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Végétarisme : cinq conseils
pour bien nourrir son enfant

Dans les crèches, les consultations médicales, sur les réseaux sociaux, les parents adeptes du végétarisme se multiplient. Que répondre aux parents tentés de faire rejoindre ce mouvement à leurs enfants ? Quatre diététiciennes du Club européen des diététiciens de l’enfance - cede-nutrition.org - se sont penchées sur ce phénomène et passent en revue les bonnes recommandations pour préserver la croissance de l’enfant végétarien.

Végétarisme : cinq conseils pour bien nourrir son enfant

Première étape : se risquer à définir le végétarisme, qui peut se décliner de plusieurs manières. Est végétarien celui (ou celle) qui ne mange ni viande, ni volaille, ni poisson. Là se distingue déjà le pesco-végétarisme qui supprime tout ce qui est chair animale à l’exception des poissons et des fruits de mer. Par contre, les ovo-lacto-végétariens ne consomment ni viande, ni poisson et coquillages, mais acceptent les œufs et les produits laitiers (lait, fromage, yaourt…).
Certains ne sont que lacto-végétariens et tournent le dos aux œufs, d’autres ne se déclarent qu’ovo-végétariens, refusant tous les produits laitiers. La déclinaison la plus extrême du végétarisme est le végétalisme qui exclut tous les produits d’origine animale, y compris le miel.
Cette dernière forme de végétarisme est totalement déconseillée pour les enfants de tous âges par les professionnels de la santé (médecins, diététiciens, etc.), car elle est source de graves carences. Les enfants jusqu’à 3 ans et plus soumis à ce régime sont frappés de malnutrition et souffrent de lésions neurologiques parfois irréversibles.
Quant aux autres formes de végétarisme, il est vivement conseillé aux parents d’établir le régime alimentaire de l’enfant avec un ou une diététicienne et de le faire suivre régulièrement par un médecin pour détecter l’une ou l’autre carence. Et comme mieux vaut prévenir que guérir, voici déjà quelques bons conseils pour ne pas mettre en péril la croissance et le développement du cerveau des enfants jusqu’à 3 ans et bien au-delà.

Continuez le lait de croissance après les 3 ans de l’enfant

Ce lait qui fait suite… au lait de suite est donné à partir 18 mois. Moins riche en protéines que le lait de vache, il respecte davantage la fonction rénale chez le petit enfant jusqu’à ses 3 ans (Rappelons que l’organisme humain élimine les protéines par les reins sous forme d’urée et que ces organes sont encore très immatures chez les jeunes enfants). Mais ce lait a aussi d’autres composants importants qui sont des acides gras essentiels, du zinc et du fer qui peuvent compenser l’absence de viande, de volaille et de poisson chez l’enfant végétarien. 

► Donnez-lui deux à trois produits laitiers par jour

Trois produits laitiers par jour, c’est 500 ml de lait, yaourt ou fromages compris. Ces aliments contiennent des protéines qui ont tous les acides aminés essentiels, aussi intéressants pour la croissance que pour l’entretien des tissus de l’organisme. On connaît bien le calcium et le phosphore, deux éléments indispensables à l’élaboration et à l’entretien du tissu osseux. Mais le lait et ses dérivés comprennent aussi d’autres nutriments essentiels comme les lipides, les glucides, des minéraux et des vitamines.

► Les lipides ou graisses procurent de l’énergie, contiennent des vitamines dites liposolubles qui sont les vitamines A, D et E.
► Les glucides sont essentiellement du lactose et des oligosaccharides. Le lactose favorise l’absorption du calcium et les oligosaccharides participent à l’équilibre de la flore intestinale.
► Le lait contient aussi du potassium, du sodium, du magnésium et des oligo-éléments comme le zinc et le sélénium.

Attention, les jus végétaux appelés « laits » ne remplacent aucunement le lait issu d’une vache, d’une chèvre, d’une brebis, etc., et ne sont pas adaptés à la croissance et au développement du cerveau de l’enfant.

Équilibrez son assiette avec des légumes secs et des céréales

Tout est question d’équilibre. Pour avoir toutes les protéines essentielles, il faut associer au même repas des protéines animales et des protéines végétales. Si l’enfant ne mange ni viande, ni volaille, ni poisson, il y a évidemment un produit laitier ou un œuf qui fera l’affaire. Vous pouvez aussi associer des légumineuses (lentilles, pois chiche ou haricots) et surtout ne pas oublier les céréales.

► Préparez-lui des féculents à chaque repas pour favoriser la concentration et lui donner de l’énergie

Les féculents sont indispensables à l’équilibre d’un repas, mais tous ne se valent pas. La pomme de terre, par exemple, ne contient pas les acides aminés essentiels. Pour profiter des avantages des aliments et éviter leurs désagréments, une solution : variez l’assiette de votre enfant.

► Pain et tapenades de légumes pour la boîte à tartines

Un jeu d’équilibre encore et toujours pour le pique-nique de votre môme (et de votre ado s’il est prêt à confectionner son burger végétarien !). Du pain, féculent indispensable, avec du houmous, un légume et un fruit pour apporter des vitamines qui favorisent l’absorption des autres nutriments.  
Autres idées : des tapenades de légumes - carottes, courgettes, champignons, poivrons, aubergines -, un peu de matière grasse, quelques graines ou de la noix de cajou et des légumineuses (pois chiche ou lentilles) pour donner la consistance… Mixez le tout. Étendue sur une tranche de pain, chaque tapenade est un vrai délice.

M. K.

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