Vie de parent

Vacances, repos et loisirs…
un droit pour tous les enfants

Les beaux jours reviennent. Avec eux, s’annonce la fin de l’année scolaire, mais surtout le début des grandes vacances. Casse-tête infernal pour les parents qui doivent bien souvent rechercher des activités pour combler les neuf semaines durant lesquelles l’enfant n’ira pas en classe. Et si derrière ce casse-tête se cachait un enjeu plus important ? Celui de garantir le droit de tous les enfants au repos et aux loisirs.

Vacances, repos et loisirs… un droit pour tous les enfants

La Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant datant du 20 novembre 1989 stipule dans son article 31 que les enfants ont droit au repos et aux loisirs. Pourquoi ? Parce que non seulement le repos est fondamental pour le bien-être et la santé des enfants, mais également parce que, durant ce repos, les enfants peuvent découvrir de nouveaux loisirs, vivre de nouvelles expériences, faire de nouveaux apprentissages, construire de nouveaux liens sociaux. Et tout ceci à travers un rythme plus lent et plus proche du leur.

Le temps libre, un troisième lieu de vie

L’accueil durant le temps libre se définit souvent comme un troisième lieu de vie à côté de la famille et de l’école. Cet accueil permet aux parents de concilier leur vie professionnelle et familiale durant les vacances scolaires. Mais pas seulement. Il permet aussi, surtout quand il est de qualité, à l’enfant de se développer physiquement, intellectuellement et socialement. Les activités durant le temps libre contribuent de manière importante à l’épanouissement de l’enfant. Elles s’adaptent aux capacités ainsi qu’au rythme de l’enfant et invitent à plus de cohésion et de mixité sociale qu’à l’école.

13 % des parents ont besoin d’une aide financière pour payer les stages

À ce jour, trois décrets organisent le temps libre (le décret du 3 juillet 2003 relatif à la coordination de l’accueil des enfants durant le temps libre et au soutien de l’accueil extrascolaire, le décret du 28 avril 2004 relatif à la reconnaissance et au soutien des écoles de devoirs et le décret du 17 mai 1999 relatif aux centres de vacances). Des décrets qui dépeignent une variabilité importante dans l’offre d’accueil temps libre. Aussi bien en ce qui concerne les tarifs appliqués, que les horaires d’ouverture et la qualité d’encadrement.

En 2011, la Ligue des familles a interrogé les parents afin de recueillir leurs besoins en matière d’accueil temps libre. 24 % des familles auraient voulu inscrire leur·s enfant·s à des stages, plaines et camps durant les vacances scolaires, mais n’ont pu le faire pour des raisons financières.

En 2017, la Ligue des familles a réinterrogé les familles. 74 % des parents déclaraient que leur enfant participait à des activités durant les grandes vacances. Ils étaient 30 % à nous dire qu’ils payaient plus de 500 € pour les activités durant l’été et 13 % à avoir dû solliciter une aide financière ou ouvrir un crédit pour payer ces activités.

Dans une étude, la chercheuse de l’ULB Gaëlle Amerijckx a montré que les causes de l’absence des enfants à des activités durant le temps libre sont majoritairement dues à la précarité économique, mais également à la méconnaissance de l’existence des structures d’accueil hors de l’école. On voit bien que l’accès aux loisirs dépend de la situation financière des parents mais aussi d’une bonne information.

Des stages vraiment accessibles et de qualité

Pour la Ligue des familles, il est essentiel que tous les enfants puissent bénéficier du repos et des loisirs. Nous considérons qu’il s’agit bien d’un droit de l’enfant et qu’il est urgent d’en faire une composante incontournable de la politique éducative.
Pour ce faire, l’enjeu est de taille. Il faut rendre l’accueil durant le temps libre accessible. Comment ? En y consacrant des moyens supplémentaires afin d’en améliorer la qualité, l’accessibilité financière, géographique et en termes d’horaires pour tous les enfants. Mais également pour éviter les pratiques marchandes qui excluent.

Parallèlement, il est essentiel d’entamer un travail sur les freins liés à la fréquentation de l’accueil temps libre (manque d’accès à l’information, ignorance des parents quant à l’impact positif, méconnaissance des professionnel·le·s du secteur sur les difficultés vécues par les familles, etc.).

Il faut également mener une réflexion pour plus de lisibilité et d’efficience de la réglementation de l’accueil temps libre en harmonisant les décrets accueil temps libre, école de devoirs et centres de vacances.

Et enfin, il faut s’assurer d’un meilleur accès aux stages, aux activités culturelles et sportives aux enfants issus de familles monoparentales et à revenus faibles et modestes pour lesquelles les plus-values de l’accueil temps libre sont les plus importantes. Et cela par des soutiens financiers supplémentaires aux associations les accueillant.
Pour tous ces points prioritaires, nous en appelons à la future majorité en Fédération Wallonie-Bruxelles afin qu’elle les intègre dans sa déclaration politique et qu’elle garantisse enfin le droit aux loisirs pour tous les enfants.

Amélie Hosdey-Radoux, chargée d’études à la Ligue des familles