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Un petit déjeuner… contre l’obésité

Vous jetez un œil sur la grande montre de votre cuisine. Vous avez trois quart d’heure pour sortir vos enfants du lit, leur demander de s’habiller et d’avaler leur petit déjeuner. Car il s’agit bien d’engloutir tartine, céréales ou autre aliment quand on a si peu de temps devant soi. Et quand votre ado renâcle parce qu’elle ne peut rien avaler au saut du lit… Comment faire pour que le petit déj’ si capital pour la santé ne devienne pas un enfer. Conseils.

Un petit déjeuner… contre l’obésité - Thinkstock

Le petit déjeuner est sans nul doute le repas qui a été le plus médiatisé. Tout a été dit. On le sait, il s’agit d’un repas important, absolument indispensable pour les enfants comme pour les adultes. Et pourtant, s’il est consommé par plus de 80 % des enfants en âge scolaire en Belgique, il est négligé par beaucoup d’ados et d’adultes. Certains pensent même que c’est une économie de calories alors que nombre d’études d’observation démontrent que l’absence de petit déjeuner est le premier pas de la journée vers le surpoids.

Un cerveau doit se nourrir

Pourquoi saute-t-on le petit déjeuner ? Pas l’habitude ! Pas le temps ! Pas faim à ce moment-là ! Puis, ne suffit-il pas de prendre une collation vers 10h pour combler le vide créé par l’absence de ce premier repas ?
Durant la matinée, votre enfant (et vous aussi d’ailleurs) doit être apte à se déplacer sans danger, effectuer une tâche, étudier, écouter, comprendre, bref doit pouvoir compter sur le fonctionnement optimal de ses capacités intellectuelles et physiques. Ceci suppose qu’il puisse disposer rapidement de nutriments indispensables aux fonctions du cerveau et des muscles : des sucres (glucides), de l’eau, des minéraux et des oligo-éléments, un peu de bonnes graisses, des protéines.
Quand son organisme ne dispose pas de ces nutriments, il fait appel à ses propres réserves, et cela demande plus de temps. Le cerveau, comme les muscles, fonctionne au ralenti. Le manque de concentration et ses conséquences que sont l’inattention, l’incompréhension, la mauvaise humeur l’envahissent et ses résultats scolaires s’en ressentent.

Changez vos habitudes

Vous n’avez pas l’habitude de prendre un petit déjeuner ? Difficile dans ces conditions de convaincre les enfants de prendre le temps de le déguster. Pourtant en matière d’alimentation aussi, rien ne remplace l’exemple. Alors, un petit effort, obligez-vous à vous asseoir à la table familiale et reprenez le goût du petit déj’… même léger.
L’importance de ce repas est telle qu’il vaut la peine de penser à s’organiser pour que le manque de temps ne le sabote pas. Prévoyez tout ce qui peut l’être la veille : table dressée, vêtements et cartables prêts, boîtes à pique-nique remplies et réveillez tout votre petit monde quinze minutes plus tôt…
Votre ado traîne la patte et n’a pas faim ? C’est souvent le résultat d’un souper trop copieux, d’un grignotage durant la soirée, d’un manque de sommeil lié à un coucher tardif ou un endormissement difficile (fréquent pour l’ado face à un écran de télé ou d’ordinateur jusqu’au coucher).

Petit déjeuner, antidote à l’obésité

Pour certains enfants, la faim se manifeste en fin de matinée, ils sont attirés par le sucré et le grignotage s’installe. Les sucres rapides prennent la place des sucres complexes, pourtant plus intéressants puisqu’ils procurent les vitamines du groupe B. Ce grignotage mal équilibré est un apport énergétique qui peut être un facteur de risque de surpoids pour les bonnes fourchettes, mais aussi un manque d’appétit au repas de midi chez certains dont le poids est normal voire insuffisant. La relation entre l’absence de petit déjeuner et l’obésité, indépendamment d’autres caractéristiques, a été montrée à nouveau auprès d’enfants en âge scolaire, suivis durant deux ans dans une étude publiée en mars 2011.

Varier le menu…

Il n’y a pas de menu unique pour composer un petit déjeuner idéal. Les nutriments principaux doivent simplement y être présents dans les proportions optimales.
Un verre d’eau ou un petit verre de jus de fruits frais peut aider à ouvrir l’appétit. Les glucides proviennent du pain sous différentes formes. Le pain beurré peut être garni soit de fromage, soit de confiture, miel, sirop de Liège. Les fruits frais et compotes sont les bienvenus. De temps en temps, on peut faire le choix de céréales auxquelles on ajoute du lait ou un produit laitier. Quelquefois, les enfants préfèrent les biscottes ou les craquottes. Bonne idée aussi. Évitez les pâtes chocolatées contenant beaucoup de graisses saturées et de sucre. Mieux vaut croquer un petit morceau de chocolat noir avec la tartine. Un produit laitier devrait compléter ce repas : un verre de lait ou un yaourt.
Idéalement le menu peut être varié, surprendre les jeunes consommateurs. Les biscuits ne constituent pas un repas complet. De plus, comme les viennoiseries, ils peuvent aussi contenir des acides gras saturés ou acides gras « trans »’, non indiqués dans une alimentation saine.
Un petit déjeuner correctement composé couvre les besoins de la matinée. Dans ce cas, pas de collations, ni autres grignotages avant midi. Si le petit déjeuner n’a pas été pris, la collation de 10h devrait se composer de pain garni et non d’un seul fruit, de barres et autres biscuits ou céréales consommées sèches.

Marie-Josée Mozin - www.cede-nutrition.org

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