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Une grossesse, mille questions ? Pensez aux doulas !

Accouchement en vue, la famille s’agrandit, youpi ! Si ce n’est pas la première grossesse, on a souvent déjà un·e gynéco ou un·e sage-femme, on sait que le séjour à la maternité sera très court et qu’il est important de préparer son accouchement. Parfois, mille questions se bousculent et on ne sait pas trop à qui les poser. Tadaaaam, c’est là qu’intervient la doula. Oui, oui, il y en a chez nous aussi. On a d’ailleurs rencontré Sophie Fraschina, co-présidente de l’Association francophone des doulas de Belgique.

Une grossesse, mille questions ? Pensez aux doulas !

Si vous avez des copines françaises ou canadiennes ou que vous êtes une fouineuse du net, vous avez certainement déjà entendu parler des doulas. Elles sont parfois présentées comme des sœurs de cœur ou d’utérus, des amies intimes, des conseillères… mais qui sont-elles ? Elles ne sont ni infirmières ni sages-femmes (pour la plupart) et pourtant elles peuvent assister et aider lors d’accouchements à domicile et parfois en hôpital.
Ces drôles de dames bienveillantes et sympathiques sont présentes en Belgique depuis une dizaine d’années. Bon à savoir quand on sort d’une consultation minutée avec un·e gynéco ou sage-femme hélas trop pressé·e pour entendre nos inquiétudes. « Notre rôle, c’est d’accompagner, mais pas de manière médicale. Nous répondons à toutes les questions pratico-pratiques que les parents ou futurs parents se posent : les démarches à faire, les droits des futurs parents, le matériel nécessaire pour un accouchement… Et puis, surtout, on est là pour écouter les peurs, les doutes, les craintes et les frustrations des (futurs) parents, toutes ces questions qu’ils n’osent pas forcément poser à leur généraliste », explique la doula Sophie Fraschina.

Expliquer, sans rien imposer

Besoin de parler de sexualité, de changements dans la fratrie, des émotions ambivalentes de la future maman… les doulas peuvent vous écouter et vous conseiller. « Les parents viennent nous voir avec leurs difficultés, leurs questions, leurs joies et leurs peines… On peut leur offrir un accompagnement émotionnel. Mais on est aussi là pour les informer. Certains se demandent si le contrôle médical est nécessaire tous les mois, pourquoi y-a-t-il tant d’échographies programmées, à quoi servent les prises de sang... Nous prenons le temps d’expliquer les choses, sans rien imposer ».

Répondre aux questions pratico-pratiques, mais surtout écouter et soutenir les parents ou futurs parents

Notons tout de même que les doulas prônent un accouchement le plus naturel possible. « En fait, on veut rendre les parents acteurs de leur accouchement, précise la doula, on les amène à faire des choix éclairés. On prend soin de partager des informations neutres, sans jugement, pour qu’ils aient tous les outils en main. On leur explique un accouchement naturel, mais aussi ce qu’est la péridurale et quels sont ses effets. Une fois informés, les parents savent ce qui se passe naturellement et savent pourquoi demander de l’aide. On les prépare à l’accouchement, mais pas du point de vue physique comme les kinés, on est plutôt dans la réflexion. On demande aux futures mamans quel est leur accouchement idéal, comment il se passerait. Et puis on leur demande d’envisager et de se préparer à différents scénarios ».

Une présence rassurante

Anticiper, préparer, rassurer et coacher… jusqu’au jour J. Voilà sommairement le job d’une doula. Et cet accompagnement ne s’arrête pas forcément aux portes de la maternité. Car pendant l’accouchement, elles peuvent également être présentes. « Pendant l’accouchement, la doula est celle qui connaît le plus les parents. Elle ne fait rien de particulier, avoue Sophie Fraschina, mais elle est là en soutien auprès de la maman ou du papa s’il en a besoin. Elle les rassure un maximum. Elle évite le plus de perturbations possibles pour que la maman puisse rentrer dans sa bulle. Elle œuvre pour contribuer à une naissance douce, sereine et bienveillante. Et ça porte ses fruits. Une étude de 2009 prouve que la présence d’une personne qui connaît l’accouchement et soutient le couple sans être émotionnellement investie réduit le recours à la péridurale et à la césarienne », précise encore la doula.
Il ne vous reste plus qu’à convaincre l’hôpital de votre accouchement d’accepter une de ces gentilles fées à vos côtés. À moins que vous n’accouchiez à Braine-l’Alleud, Edith Cavell ou chez vous, là, les doulas sont les bienvenues !

Estelle Watterman

En pratique

  • Combien ça coûte ? Les tarifs dépendent des régions. À Bruxelles, une séance coûte entre 40 et 50 € pour une grosse heure. Certaines doulas proposent des forfaits comprenant la préparation et l’accouchement… Ce n’est hélas pas remboursé par la mutuelle.
  • Où trouver une doula ? Elles sont répertoriées sur le site doulas.be
  • Combien de séances prévoir ? En général, la doula et les parents se voient trois à quatre fois pendant la grossesse. Parfois à l’accouchement et parfois après.

Et les sages-femmes dans tout ça ?

S’il y a bien une personne dont on peut difficilement se passer pour accoucher, c’est la sage-femme ! Et les doulas confirment : « Les sages-femmes font un fabuleux métier, on travaille avec elles mais on ne les remplacera jamais. Les sages-femmes s’assurent que, médicalement, la maman et le bébé vont bien. Elles vérifient la tension, les battements de cœur… et tout ça, la doula ne le fait pas. D’ailleurs, la doula ne travaille jamais seule. C’est écrit dans notre charte des doulas : nous n’accompagnons pas de couple sans un suivi médical régulier », précise Sophie Fraschina.

En savoir +

Enceinte et curieuse de Céline Laloux, (Graines de Conscience). Un super bouquin qui détaille les différentes préparations à la naissance : kiné, haptonomie, yoga, hypnose… On y parle aussi des sages-femmes et doulas pour permettre aux futurs parents de choisir la préparation à l’accouchement qui sera parfaite pour eux.

Une maman en parle...

Plus forte et mieux informée grâce à ma doula

« J’ai fait appel à une doula deux mois avant d’accoucher. La différence avec une sage-femme, c’est que la doula offre plus de proximité, plus de soutien émotionnel. Elle est venue chez nous quatre fois avant l’accouchement. Elle a répondu à nos questions. Et surtout, elle m’a mise en confiance. Elle a renforcé ce qui était déjà là. Elle m’a préparé à l’accouchement, m’a conseillé de me mettre dans ma bulle et d’être à l’écoute de mes besoins. Et ça, je l’ai appliqué à la lettre. Pendant l’accouchement, j’étais dans ma bulle à 100 %, coupée de la douleur. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu mal. J’avais besoin de silence et je l’ai exprimé. J’avais besoin de moins de lumière et je l’ai exprimé. J’avais besoin d’un gant de toilette sur mes yeux et, là encore, je l’ai exprimé. Et j’ai accouché comme je le souhaitais, sans péridurale.
Je crois que pour les mamans anxieuses ou qui veulent un accouchement physiologique, les doulas peuvent bien aider. Leur point positif, c’est leur proximité, leur disponibilité et le fait qu’elles rassurent. C’est important, quand on ne sait pas trop ce qui va nous arriver. Maintenant, c’est à chaque femme de trouver l’accompagnement qu’elle souhaite pour sa grossesse. »
Fanny, maman de Camille, 1 mois