Vie de parent

Une rentrée unique et ordinaire

Allez, on se pose et on analyse cette rentrée scolaire 2020. Entre missions essentielles et crise sanitaire, l’école s’adapte pour accueillir tous les enfants dans un contexte inédit.

Une rentrée unique et ordinaire

Ce 1er septembre marque le retour complet de l’obligation scolaire. Celle-ci n’est plus mise entre parenthèses comme c’était le cas avant l’été. Les droits de l’enfant à l’éducation doivent être pleinement rencontrés. Et, à moins que ne soient remplies « les conditions fixées pour l’enseignement à domicile », c’est aux parents de veiller à ce que leur enfant soit inscrit et aille assidûment « dans un établissement organisé, subventionné ou reconnu par la Communauté française (Fédération Wallonie-Bruxelles) ». Retour aux fondamentaux.

La rentrée des classes 2020 est à la fois unique et ordinaire. Ordinaire, parce qu’elle s’inscrit dans un cycle, dans un calendrier scolaire retrouvé, lui qui été sérieusement bousculé depuis le mois de mars. La décision d’opter pour une rentrée pour tou·te·s et à temps plein, tous niveaux confondus, à la mi-août, a renforcé ce côté ordinaire. Néanmoins, il faut bien admettre que le contexte, le cadre, sont eux extraordinaires. Si le Covid-19 n’entame pas la volonté de poursuivre l’enseignement délivré aux enfants, il perturbe l’organisation générale et impose des mesures sanitaires qui ne facilitent pas le boulot du corps enseignant et des responsables d’établissement.

Ceux-ci entendent bien mener à bien leur mission, celle d’amener leurs élèves à se découvrir, se construire, connaître, raisonner. Bref de les amener sur les chemins de la connaissance et de la réflexion. La crise sanitaire ne facilite pas les choses, mais en même temps, elle rend cette mission encore plus essentielle. Les événements de ces derniers mois ont montré à quel point il était important de pouvoir discerner le vrai du faux, d’avoir les bases pour déchiffrer les informations reçues, d’actionner certaines connaissances, de recourir au recul critique, etc. Autant de réflexes, d’attitudes qu’apporte l’enseignement.

Des retrouvailles encadrées

Du côté des parents, ces retrouvailles « complètes » avec l’école nourrissent des sentiments contradictoires. Bien sûr, pour la santé mentale des enfants, pour leur construction, pour leur équilibre, il est bon de retrouver le chemin des classes. Ce n’est pas pour rien que 8 parents sur 10 disent adhérer à cette rentrée « pour tou·te·s ». Mais, dans le même temps, il y a cette crainte de la contamination, bien présente, avec laquelle il faut composer. Il n’y a pas de risque zéro, on le sait. Il faut juste s’assurer que les protocoles soient bien appliqués. Que les écoles s’organisent en fonction des circulaires, que les enfants (surtout les ados) respectent les gestes- barrières.

Quel état d’esprit adopter ? Celui de l’acceptation d’un risque que l’on dit moindre pour les enfants qui seraient moins porteurs de la maladie et qui la développeraient peu également. Celui de la confiance en l’école et dans les enfants. Se dire aussi que l’évolution de la maladie est suivie de près et que des adaptations (déjà prévues) pourront être appliquées si le besoin s’en fait sentir.

Dans ce dossier, nous analysons les rentrées dans le spécialisé, le fondamental et le secondaire (nous reviendrons sur la rentrée du supérieur dans un prochain numéro). Pour ce qui est de la maternelle, nous nous attarderons sur la gratuité en 2e maternelle et l’obligation scolaire dès 5 ans. Deux nouveautés qui montrent que l’enseignement évolue, en phase avec son temps, pour remplir pleinement son rôle pivot en matière d’éveil à la citoyenneté, hautement nécessaire et accessible à tous. Et ça, que ce soit avec un virus en toile de fond ou pas…

Dossier réalisé par Marie-Laure Mathot, Clémentine Rasquin, Yves-Marie Vilain-Lepage et Romain Brindeau