Vie de parent

Vos questions - Nos réponses : l'école

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3-5 ans

Mon petit Lucas entre d’ici quelques semaines en maternelle. Certes il a eu l’habitude d’aller chez une accueillante proche de chez nous. Mais j’ai un petit pincement au cœur à l’idée de le voir partir vers l’école. À quoi dois-je m’attendre ?

L'entrée en maternelle marque un grand changement pour un enfant de 3 ans. Passer de la crèche ou de l'accueillante à une classe de vingt et des élèves peut être un choc violent qui nécessite un temps d'adaptation… plus ou moins long selon les enfants. Donnez-lui du temps… sans montrer, si possible, des signes d’impatience et de stress. Rappelez-vous que celui-ci est très communicatif.
Attention, l'enfant de la maison n'est pas le même que celui de l'école ! Cette différence est normale puisque les règles du jeu y sont différentes. C'est ainsi qu’il apprend la vie en société et les comportements qui vont avec.
Malgré vos questions quotidiennes, votre petit ou petite ne vous raconte rien de sa journée. Pas de panique, ce n'est parce qu'ils ne disent rien que les enfants ne font rien. C'est simplement qu'eux aussi, en dépit de leur jeune âge, ont leur petit jardin secret. Le meilleur moyen d’en savoir un peu plus est de vous adresser à sa « Madame » (et tant mieux si c’est Monsieur !).
Vous n’avez pas le temps de rencontrer l’institutrice ? Écoutez votre petit fredonner la dernière comptine apprise, regardez-le faire ce nouveau petit pas de danse, jetez un œil sur son dernier dessin : autant de petits signes qu'il apprend à la vitesse grand V.

J’ai toujours veillé à ce que Lena soit bien reposée et cela depuis sa naissance. Cet été, à la maison, elle faisait encore des siestes et je me demande comment cela se passe en maternelle.

À l'école comme à la maison, il est important pour l'enfant d'avoir un environnement apaisant. En plus de l'indispensable doudou, un petit coussin ou une couverture personnalisée peuvent lui permettre de se sentir plus en sécurité et donc de s'endormir plus facilement.
Même s'il ne dort pas, l’institutrice (comme vous à la maison) fera comprendre à votre petit qu'une demi-heure de repos est tout de même nécessaire avant de reprendre les activités de l'après-midi. L'argument suprême : reposé, on peut faire bien plus de choses avec les copains ! Et on vit les activités l’esprit et le corps détendus.
Jusqu'à 4 ans, un enfant a besoin de beaucoup de sommeil. S'il ne fait pas la sieste à l'école, il est important d'adapter un tant soit peu l'heure du coucher à la maison.
Pour un enfant qui est en maternelle, il est recommandé de le mettre au lit vers 19h30, ce qui lui permettra de faire une nuit réparatrice de onze à douze heures.

D’après notre entourage, et en particulier ses institutrices, Baptiste est très éveillé pour son âge. D’ailleurs, il prend plaisir à essayer de déchiffrer des mots, à se lancer dans des calculs de plus en plus compliqués. Du coup, nous nous demandions si notre fils pourrait entrer en primaire à 5 ans ?

Dès que votre enfant a 5 ans révolus, vous pouvez demander son inscription en 1re primaire. Et ce, à n’importe quel moment de l’année scolaire. Vous devez cependant obligatoirement demander l’avis de la direction de l’école fréquentée par l’enfant et du centre PMS qui y est lié. Mais au final, quels que soient ces avis, c’est vous qui décidez ! Si vous souhaitez le passage en 1re primaire, vous devez communiquer les avis reçus et la demande d’inscription à l’école de votre choix. Celle-ci doit alors inscrire l’enfant dans l’année demandée.
À l’inverse, un enfant peut être maintenu une année supplémentaire à l’école maternelle. L’enseignant qui estime qu'un élève devrait bénéficier d’une année complémentaire le conseille aux parents qui acceptent ou refusent de suivre cet avis. Dans ce cas, l’avis du chef d’établissement de l’école fréquentée et celui du centre PMS qui lui est lié sont requis. Ces avis doivent être envoyés avec une demande de dérogation à la Direction générale de l’enseignement obligatoire, Direction de l’enseignement fondamental, Rue Adolphe Lavallée, 2 à 1080 Bruxelles.

6-8 ans

Ariste a terminé sa 1re primaire en juin dernier. Ce ne fut pas sans mal. Il recevait des devoirs qu’il réalisait non sans peine. Ma voisine m’a dit que normalement il n’aurait pas dû recevoir de travail à domicile. Est-ce exact ?

Le décret de 2001 qui réglemente les devoirs à domicile est clair :

  • En 1re et 2e années, pas de devoirs à la maison !
  • En 3e et 4e années, les devoirs sont permis mais ne peuvent dépasser les 20 minutes.
  • En 5e et 6e années, ils peuvent durer 30 minutes.

Mais entre le décret et la pratique, il y a souvent un fossé : la règle est loin d’être toujours respectée.... souvent sous la pression des parents eux-mêmes.
Votre enfant reste à l’école après 16 heures et a des devoirs ? Renseignez-vous à propos de l’étude. Est-elle surveillée (un adulte veille au calme dans la classe) ou dirigée (l’adulte aide l’enfant à faire ses devoirs, réexplique ce que l’enfant n’a pas compris la journée) ?

9-11 ans

Cette année, Guillaume va passer son CEB. Nous voudrions lui offrir un maximum de chances pour qu’il le réussisse et organiser davantage ses devoirs à la maison. Avez-vous des pistes ?

4 règles d’or…

  1. Veillez à ce que votre enfant ait des moments de jeu et de détente avant et/ou après ses devoirs. Ces moments de détente évitent des séances de devoirs sous tension.
  2. Aménagez dans votre logement un coin où votre enfant sera au calme et à l’aise pour étudier ses leçons. Mieux vaut éviter la proximité de la télé ou de l’aire de jeux du petit frère ou même le coin de table de la cuisine.
  3. Soyez là davantage pour soutenir et encourager votre enfant, voire pour l’aider à répéter une leçon, plutôt que pour la lui réexpliquer. S’il cale sur un exercice ou une matière, encouragez-le plutôt à demander des explications à son enseignant.
  4. Lâchez progressivement prise et apprenez à ne jeter qu’un œil discret, mais vigilant, sur le déroulement de ses devoirs : grâce à cela, votre enfant apprendra à s’organiser et à devenir autonome.

Vous vous sentez dépourvus ? Des solutions : les écoles des devoirs (qui proposent un encadrement des enfants pour les devoirs, mais aussi des ateliers ou activités avec les copains du quartier. Inscription gratuite ou pour quelques sous) ou la liste des SAS de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui aident les jeunes en situation de décrochage scolaire.

Cette année, nous pensons sérieusement à nous investir dans l’école de nos trois enfants. On nous a conseillé d’approcher l’association de parents de l’école. Pouvez-vous nous en dire plus ?

L’association des parents est à la fois la représentante de l'ensemble des parents de l'établissement et le premier relais entre ces parents, la direction et le corps enseignant. On comprendra que son efficacité repose sur un équilibre délicat.
Concrètement, son rôle consiste à apporter une plus-value au projet pédagogique, à ouvrir le débat, à porter l’attention sur le quotidien de l’établissement. Être parent militant de l’AP, c’est tout ça ! Tout ça, et même parfois, un petit plus avec l'une ou l'autre initiative qui sort de l'ordinaire. Comme récolter des fonds pour acheter du matériel manquant ou proposer aux papas bricoleurs de donner un peu de leur temps pour effectuer quelques menus travaux. Certains diront que l’AP n’est parfois que cela. Malheureusement, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Il peut arriver que quelque chose coince, que ce soit dans le dialogue entre l'école et les parents ou dans le fonctionnement de l'AP. Le succès d'une AP dépend d'une dynamique et d'une volonté commune qui donnent un sens à son statut d'interlocuteur privilégié. L’enjeu en vaut la chandelle.
Les AP dépendent de deux fédérations : l'UFAPEC (Union des Fédérations des Associations de Parents de l'Enseignement Catholique) et la FAPEO (Fédération des Associations de Parents de l'Enseignement Officiel) qui poursuivent à peu près les mêmes buts.

L’an dernier, Joséphine se plaignait de mal au dos et elle n’avait pourtant que 9 ans. Nous avons reçu la liste des fournitures de l’école, notamment des manuels et aujourd’hui, nos craintes pour son dos se réaniment. Que faire ?

Idéalement, le poids du cartable ne devrait pas dépasser 10 % du poids de votre fille.
Premier remède : veiller à ce que les sangles soient bien ajustées. Le cartable doit coller au dos et être à bonne hauteur, pas au niveau des fesses ou de la taille ! Il doit donc être adapté à la taille de l’enfant et de bonne qualité. Les cartables à roulettes ne sont pas vraiment une solution car ils favorisent un mauvais maintien de l’enfant quand il marche.
Autre piste : faire la chasse aux mauvaises habitudes. Il est plus facile et rapide pour l’enfant de tout fourrer dans son cartable la veille. Cela le rassure aussi : il est certain de ne rien oublier. Avec votre aide, il peut apprendre à ranger et trier son contenu tous les jours, journal de classe à l’appui. Inutile aussi d’emporter la totalité des feuilles de classeurs volumineux.
Enfin, si l’école insiste sur le fait d’emporter trop de matériel, voilà un sujet qui peut être abordé en association de parents pour trouver des aménagements.

12-15 ans

Notre fils entre en 2e secondaire ce mois de septembre. Ce n’est ni un premier de classe, ni un cancre. Il fait juste ce qu’il faut et il parvient à réussir. Mon souci est qu’il a une orthographe en dessous de tout. J’aimerais l’aider à l’améliorer pour sa vie future.

Que faire ? Outre le fait d’insister auprès des écoles pour qu’elles soient attentives sur ce point, motiver son enfant en lui montrant tous les bénéfices à tirer d’une bonne orthographe et en être soi-même convaincu, ce qui semble votre cas.
Ensuite, pourquoi ne pas tenter de renforcer l’orthographe de votre enfant en lui proposant, ponctuellement, une mini-dictée, accessible, qu’il corrigera ensuite lui-même à partir du texte que vous aurez choisi. Notamment des textes qui lui parlent. Tous les parents peuvent faire ces dictées qui ne demandent que cinq minutes par jour à la maison. Car, comme en sport, tout est question d’entraînement !
Enfin, l’écriture passe par la lecture. Encourager votre jeune à se plonger dans des livres, romans ou autres, pour qu’il fixe dans son inconscient un usage correct de la langue française.
Enfin, dernier conseil : relativiser. Ne pas mettre la pression. Pour cela, un livre : La revanche des nuls en orthographe, d’Anne-Marie Gaignard (Éditions Calmann-Levy).

Clara change d’école. Elle passe du rang des « plus grands de l’école » à celui des « plus petits ». Du coup, elle voit ce changement avec appréhension. Comment la préparer pour l’aider à bien vivre cette rentrée ?

Voici 8 conseils pour vous aider :

  • Identifiez ses peurs, avec votre enfant, pour mieux les désamorcer. Les craintes se nourrissent d’elles-mêmes, s’amplifient, peuvent devenir irréelles. Parlez d’égal à égal avec elle pour ne pas la laisser seule face à ses appréhensions, afin d’éviter que celles-ci ne virent à de l’angoisse.
  • Vous sentir à ses côtés l’aidera. Journées portes ouvertes, journal de classe, rencontre avec les profs, comité de parents… les moyens de montrer votre intérêt ne manquent pas.
  • Invitez votre fille à rencontrer des ados de son entourage pour parler de leur première journée en secondaire, histoire de partager leurs expériences.
  • Horaire éclaté en matières séparées, changements de profs plusieurs fois par jour, découverte de nouveaux locaux… Fournissez-lui un plan de l’école, faites quelques fois le trajet avec elle pour établir certains repaires et connaître le temps nécessaire, afficher son horaire bien en vue, etc.
  • Proposez à votre fille des activités parascolaires, ce qui peut faciliter son intégration et l’aider à se faire nouveaux amis. Celles-ci permettent aussi de voir l’école sous un autre jour et de s’intégrer par un autre biais.
  • Rappelez-lui qu’elle n’est pas seule, que l’école elle-même est consciente de ce changement, qu’il y a un titulaire de classe chargé d’être à son écoute.
  • Apprenez-lui à organiser son travail. Un bon truc : garder de l’ordre dans ses notes de cours offre une bonne révision et consacrer une petite heure par jour pour réviser les matières vues en classe permet de ne pas être rapidement dépassé.
  • Soulignez ses progrès. Cela la rassurera, lui donnera confiance en elle.

16-18 ans

Mathieu va entrer en 3e secondaire et nous avons quelques craintes quant à sa réussite future. Il a déjà doublé deux fois et n’est plus du tout motivé. Il nous a dit qu’il n’était de toute façon bon à rien. Pensez-vous qu’un coach puisse l’aider ?

Premier hic : se dit coach qui veut. L’appellation ne se réfère à aucune formation spécifique, ni à aucun label.
Deuxième hic : le prix. Payez et tout ira mieux, donne-t-on à penser. Il faut ainsi compter entre 40 et 60 € de l’heure en fonction du coach. Liée au prix, mais aussi à l’efficacité et au résultat final, se pose la question de la durée d’une prise en charge. En moyenne, on nous a parlé de cinq à dix heures.
Troisième hic : il n’y a pas, à notre connaissance, d’organisme ou de site centralisateurs des coachs scolaires (ou parentaux, il y en a aussi de plus en plus). Le parent doit donc explorer la Toile ou compter sur le bouche à oreille, pour trouver celui qui convient à son enfant, et notamment à l’âge de l’enfant.
Et si les enfants avaient déjà leurs coachs, à l’école et à domicile ? Avec les instituteurs et les parents ? L’enseignant est là comme un entraîneur qui pousse l’enfant à progresser dans ses apprentissages. Les pères et mères sont aussi les meilleurs coachs de leurs enfants, en leur donnant confiance, en stimulant leur estime de soi, en créant les conditions d’un bon suivi à l’école. Cela vaut tous les coachs !
Coups de pouce : un guide pour accompagner l’élève à l’école avec des infos, des conseils, des techniques pour aider le jeune à bâtir sa propre méthode. Méthodo. Le coach des élèves, par Yves Warnier (éditions De Boeck).
Mais aussi :

  • Le Coaching scolaire : augmenter le potentiel des élèves en difficultés, par Gaëtan Gabriel (éditions De Boeck).
  • Vaincre les difficultés scolaires grâce aux intelligences multiples, de Renaud Keymeulen (éditions De Boeck).
     

18 ans et +

Notre fille Aurélie entre en 1re master à Louvain-la-Neuve et, contrairement à ses trois années de bac passées chez nous, elle passera ses deux années de master en kot. Du coup, je me demande si j’ai encore droit aux allocations familiales ?

Oui, tant que l’étudiant de moins de 25 ans est domicilié chez ses parents, les allocations familiales sont payées à sa mère. Et cela même s’il réside en kot durant la semaine.
S’il quitte le domicile de ses parents pour vivre en colocation, les allocations familiales lui seront payées directement jusqu´à ses 25 ans. Il faut toutefois qu’il poursuive encore des études ou une formation pour un total de minimum 27 crédits par an, et il ne peut travailler que de façon limitée.
En tant qu’étudiant, il ne peut pas travailler plus de 240 heures par trimestre, sauf pendant les vacances d´été (3e : juillet, août et septembre), durant lesquelles il peut travailler autant qu’il le souhaite. Attention, ce n´est que s’il continue ses études au 4e trimestre que cela s´applique. Pendant les dernières vacances d´été après la fin de ses études, les heures de travail sont limitées à 240 heures pour le 3e trimestre aussi.
Juste après ses études, il a encore droit aux allocations familiales durant son stage d'insertion professionnelle (« stage d'attente », en principe 12 mois). Tant qu’il a moins de 25 ans, et tant qu’il ne touche pas d'allocations de chômage, il peut garder ses allocations familiales, qu’il vive encore chez ses parents, qu’il vive seul ou en colocation. Mais il faut pour cela qu’il soit inscrit comme demandeur d’emploi (au Forem en Wallonie ou à Actiris à Bruxelles).

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