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Un « deuxième »…
comme sur des roulettes ?

Ça y est, il est là, ce deuxième bébé que vous attendiez depuis neuf mois et dont vous avez tant rêvé. L’aventure familiale peut continuer ! Ce sur quoi vous aviez peut-être moins compté, c’est sur les difficultés que vous alliez rencontrer. Petite liste non exhaustive pour mieux vous préparer au cas où…

Un « deuxième »… comme sur des roulettes ?

Les ouvrages publiés sur les défis auxquels les futurs jeunes parents doivent se préparer à l’arrivée d’un premier enfant pullulent dans les rayons, conseils à la clef. La Bible de la grossesse, J’attends un bébé de Laurence Pernoud, s’offre de génération en génération.
En revanche, l’arrivée d’un deuxième enfant semble nettement moins émouvoir les éditeurs. Il y a des articles sur les blogs et sur les sites spécialisés, mais peu (voire pas) de livres sur les différents problèmes auxquels se préparer à l’arrivée du petit frère ou de la petite soeur. Comme si l’arrivée du deuxième passait comme une lettre à la poste. « Puisqu’ils ont survécu au premier, ils sont blindés pour le deuxième » se disent-ils peut-être ? Pourtant, chaque nouvelle naissance présente son lot de défis à relever. Et ce deuxième bébé n’échappe pas à la règle.

La jalousie de l’aîné

La venue d’un nouvel arrivant dans la famille ne sera pas toujours vécue comme le plus beau des cadeaux par votre premier chérubin, même si le nombre d’années d’écart qu’il y aura entre vos deux enfants aura un impact sur la manière dont les choses se dérouleront. Et puis, comme toujours, chaque enfant réagira selon son tempérament et le contexte dans lequel il évolue.
« Nous avons remarqué que Chléa a redoublé d’originalité pour attirer mon attention à l’arrivée d’Arthur, mais elle était ravie. Je lui ai offert une poupée pendant la grossesse et on s’est occupées de nos bébés respectifs ensemble », se souvient Clarisse. Tout le contraire de Julie, dont le petit Sasha a encore du mal à accepter le débarquement de Noé, deux ans et demi après lui.
En fait, même si votre enfant a l’âge de comprendre les avantages que représente l’agrandissement de votre famille, il n’échappera pas aux questionnements et aux inquiétudes face à ce chamboulement. « Je vais devoir partager ma chambre, ma salle de jeux, ma salle de bain, et surtout le plus important, les bisous et les bras de papa et maman », pense votre grand. Qu’il ait l’âge de l’exprimer verbalement ou pas, il arrivera à vous faire passer le message.

Les trucs pour le rassurer

► Votre aîné était propre ? Il pourrait refaire pipi au lit. Il buvait au verre ? Il pourrait réclamer un biberon. Pas de panique, c’est temporaire, du moins si vous lui expliquez les choses en prenant le temps. Votre grand a besoin d’être rassuré sur le fait qu’il a toujours sa place. Vous pouvez lui expliquer que prendre le sein n’est plus de son âge, mais qu’il peut prendre un verre de lait et s’asseoir à côté de vous pendant la tétée, par exemple.
► Évitez d’opérer des changements dans son quotidien. Reportez le moment de le changer de chambre, de lui faire commencer la crèche ou l’école, de changer les places assises à table ou de changer de côté son siège enfant dans la voiture. À moins qu’il soit assez grand pour se réjouir d’avoir une nouvelle chambre ou de retrouver ses copains d’école, mieux vaut lui éviter de se sentir relégué au second plan.
► Valoriser son premier enfant dans ce qu’il est capable de faire en qualité d’aîné, c’est bien, mais prenez garde à ne pas le grandir trop vite et à lui permettre de se comporter comme un enfant de son âge. Et n’oubliez pas qu’il a encore besoin de vous. À vous de trouver le juste milieu.
► Les livres illustrés sur l’arrivée de bébé sont aussi un outil précieux pour mettre des mots sur les émotions de chacun. Quelques titres : Et dedans, il y a…, Jeanne Ashbé, Pastel ; Attendre un petit frère ou une petite sœur, Catherine Dolto, Gallimard ; Il y a une maison dans ma maman, Giles Andrae et Vanessa Caban, Gautier-Languereau ;  Une petite sœur, ça sert à quoi ?, Sophie Bellier et Sophie Lesdema, Fleurus.

Lâcher prise

Tout parent qui « remet le couvert » passe par une série d’interrogations, dont le classique : « Et si je ne l’aimais pas autant que le premier ? ». Heureusement, le suspense ne dure pas très longtemps puisque l’on se rend vite compte dès la naissance que le cœur d’un papa ou d’une maman est sans limite. Ce qui peut, par contre, être plus subtil et plus tenace, c’est le sentiment de culpabilité qui pourrait se profiler autour de la naissance.
Ce sentiment parlera peut-être davantage aux « super-mamans » (même si nous le sommes toutes, évidemment !) ou plutôt à celles que l’on surnomme les « mamans-drones/hélicoptères ». Vous savez, ces mamans qui veulent que tout soit parfait, qui veulent tout contrôler et qui prennent tout sur leurs épaules ? Ça vous parle ? Eh bien, sachez que quand le deuxième se pointe, vous n’avez pas d’autre choix que de lâcher prise et d’accepter que certaines choses ne se passent plus comme vous le voulez. Qu’il y aura des dommages collatéraux, des frustrations et que vous ne pourrez pas les gérer seule.
Cela s’adresse aux papas également, cela va sans dire. Mais les mamans sont en général plus exposées, particulièrement les premiers mois quand elles sont la personne numéro 1 dont bébé a besoin.

Les trucs pour s’en sortir

► C’est le moment de solliciter votre entourage : papa aux fourneaux, mamy qui baby-sitte le grand et papy, homme à tout faire. Ça vous rappelle vaguement certains conseils piochés dans les fameux livres sur l’arrivée du premier ? Plus que jamais, c’est le moment de les appliquer.
► Augmentez votre seuil de tolérance envers vous-même, sinon comment oser dire : « J’en ai ras-le-bol, j’en peux plus », alors qu’on l’a voulu ce deuxième marmot ? Mais c’est aussi cela, la magie d’être parent, nous pousser dans nos retranchements pour nous forcer à baisser les armes.

Et le couple dans tout ça ?

Désormais, ce ne sera plus 2+1, mais 2+2, et cela change énormément la donne. Avant, il était possible de vous relayer autour du petit. Quand le numéro 2 arrive, il n’y a plus de « temps off ». Pendant que l’un donne la panade, l’autre lit un livre, aide à aller sur le pot ou vide le lave-vaisselle.
Heureusement, cela évolue à mesure que les enfants grandissent et qu’ils ont moins besoin d’attention, mais les débuts peuvent être intenses, surtout si la différence d’âge entre les deux enfants n’est pas élevée. D’ailleurs, même en grandissant, il y aura encore toujours deux paires de chaussures à enfiler, deux séries de dents à brosser, deux paires de mains à laver... et les deux parents ne seront pas de trop pour gérer la petite famille, que ce soit en déplacement ou à la maison.

Les trucs pour continuer à s’aimer

► Respectez le rythme d’« un compliment par jour, une sortie par semaine et une escapade par mois » pour entretenir la flamme. Vous étiez déjà loin du compte après votre premier ? Faites appel aux grands-parents, aux amis avec lesquels vous ferez des échanges d’enfants, ou aux baby-sitters de la Ligue des familles.
► Instaurez des moments privilégiés avec les enfants pour apaiser les jalousies au sein de la fratrie. Papa organise un atelier lecture à la maison avec le petit dernier pendant que maman va sauter dans la piscine avec l’aîné. Papa emmène le grand à la foire pendant que maman et bébé font la sieste.

Julie Robin

Des parents en parlent…

Petite grande et grande petite

« Un jour, ma mère m’a fait remarquer qu’à force de répéter à Marie qu’elle était une grande pour justifier sa différence de traitement, je négligeais son besoin d’être cajolée. Elle avait justement envie de garder les privilèges d’une petite, comme sa sœur qui était dans mes bras en permanence. »
Sarah

Une aide extérieure

« Ce qui m’a beaucoup aidée, c’est de parler de ma culpabilité avec un thérapeute, parce que j’avais très peur d’être jugée par mon entourage et de passer pour une mauvaise mère. Là, au moins, j’étais face à une personne neutre qui me comprenait et qui me soutenait. »
Nathalie

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