotypée : « papa, maman, les enfants », qui ne représentent pourtant qu’un petit quart des ménages en Belgique. Colocations, familles recomposées, gardes alternées, enfants en institutions, familles nombreuses, familles monoparentales, habitats groupés… les situations impensées dans le cadre des mesures de déconfinement sont légion. C’est inquiétant, car cela révèle de manière crue, l’écart entre les réalités des différentes familles et ce qui entre dans le concept de famille au niveau des décideurs et décideuses politiques.

Les enfants, quant à eux, n’ont commencé à exister dans le discours public qu’à partir du mois de mai. Ils ont vécu de longues semaines dans une réalité chamboulée, sans plus aucun contact physique avec les enfants de leur âge et, parfois, avec un accès très limité à l’extérieur.

Les adolescentes et adolescents n’ont presque pas été pris·e·s en compte. À un stade de développement où ils et elles construisent leur identité avec et au contact de leurs pairs, ils et elles se sont retrouvé·e·s privé·e·s de lien, sans retour à l’école en fin d’année, sans activités extrascolaires et à l’école en présentiel à mi-temps à partir d’octobre. Pointée du doigt comme propagatrice insouciante d’un virus qui l’affecte peu, la jeunesse a une fois de plus dû subir la marginalisation et le phénomène de bouc émissaire.

2021 : de l’espoir et de l’engagement

L’année 2021 est placé sous le signe de l’espoir. Espoir de fin de crise sanitaire, espoir de politiques familiales adaptées. Le Baromètre des parents 2020 le montre bien, certaines catégories de familles souffrent plus que d’autres : les parents d’enfants porteurs de handicap, les familles monoparentales et les familles nombreuses sont particulièrement à risque de pauvreté et d’isolement social. C’est vers elles et eux que doit principalement se tourner l’action des pouvoirs publics dans le cadre de la (sortie de) crise sanitaire.

Pour la Ligue des familles, 2021 est l’occasion de prendre de bonnes résolutions. À vrai dire, elles sont les mêmes depuis de nombreuses années : transformer la société pour la rendre compatible avec les réalités de toutes les familles. Construire avec les parents des solutions concrètes pour améliorer les conditions de vie et d’avenir de tou·te·s. Mettre en œuvre la solidarité via l’équité, qui dépasse l’égalité stricte des droits, pour soutenir de manière plus accrue celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Christophe Cocu, directeur général de la Ligue des familles