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Une transition sans larmes

La première journée chez sa marraine, l’entrée en crèche ou à l’école, le premier week-end chez les grands-parents… toutes ces occasions permettent d’apprendre à se passer un peu de ses parents pour élargir ses horizons. Parfois, la transition est accompagnée de pleurs. Mais elle peut aussi se passer en douceur.

Une transition sans larmes

Oui, c’est parfois dur de se séparer de son petit trésor. Mais c’est également nécessaire. Pour lui permettre d’interagir avec d’autres personnes, de se faire des copains, d’apprendre la vie en société… pour lui permettre de grandir, tout simplement. Et ça donne l’occasion aux parents de souffler ou de retourner travailler.
Alors, autant s’y préparer, à ces petites séparations. Côté parents, il faut accepter de laisser son bout de chou grandir. « Le matin, certains parents ont du mal à quitter la classe. Au bout d’un moment, je dois les mettre dehors pour commencer la journée. Je prends les petits qui pleurent sur mes genoux, mais ça dure rarement plus de cinq minutes après le départ des parents », raconte Chloé, institutrice en classe d’accueil.
Côté enfant, on peut anticiper : montrer les lieux à l’avance, prendre un peu de temps avec la personne qui l’accueillera, on peut aussi lui expliquer ce qui va se passer. Même les petits qui ne parlent pas encore beaucoup ont déjà les oreilles bien ouvertes !

Un caillou magique

Dur, dur, de se quitter malgré les mots doux et l’anticipation ? Sortez un peu de magie de votre chapeau. Et chargez le premier objet qui vous passe entre les doigts de votre magie, de gros bisous et d’amour pour la journée. Le doudou aura la poche remplie de bisous, un petit cœur sera dessiné sur la main, un bracelet donnera de la force et un super caillou, plein de courage.
Peu importe l’objet, son efficacité dépend de toute la magie et de l’amour que vous y mettrez. N’ayez pas peur de jouer au magicien, de rendre votre objet précieux en le sortant délicatement de votre sac. Cet objet transitionnel accompagnera votre petit pendant la journée, lui rappellera que vous êtes toujours là quelque part, que vous l’aimez et que vous reviendrez.
Et puis, surtout, souhaitez à votre enfant de bien s’amuser, de s’éclater, d’en profiter ! (voir encadré des phrases à dire ou pas). Ne filez pas comme un voleur. Ça vous évitera peut-être de voir sa tristesse mais quelle déception pour lui de voir que vous pouvez vous volatiliser sans prévenir !
Pensez plutôt à lui dire au revoir. Si l’enfant est inquiet, rassurez-le : oui, on va se revoir. Et précisez-lui le moment des retrouvailles avec des repères qu’il comprend. Lui dire « à 16 heures », c’est beaucoup trop abstrait pour un enfant en crèche ou en maternelle. Par contre, si on lui dit : « Je viendrai te chercher après ton goûter, quand tu auras mangé tes morceaux de pomme à la garderie », « après la sieste » ou « à l’heure des petits vélos dans la cour », c’est plus concret. Et il ne vous cherchera pas toute la journée.
Et lors des retrouvailles, soyez cool ! Laissez vos éventuels tracas de la journée de côté pour prendre le temps d’accueillir et de retrouver votre enfant. On rengaine le smartphone et on écoute son enfant s’il veut dire quelque chose. Certains sautent dans les bras de leurs parents, d’autres font la moue. C’est sûr, être accueilli avec de groooooooos câlins, c’est trop bien. Mais voir que son enfant passe du bon temps en dehors du petit noyau familial, c’est assez agréable.

Estelle Watterman

En bref

À faire… ou pas ! Des sourires et des rendez-vous

Avant de se quitter, on oublie les traditionnels et déprimants : « Ça va aller, hein ? » ou « Bon courage ! ». On sourit, on s’aime et on se souhaite le meilleur : « Bonne journée ! Amuse-toi bien ! ». Si nécessaire, on glisse dans le sac ou la poche de notre petit loup un objet plein de magie, de force, de courage, d’amour et de bisous qui l’accompagneront le temps de la séparation.

Après, lors des retrouvailles, soyez disponible pour votre enfant. « Je suis content·e de te revoir ». « Veux-tu me raconter le moment que tu as préféré dans ta journée ? ». Surtout, évitez de partager les angoisses de la journée. Pas de « Ça n’a pas été trop dur ? », ni de « Je t’ai beaucoup manqué ? ».
N’obligez pas non plus votre enfant à parler s’il n’en a pas envie. Faites plutôt un super truc ensemble : courir comme des fous, danser, sauter, jouer au parc. Ça évacue la tension accumulée pendant la journée. Et plus tard, dans la soirée, on se réassure avec un câlin, autour d’un livre ou d’un petit rituel de retrouvailles.

En savoir +

Un peu de lecture pour les parents

Un super bouquin plein d’explications et de trucs pratiques pour aider un enfant à se passer de ses parents, en douceur : Elle est où, maman ? Se séparer sans larmes entre 6 mois et 6 ans, E. Pantley (JCLattès).

… et pour les enfants

  • Bon voyage bébé, B. Alemagma (Hélium). Ce petit livre aborde la préparation au sommeil et le petit rituel qui rassure l’enfant chaque soir avant de quitter ses parents le temps d’une nuit : ranger les jouets dans la valise, enfiler la bonne tenue, faire des bisous à papa et maman, comme avant un petit voyage. À partir de 1 an.
  • Mon arbre, I. Green (Didier Jeunesse). C’est l’histoire poétique d’un arbre, d’un chou qui pousse et d’un enfant qui en sort. Un peu à l’étroit, l’enfant part à la recherche d’un autre endroit. L’occasion de faire de nouvelles découvertes… avant de retrouver les bras de sa maman. Pour les 3 ans et +.
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