Vie de parent

Une charte pour lutter
contre l’homophobie à l’école

Non, les adultes ne sont pas les seuls à faire les frais de l’homophobie et du sexisme au quotidien. Nos ados y sont confrontés parfois très jeunes, dans l’enceinte même de l’école. Pour lutter contre les discriminations liées au genre et aux orientations sexuelles, une série d’associations ont élaboré ensemble une charte à destination des écoles. Explications.

Une charte pour lutter contre l’homophobie à l’école

« L’homophobie est bien présente dans notre société actuelle, et plus visible encore qu’il y a dix ans », déclare Xavier Wyns, détaché pédagogique pour Alter Visio, organisation de jeunesse LGBTQI (Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Queer, Intersexe). « Je pense qu’il n’y a pas plus d’homophobie qu’avant mais elle est devenue plus visible, au fur et à mesure que l’homosexualité sort de son silence.» Conséquence : dans la cour de récré, les préjugés ont la peau dure et les amalgames sont courants, quel que soit le milieu social. À l’heure actuelle, les discours discriminatoires envers les jeunes LGTBQI+ sont parfois exprimés de manière très décomplexée par les adolescents et l’école est le terrain d’insultes allant parfois jusqu’au harcèlement.

Une charte d’inclusion

C’est sur base de ce constat que La Ligue des Droits de l’enfant asbl, accompagnée de plusieurs associations LGBTQI+, a lancé le projet d’une la plateforme « École pour Tou·te·s ». Leur idée ? Établir une charte de dispositions à mettre en place dans les écoles. « Nous tâchons de déconstruire les aprioris et de comprendre ce qui se cache derrière ces clichés », explique Xavier Wyns, dont l’association (Alter Visio) est membre de la plateforme. Car si l’école est un lieu de discriminations en tous genres, elle représente aussi un terrain propice au changement sociétal.

Les principes de la charte sont simples et s’articulent en quatre axes : inclusion, éducation, visibilité et action. Son objectif ? Favoriser l’acceptation de la différence, le respect de l’intimité de chaque personne, la sensibilisation à la discrimination, la lutte contre le sexisme, la transphobie et l’homophobie ainsi qu’un accompagnement des victimes de cette discrimination. Concrètement, les associations proposent des animations au sein des écoles, un programme sur le long terme ainsi que des formations à destination des professeurs.

« Les professeurs sont des modèles »

En première ligne comme témoins de discriminations ou de harcèlement se trouvent les professeurs et les éducateurs. En contact avec nos jeunes au quotidien, leur rôle est primordial dans la sensibilisation à ce sujet. « Les professeurs sont des modèles », déclare Xavier Wyns. « Même s’ils ne s’en rendent pas forcément compte, leur attitude influence leurs étudiants, que ce soit dans leurs discours ou dans leur gestion des conflits : leur impact est bien présent. Il est donc important qu’ils soient sensibilisés à cette thématique, même s’ils n’y adhèrent pas à 100%, dans un souci de dialogue et de bienveillance vis-à-vis des jeunes concernés. »

Qu’en pensent les parents ?

« Nous avons des retours positifs de la part des parents, qui apprécient globalement notre objectif de sensibilisation », explique le détaché pédagogique. « Nous portons un regard sur toutes les discriminations, quelles qu’elles soient. Notre discours n’est pas militant mais bien humain, dans une approche où le bien-être de l’étudiant est prioritaire. » Le projet de la plateforme « École pour Tou·te·s » est avant tout de favoriser le dialogue et la tolérance envers les jeunes LGBTQI, dans un contexte scolaire parfois menaçant pour eux. Et si les parents n’ont pas toujours les clés pour ouvrir le dialogue, ce travail peut être initié à l’école.

Maria-Laetitia Mattern

Pour aller plus loin…

  • La Théorie du Y : une pièce de théâtre et web-série qui traite de la quête d’identité avec humour et délicatesse
  • Le site d’Alter Visio, espace d’échange et d’accompagnement pour jeunes LGBTQI
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Appelez-les Super. Tout simplement Super. Quand l’actu déprime, cette rubrique est là pour remonter le moral. Son objectif ? Mettre en scène des héros. Ceux qui rendent l’espoir possible. Il n’existe hélas pas grand monde pour parler d’eux. Nous leur ouvrons donc grand nos colonnes.