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Une visite à la ferme
pour un effet bœuf

Certains enfants aboient, meuglent, hennissent et coqueriquent avant même de parler… Oui, ils sont attirés par les animaux de la ferme, depuis leur premier imagier ou livre sonore. Alors, quand les fermes ouvrent leurs portes au public, c’est la fête !

Une visite à la ferme pour un effet bœuf

Vos enfants ont envie d’un chat, d’un chien, d’un poney ou d’une licorne à la maison, mais pas vous ? Soyez rassurés, ça arrive souvent. Déjà qu’ils se lèvent avec les poules et qu’ils mangent comme des cochons, vous n’avez pas forcément envie d’accueillir toute une joyeuse ménagerie dans votre maison.
Que faire alors pour satisfaire leur envie d’animaux ? « Moi, je compense en offrant des peluches ou ces petits animaux de la Sylvanian Family », témoigne Aurore, maman de jumelles de 3 ans. Une solution plutôt mignonne, même si certains ne seront pas dupes.
« Chez nous, Enzo aime tellement les animaux qu’il a commencé à recueillir des insectes dans une boîte en carton, remplie d’herbe et de feuilles. Certains se sont échappés, d’autres sont morts. J’ai découvert son mini-cimetière il y a peu et on a décidé ensemble qu’il irait cet été en stage à la ferme pour faire le plein de nature », raconte Laura, maman d’Enzo, 7 ans.

Envie de caresser tous les animaux

La ferme, en voilà une bonne idée ! Moins chère qu’un parc zoologique et pleine d’animaux à taille d’enfant, souvent domestiqués et habitués aux humains. « Ici, les enfants sont directement en contact avec les animaux, confirme Jacques-Yves Demanet de la ferme de l’Escafène. Ils apprennent le respect de la nature et le respect des animaux. Ils découvrent les vaches, veaux, cochons, lapins, chevaux… Ils les caressent, les brossent et apprennent à en prendre soin. Parfois, des enfants veulent repartir avec un animal chez eux. Mais s’ils sont trop gros, ce n’est pas possible, hein ! », rigole-t-il.

Sauf les grosses vaches !

On file dans une autre ferme et on retrouve le même enthousiasme des enfants. « Vous pouvez passer pour voir, propose Chantal Liagre de la ferme Dôrloû à Wodecq. Les enfants qui arrivent ici sont tous foufous. Souvent, ils ne connaissent rien à la vie de la ferme et ils sont surexcités de voir tous ces animaux. Ils adorent ! Ils veulent caresser les lapins, les poules… ils recherchent ce contact avec les animaux. Mais il arrive que certains enfants aient un peu peur des vaches. On leur explique qu’il y a toujours des barrières et qu’ils sont en sécurité… et puis on n’oblige jamais un enfant à faire quelque chose ».
À la ferme, les enfants observent et apprivoisent les animaux à leur rythme. L’occasion pour certains d’apprivoiser leurs peurs aussi. Tout un programme !
Car entrer en contact avec un animal, le découvrir, le respecter… c’est un véritable apprentissage relationnel. Réalisé dans un contexte de plaisir, l’enfant en sortira toujours grandi.

Un ami à poils pour grandir

Certains médecins recommandent d’ailleurs un compagnon à poils pour un enfant. Cet animal pourrait bien devenir un super-copain qui ne juge pas, qui donne confiance, qui écoute et console parfois. L’hippothérapie se sert de cette relation avec l’animal (ici, le cheval) pour aider un enfant à travailler sa conscience corporelle, sa coordination, son équilibre, sa posture… Sûr qu’avec un cheval, certains exercices de kiné paraissent beaucoup plus fun qu’en salle de muscu !
Pour la confiance en soi et la gestion des émotions aussi, une relation avec un animal est bénéfique pour un enfant. Des experts le confirment, des grands enfants aussi. Comme Mélanie, aujourd’hui 19 ans, qui nous confie l’importance de son poney dans sa vie pour oublier ses soucis et rester zen.

« Certains gamins ne savent pas qu’avant d’arriver en barquette, les poulets picorent dans une ferme »

« Mes meilleurs souvenirs d’enfance sont tous liés à notre poney, c’était plus qu’un ami pour moi. On a partagé des moments magnifiques, des super balades et quand j’étais triste, il était toujours là, calme et réconfortant. Quand je suis près de lui, mes soucis paraissent plus petits », précise-t-elle timidement.
Mais revenons à nos moutons et aux bienfaits pour les enfants d’une journée à la ferme. Car en plus de voir, d’entendre, de sentir et parfois même de toucher des animaux, les petits et grands peuvent participer à plusieurs activités de découverte ou d’apprentissage en plein air.
« En arrivant ici, certains enfants découvrent par exemple qu’un poulet n’arrive pas préemballé dans sa barquette. Il doit d’abord grandir et picorer. C’est pareil pour le lait qui vient du pis de la vache. Tous les gamins ne savent pas ça. Ils apprennent aussi à fabriquer des produits de la ferme comme du pain, du beurre, du fromage ou de la glace », ajoute fièrement Jacques-Yves Demanet.
Aujourd’hui, les fermes pédagogiques s’adaptent à leur jeune public et lui proposent des activités sur mesure : cueillette de fraises, création de semis, promenade à poney, visite d’une autrucherie ou d’une asinerie et parfois même traite de vaches ! Le tout encadré par des animateurs bien informés, capables de passer du coq à l’âne et souvent passionnés.
Une excellente activité à faire en famille ou en classe, à condition de s’y prendre un peu à l’avance et d’annoncer sa visite. « Ici, à Wodecq, on reçoit tout le temps des demandes de visite. Mais ce n’est pas possible pour nous d’accueillir des groupes tous les jours. Cette semaine, on a un groupe mercredi, jeudi et vendredi à la ferme. Et comme on est fort demandés en tant que ferme bio, on ouvre samedi aussi ! », explique Chantal Liagre. Et pour répondre à la forte demande, fin juin, les fermes de Wallonie organisent un week-end fermes ouvertes. Infos sur ces « JFO » dans l’encadré ci-dessous.

Estelle Watterman

Ils en parlent…

Poule aux œufs… chocolat

« On a trois poules chez nous, la mienne s’appelle Elsa, elle est toute blanche et c’est moi qui lui donne à manger. Avec ses œufs, on a fait des omelettes, mais je préfère les gâteaux. »
Romane, 6 ans

Câlins de lapin

« Notre fille adore câliner son lapin. Parfois, elle le monte en douce dans sa chambre pour le caresser encore et encore, je crois même qu’elle lui raconte ses secrets. Ça semble lui faire beaucoup de bien. C’est souvent moi qui doit nettoyer la cage mais depuis peu, elle balaye sa chambre pour qu’on n’y trouve pas de mini-crottes. »
Anne, maman de Coline, 8 ans

Annif à la ferme

« Nous avons organisé l’anniversaire de Germain à la ferme et c’était pas mal du tout. Rien à préparer à la maison, des activités prévues sur place. Les enfants étaient heureux, crados et crevés en fin d’après-midi. Le casse-cou de la bande ne s’est rien cassé, malgré son envie de faire du rodéo sur le veau et de conduire un tracteur. Bref, une après-midi en plein air fait vraiment du bien aux gamins. Après, ils sont plus détendus. »
Éric, papa de Germain, 6 ans

EN PRATIQUE

Visiter une ferme en famille, entre amis ou avec votre classe

Où aller ? Commencez par trouver une ferme pédagogique près de chez vous. Toutes les exploitations agricoles n’ouvrent pas leurs portes au public, renseignez-vous avant de partir pour éviter de courir comme un lapin et de faire chou blanc. En Wallonie, les fermes pédagogiques sont nombreuses et diversifiées. Vous les retrouverez classées par zones géographiques sur les sites de l’Apaq-W ou sur accueilchampetre.be.
À Bruxelles, le choix est plus vite fait puisqu’on se retrouve en zone urbaine. Quatre fermes proposent des activités pour les enfants : la ferme Nos Pilifs, la ferme d’Uccle, la ferme du parc Maximilien dans le centre-ville et la ferme pour enfants de Jette.

Quand y aller ? Fin juin ! Les journées fermes ouvertes sont organisées cette année le week-end des 24 et 25 juin de 10 à 18 heures dans plus de 60 fermes de Wallonie. Pour y aller à un autre moment, contacter la ferme de votre choix au préalable.

Que prévoir ? Des vêtements d’extérieur qui peuvent être salis. Avec une attention particulière pour les chaussures. Elles seront de préférence fermées, voire remplacées par des bottes si la météo s’annonce pluvieuse. S’il fait vraiment torride, prenez des sandales mais elles seront peut-être agrémentées de bouse ou de crottin en fin de journée. Ça peut gêner entre les orteils (c’est une expérience vécue). S’il fait chaud, n’oubliez évidemment pas la casquette ni la gourde d’eau. En cas de pluie, pensez à la petite veste à capuchon, bien sûr.