Vie de parent

Congé de paternité
pour indépendants ?
Youpi, on y est

« Ce n’est pas encore fait, mais on y croit très fort ». Tels étaient les mots de la secrétaire politique de Ligue des familles, Delphine Chabbert qui signalait, il y a presque deux ans, que rien n'était mis en place pour les pères ou futurs pères indépendants. Il aura presque fallu deux ans, mais, à partir de ce 1er mai, les indépendants auront droit à un congé de paternité facultatif. Ouh, la bonne nouvelle.

Un congé de paternité pour indépendants : youpi, on y est

Rendons à César ce qui appartient à César. Tout part d’une proposition de loi d’Ecolo/Groen en mai 2016. Le constat ? Rien n’est fait pour les papas indépendants. Dès lors, il est question de consulter quatre acteurs : l’UCM, l’UNIZO, le Syndicat Neutre pour Indépendants et la Ligue des familles. Il était plus que temps d'adopter cette mesure quand on sait qu’il existe plus de 1 million de travailleurs indépendants en Belgique, dont deux tiers sont des hommes. Ces chiffres sont en constante augmentation (Chiffres INAMI). C’est dire si ces mesures sont importantes.

Comment ça se passe ?

À partir de ce 1er mai 2019, les indépendants ont donc droit à un congé de paternité facultatif d’une durée de dix jours dans les quatre mois qui suivent la naissance de leur enfant. Ils pourront prendre ce congé par jour ou demi-journée. L’allocation s’élève à un total de 808,20 €. Les pères indépendants qui font le choix de ne prendre que huit jours ou moins recevront gratuitement quinze titres-services. Ravie de la façon dont cette loi se met en place, la Ligue des familles salue également l'attention portée sur un point : l'ouverture de ces congés aux co-parents. Une avancée majeure pour les couples homoparentaux où la conjointe de la maman ne perçevait jusque là aucune aide.

Une soupape pour les papas

Les papas indépendants ne sont donc plus être considérés comme des parents de seconde zone. Ils doivent pouvoir s’appuyer sur une mesure qui les aide à concilier vie familiale et professionnelle. Ils ont le droit comme les autres salariés à une vie de famille. « Il semblait important d’établir un meilleur équilibre entre mères et pères dans l’éducation des enfants mais aussi de diminuer les inégalités entre femmes et hommes sur le marché du travail. De plus, il était temps d’envoyer un signal fort : les enfants d’indépendants ne sont pas des enfants de seconde zone non plus », se réjouit Delphine Chabbert.
Le moment de l’accueil de l’enfant est essentiel pour le parcours de l’enfant. Cette loi, maintenant votée, aura un autre impact : celui de permettre de souffler à un moment bien particulier. Si précieux. Une vraie soupape ? Oui, mais pas seulement. Il s’agit aussi de protéger le travailleur à l’heure où l'on parle de plus en plus de burnout chez les indépendants, ne négligeons pas ce type de congé qui peut faire office de véritable outil préventif.

À suivre...

Reste quelques points à régler. Il faut par exemple que les indépendants puissent assurer un suivi minimum de leur activité. Pour cela, il semble important de favoriser l’engagement de remplaçants ou d’aidants afin de les soulager en cas de besoin. Particulièrement dans des cas d’urgences comme les soins palliatifs à un enfant ou un proche, etc. Et surtout, il convient d’exonérer cette période de congé du payement des cotisations sociales.
Mais en cette période un peu incertaine de veilles d'élections, voilà une bonne nouvelle. Une qui donne envie de croire que la société met un pied devant l'autre et marche dans le bon sens. Une qui nous montre que la Ligue des familles est un peu écoutée, aussi...

Yves-Marie Vilain-Lepage

Et vous, mamans indépendantes ?

Le congé de maternité pour les travailleuses indépendantes se fait en deux temps : d’abord, une période obligatoire de trois semaines, puis une période facultative de neuf semaines. Dix semaines en cas de grossesse multiple. La maman peut également utiliser une ou deux semaines facultatives avant le repos prénatal. Le jour de l’accouchement est le premier jour du congé postnatal obligatoire. Les semaines facultatives doivent être prises dans un délai maximum de 36 semaines, après la naissance. L’allocation de maternité versée s’élève à 484,90 € hebdomadaire.