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Vie affective et sexuelle :
vers des écoles mieux outillées ?

C’était en mai dernier. Le Ligueur sortait un dossier consacré à l’Évras, l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Avec en fil rouge une nécessité, l’Évras doit bénéficier d’un soutien au sein des établissements scolaires. Elle doit être mieux encadrée. Plus homogène. Bonne nouvelle, le Service provincial de promotion de la santé à l’école du Brabant wallon vient de procéder à la refonte d’un outil qui va dans ce sens. Exemple à suivre.

Vie affective et sexuelle : vers des écoles mieux outillées ?

« Bel objectif, bravo ! C’est porteur ». Lorsqu’on lui communique ce projet du Brabant wallon, Émilie Saey, directrice de la Fédération des centres pluralistes de planning familial ne cache pas son intérêt enthousiaste. Elle demande à voir comment concrètement l’initiative va prendre forme et s’organiser, mais sa première réaction est terriblement positive. « Dans ce projet, la santé est prise de façon globale et l’Évras y trouve bien sa place ».

Mais de quoi s’agit-il ? Cette semaine, le Service provincial de promotion de santé à l’école a présenté Mon école en santé. Un outil réactualisé, destiné aux classes du primaire. Ses atouts ? Une volonté de s’inscrire dans une approche globale, favorisant la répétition, à travers des messages positifs tout en restant à l’écoute des élèves.  

Un chemin tout tracé

Dans ce projet, six thématiques structurent l’approche de la santé en matière scolaire : l’alimentation, la condition physique, l’hygiène, la santé mentale et… l’Évras. Durant les trois cycles du primaire, des sujets particuliers sont définis année par année. Ainsi, si les relations affectives et le toucher sont abordés en 1re, la puberté et les menstruations seront évoquées et étudiées en 6e. Le chemin est tracé. Clair. Précis.

« C’est évidemment très positif pour nous, souligne Émilie Saey, un tel type de cadre, nous le réclamons depuis longtemps. Réserver du temps à l’Évras, dans un programme structuré. L’inscrire dans un moment dédié. C’est une vraie évolution ». Ce qui frappe, c’est la globalité de l’approche. Les six axes s’imbriquent les uns dans les autres pour former un tout cohérent. « On voit ainsi que la Santé Mentale aborde les questions de besoins affectifs, de la maîtrise de soi, des émotions. Tout cela rentre en résonnance avec l’Évras. C’est bien ».

Pas obligatoire, mais fortement suggéré

Petite précision, il n’y a pas d’obligation de programme. « On ne peut pas imposer cet outil, concède le député provincial Tanguy Stuckens, mais on le suggère fortement. Le travail qui a été réalisé là est important. Il a apporté de la cohérence, un sens à des documents, à des fiches qui existaient de façon éparse. Il répond à des besoins d’aujourd’hui ».

Reste à présent à voir comment les enseignant·e·s, les directions d’établissement vont apprivoiser, s'approprier la démarche. Ce qui est sûr, c’est que du côté de la Province du Brabant Wallon, on est convaincu du bien-fondé et de l’utilité de cet outil reboosté, co-écrit pendant trois ans, bénéficiant de collaborations et de portes d’entrée multiples. En attendant, ne boudons pas notre plaisir. L’Évras semble bien partie pour s’inscrire de façon homogène, construite et durable dans le paysage scolaire. En tous cas, les bases sont là et prêtes à faire des petits.

Thierry Dupièreux-Fettweis

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