6/8 ans

Une chambre pour deux enfants : comment faire ?

Un déménagement ou la famille qui s’agrandit, voire se recompose, et, hop, vos deux enfants vont désormais occuper la même chambre ! Comment emménager au mieux cet espace pour que chacun s’y sente bien ? On revisite la question en compagnie de Maud Roegiers, maman et créatrice de meubles pour enfants. Conseils, trucs et astuces pour grande maison ou tout petit appartement.

Une chambre pour deux enfants : comment faire ?

La créatrice nous accueille dans sa fermette en rénovation sur les hauteurs d’Andenne. Sans surprise, la chambre des deux aînés de la famille a de quoi faire pâlir d’envie les parents citadins. Eux pour qui faire entrer, au chausse-pied, lit, garde-robe, tapis de jeux, bibliothèque et autre bureau dans une même pièce s’apparente souvent à un casse-tête digne de Tetris.
Élyne (7 ans) dort dans un magnifique « lit-arbre », tandis que Stan (5 ans) se blottit chaque nuit au cœur d’un « lit-monstre » : deux meubles imaginés par leur maman et construit par leur papa (voir encadré). Deux lits qui trônent magnifiquement dans une chambre, avec des murs peints à la chaux, relativement dépouillée : peu de jouets, mais des livres, un tapis, une petite table, des coussins et un tipi.
Maud Roegiers nous explique que lorsque leurs deux aînés ont appris que, bientôt, ils allaient devoir partager leur chambre parce qu’une petite sœur allait débarquer dans leur vie, leur réaction fut immédiate : « Super, alors, on le fait tout de suite ! ». Une perspective qui rassurait le cadet, lui qui a encore un peu peur du noir la nuit, et qui réjouissait l’aînée, ravie de renforcer la complicité avec son petit frère.
Avant de nous glisser ses conseils pratiques, la créatrice nous rappelle les trois fonctions d’une chambre d’enfant : dormir, jouer, développer son imaginaire et, pour les plus grands, étudier.

Dormir : quel lit choisir ?

Dans la chambre des enfants de Maud, deux lits à classer dans la catégorie lit-cabane : l’enfant se glisse à l’intérieur et s’y sent comme dans un cocon, protégé par la toile et le bois qui l’entourent. Joli et particulièrement rassurant pour les jeunes dormeurs qui ont encore peur du noir. Sympa, aussi, pour permettre à deux enfants qui partagent la même chambre d’avoir chacun son espace, son intimité. L’inconvénient : son prix, qui ne le met pas à la portée de toutes les bourses.
Reste alors d’autres options :

► Le lit classique : le plus raisonnable côté coût, avec une tête de lit (important car elle renforce le sentiment de sécurité) et une barrière (amovible), indispensable pour les plus jeunes. Des lits à ne pas placer l’un à côté de l’autre (ou à séparer avec une cloison) afin que chaque enfant ait son espace à lui. Vous êtes un brin bricoleur ? Il est possible de tendre un drap au-dessus de ce type de lit afin de reproduire l’effet cocon du lit-cabane (gare, tout de même, à la sécurité de votre jeune dormeur !).
► Lit au sol : très tendance actuellement, poussé notamment par la méthode Montessori, avec un sommier à même le sol, il minimise encore les risques de chute et accroît le sentiment de liberté de l’enfant.
► Lit superposé : le maître-achat pour les très petits espaces, mais à déconseiller avant 6 ans autant pour l’aîné qui crèche en haut que pour le cadet qui s’aventurerait sur l’échelle. Certains lits superposés peuvent aussi se monter perpendiculairement, ce qui permet, dans certains cas, de gagner encore de la place.
► Lit gigogne : avec un second matelas à sortir de temps à autre pour la venue occasionnelle d’un autre enfant (copain, demi-frère ou sœur) et souvent aussi, en dessous, un espace rangement.
► Lit évolutif : nombreuses configurations, notamment un sommier qui se place d’abord au sol puis en hauteur laissant, en-dessous, la place pour un espace de jeu ou un bureau. Pas nécessairement bon marché, mais séduisant. Attention, ce type de mobilier vous oblige à vous projeter dans l’avenir et peut manquer de souplesse si votre situation familiale ou votre logement vient à changer.

Bon à savoir : quel que soit le type de lit, deux options s’offrent à vous côté taille. Le lit enfant ou junior (1m60 de long) ou directement le lit adulte. À moins d’être extrêmement juste niveau place dans la chambre, on vous conseille plutôt de passer du lit-cage… au lit adulte puisque le lit enfant s’avèrera vite trop petit.

Jouer, lire et rêver : à chacun son espace ?

Au pied des lits d’Élyne et Stan, peu de jouets. Leur maman explique ce choix : « S’endormir au milieu d’un tas de jouets, ce n’est pas très facile, non ? Chez nous, ils sont ailleurs dans la maison. Par contre, évidemment, nos enfants montent régulièrement l’un ou l’autre jouet dans leur chambre et s’isolent pour jouer. Ce dépouillement, ça stimule leur créativité et leur imaginaire ».
Idem pour les vêtements : pas de garde-robe dans la chambre, mais un dressing commun dans une même pièce où toute la famille s’habille et se déshabille. Pratique pour les lessives (la pièce sert aussi de buanderie). Avantage aussi, lorsque de (jeunes) enfants dorment dans la même chambre : l’un peut se préparer sans réveiller l’autre.
Une alternative qui mérite d’être étudiée, même si on crèche en appartement : mettre deux enfants dans la même chambre et faire de l’éventuelle troisième chambre une pièce commune (dressing, salle de jeux, bureau).
Idées pour délimiter un espace détente :

► Le tapis : simple tapis coloré (pensez aux poils ras !) ou tapis de jeux, pour faire évoluer ses petites autos ou de petits personnages en s’inventant des histoires.
► Le tipi ou la cabane en tissu : pour s’y glisser, seul ou à plusieurs, afin de jouer, lire ou rêver. Sympa côté déco et pratique aussi pour s’isoler lorsqu’on partage la même chambre.
► Les coussins : facile à glisser dans un coin ou même entre deux meubles, pour s’y blottir. Avec, à proximité, une petite bibliothèque à hauteur d’enfant pour qu’ils aient leurs bouquins favoris à portée de regard.
► Le ruban adhésif : pratique et peu coûteux pour délimiter un espace de jeu. Certains, avec des dessins de routes ou de rails, sont d’ailleurs spécialement prévus pour cet usage.

En pratique : pour les petits espaces, soyez imaginatifs et pensez aux petits bacs à glisser sous les lits ou aux rangements en tissu à accrocher au lit, aux meubles et même - on oublie souvent cet espace - derrière la porte de la chambre. Rigolo et pratique aussi : peindre une petite surface d’un mur (à hauteur d’enfant) avec de la « peinture tableau » sur laquelle on peut ensuite dessiner à la craie.

Étudier : comment isoler le coin bureau ?    

Pas encore de coin bureau dans la chambre d’Élyne et Stan, mais leur maman se projette déjà, avec ce conseil : « Contrairement à ce que l’on pense souvent, mieux vaut ne pas le placer juste devant un mur car on a le nez sur ce dernier. Au contraire, si c’est possible, positionnez-le à un endroit de la chambre où, une fois l’enfant assis, son regard peut porter loin, pourquoi pas à travers la fenêtre, d’ailleurs ? ».
Un meuble qui peut donc aussi être placé perpendiculairement au mur ou devant la fenêtre, sans oublier l’éclairage (naturel ou artificiel) en tenant compte du fait que votre enfant est gaucher ou droitier.

► Le bureau classique : il existe de nombreux modèles sur le marché, à choisir en respectant la taille de votre enfant. À retenir : ses coudes doivent arriver au niveau du plateau et, une fois assis, ses pieds doivent être à plat sur le sol.
► Le bureau vintage : à récupérer dans le grenier des grands-parents ou en seconde main et à décorer soi-même en mettant votre môme dans le coup.
► La simple planche en bois : à fixer dans le mur pour un gain de place maximum.

En pratique : isoler le coin bureau (au moins visuellement) est tout particulièrement important lorsque deux enfants se partagent la même chambre. Plusieurs possibilités : la cloison (éventuellement amovible), le rideau ou encore une étagère. Pratique car facile à déplacer aussi : le paravent.

Anouck Thibaut

Astuce

À chacun sa couleur !

Peindre les murs de la chambre en blanc ou dans une couleur neutre ou pastel renforcera le côté apaisant et reposant de la chambre. Par contre, optez pour les touches de couleurs vives dans la déco, notamment les draps de lit et les coussins. Une déco et des couleurs qui pourront facilement évoluer lorsque vos enfants grandiront.
Astuce : lorsque deux enfants partagent la même chambre, à chacun sa gamme de couleurs pour ses objets personnels (literies, lampe de chevet, veilleuse, bacs à jouets…), voire même pour le pan de mur qui entoure son lit. Une manière aussi de délimiter les espaces de chacun.

Zoom

Famille recomposée : jouez avec les roulettes

L’enfant de votre conjoint·e (ou le vôtre) ne vit pas en permanence avec vous, mais vient de temps à autre dormir à la maison ? Une astuce, en plus du lit gigogne (voir ci-contre) pour qu’il trouve au mieux sa place dans la chambre qu’il partage alors avec son quasi-frère ou sœur : les petites étagères, les commodes et autres meubles sur roulettes. De quoi permettre, en un tour de bras, de changer la configuration de la chambre.

La belle histoire

Elysta : de la maison à l’usine

À 4 ans, Élyne rêvait d’un « lit-nuage » : parce qu’il a de l’or dans les doigts, Erwan, son papa, lui a construit un lit totalement en hauteur, solidement arrimé aux poutres de sa chambre, pour que sa fille ait l’impression de dormir dans les étoiles. Une expérience qui a donné envie aux parents de se lancer dans ce projet un peu fou qu’est la création de meubles pour enfants : Elysta était né !
Depuis 2017, Maud imagine des meubles tandis que, dans leur atelier d’Andenne, Erwan les fabrique. Dans leur catalogue figure déjà le « lit-arbre » et « lit-monstre » de leurs enfants, mais aussi une bibliothèque, un berceau, des barrières modulables. Des meubles Made in Belgium, à assembler facilement soi-même à l’aide d’ingénieux clips tenons et qui peuvent d’ailleurs, à la demande, être personnalisés.
Une belle histoire et des meubles magnifiques qui, on vous prévient, on un certain coût, qui peut d’ailleurs être fortement réduit si vous les vernissez vous-même. Bon à savoir : certains de ces lits sont évolutifs, la décoration enfantine pouvant être ôtée à l’adolescence.

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