Vie de parent

Vos questions - Nos réponses : l'éducation

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0-2 ans

Je croyais que mon bébé âgé de quelques semaines allait trouver son pouce. Rien à faire ! Dans quelques jours, il rentre à la crèche. Est-ce une grosse bêtise de lui donner la tétine pour apaiser ses pleurs ?

Donner une tétine à un bébé exige de la vigilance :

  • tirez sur l’embout pour vérifier qu’il soit bien attaché et qu’il ne puisse être avalé ou inhalé
  • choisissez une matière non toxique et non allergisante
  • évitez toute cordelette autour du cou
  • adaptez la taille à la bouche et au visage du bébé pour lui permettre de bien respirer.

Sachez aussi qu’au moment où le bébé commence à boire au sein, l’utilisation de la tétine transforme son réflexe de succion et risque ainsi de compromettre son apprentissage. En effet, on ne suce pas une tétine ni un pouce comme on tète le sein. De plus, chaque enfant a sa façon bien à lui de téter. Il existe une grande diversité de tétines en caoutchouc ou en plastique, molles ou rigides, aux embouts ronds ou plats, blanches ou colorées… Quoi qu’il arrive, c’est votre bébé qui choisit celle qui lui convient le mieux en rejetant les autres.

Il paraît que le congé parental peut être pris un peu à tous les âges et pas en un bloc. Mon enfant à bientôt l’âge de rentrer à l’école maternelle. J’aimerais être plus présente à ce moment-là. Quand et comment prendre ce congé ?

En Belgique, pour tout enfant né ou adopté après le 8 mars 2012, chaque travailleur, père ou mère, a droit à un congé parental de quatre mois à temps plein, huit mois à mi-temps ou vingt mois à 1/5e temps. Ce congé peut être scindé en blocs d’un mois pour un congé à temps plein, en blocs de deux mois pour des congés à mi-temps ou en blocs de cinq mois pour des congés à 1/5e temps.
Petit bémol pour les enfants nés avant le 8 mars 2012 : le congé parental est plus court. Il peut durer trois mois à temps plein, six à mi-temps ou quinze à 1/5e temps.
Ce congé est valable jusqu’aux 12 ans de chaque enfant, avec un prolongement jusqu’aux 21 ans des enfants porteurs d’un handicap.
L’ONEM verse environ 700 € par mois pour un congé à temps plein, 325 € pour un congé à mi-temps et 110 € pour un congé à 1/5e temps.

3-5 ans

Est-il angoissé pour sa première rentrée des classes? Cherche-t-il de la compagnie ? Peut-être… Ces derniers jours, mon fils de 3 ans veut absolument une poupée. Dois-je m’inquiéter ?

Avant 4 ans, il est fréquent que les garçons aiment jouer à la poupée ou à la dînette. Et que les filles raffolent des billes ou des petites voitures. Quel que soit son sexe, votre enfant aura donc autant de plaisir à jouer avec des jouets qui - dans notre esprit - ont une connotation « fille » ou « garçon ». Mieux encore, au-delà du plaisir, encouragez cette variété : elle est importante pour son développement, aussi bien moteur que psychique.
En général, vers 4 ou 5 ans, les choses évoluent : c’est à cet âge-là que l’identité se construit et s’affirme. Les filles vont alors avoir davantage tendance à jouer à la poupée que les garçons. Mais pas d’inquiétude cependant si, passé cet âge, votre gamin s’accroche encore à sa poupée. Observez-le : la manière dont il joue avec elle n’est pas la même que celle d’une fille…

Ma petite entre en 1re maternelle et a toujours des langes. Ma belle-mère me propose de lui donner carrément un petit cadeau, qu’en pensez-vous ?

Vous pouvez récompenser votre petite qui devient propre avec une valorisation symbolique en lui proposant de préparer le souper avec vous puisque maintenant elle est grande, plutôt que lui donner un objet. Il faut aussi la féliciter quand elle réussit cet effort terrible et qu’elle vient vous montrer son petit pot en disant : « J’ai fais dedans ! ». Elle viendra vous le mettre sous le nez pour que vous lui disiez que vous êtes content(e) et fier(e) d’elle. Un plaisir qui l’encouragera à retourner faire son pipi sur le pot et ainsi de suite… Il existe certains trucs que les parents nous ont soufflés comme le smiley fluo collé au fond du pot. C’est rigolo et ça évite de donner des bonbons !

6-8 ans

Mon enfant se plaint souvent de mal au ventre avant d’aller à l’école. La rentrée approche et j’ai peur que ça recommence. Faut-il le croire ?

Bien sûr, il n'y a pas que les problèmes d'école qui engendrent des manifestations psychosomatiques chez les enfants. Ils ont souvent du mal à dire ce qui les tracasse. Et ce qui les tracasse peut être très variable. À côté de la peur de l’école, des dictées qui effraient, de l’eau qui terrorise, il peut y avoir la violence à la télé. La souffrance qu’on ressent à la vue de ses parents continuellement en dispute. Toutes ces questions sur la mort, la vie, la sexualité qu’on n’ose pas poser. Lorsque les mots manquent, le corps parle. Les maux des enfants ne sont pas du cinéma.
Les bobos des enfants ne sont jamais anodins, ils demandent une écoute, une disponibilité pour entendre ce qu’ils ont du mal à dire. Est-ce une peur ou une angoisse ? Un besoin d'attention dans un moment un peu compliqué ? La seule manière d'attirer l'attention ou d'être reconnu ?
Bien souvent, le corps dit ce que nous ne pouvons dire avec des mots. Il faut parfois un peu de temps pour comprendre ce que disent les bobos des enfants. Parfois même, nous n'y comprenons rien et il nous faut demander l'aide d'un « traducteur ». Une visite chez un psychologue, par exemple spécialiste de la parole, pourra alors être précieuse.

La reprise de l’école, c’est aussi le cartable jeté n’importe comment, les vêtements qui traînent. J’ai beau faire des remarques à mes enfants, rien ne change. Quelle punition leur donner pour qu’elle soit (un peu !) efficace ?

Une sanction privative ? Oui, à condition qu'elle soit raisonnable et qu'il soit possible de la faire respecter ! Le priver de sa réunion louveteau, par exemple, n'est pas une bonne idée. Il s'est en effet engagé à être régulièrement présent aux réunions et le punir en l'obligeant à ne pas respecter son engagement serait paradoxal.
Il y a aussi les sanctions qui revalorisent l’image de soi : donner un coup de main à un autre enfant pour ranger son cartable, balayer dans la cuisine après le goûter, aider un plus jeune à mettre ses chaussures…
Votre enfant a besoin d'encouragements et de reconnaissance. Les sanctions positives et valorisantes, les encouragements, les projets en cas de réussite, les petits contrats sont toujours plus efficaces que les sanctions négatives et les chantages.
Évitez malgré tout de le punir publiquement, cela pourrait altérer sa confiance en lui. L’enfant est sensible à des remarques ou punitions qu’il ressent comme humiliantes. Et ces humiliations, menaces et prises de pouvoir ne l’aident pas à respecter les règles. Elles risquent de faire de lui un adulte soumis qui n'a pas confiance en lui ou un rebelle qui ne supporte aucun règlement.

Cette année, nous avons décidé que je m’offrirais du temps libre pour m’occuper davantage de mes trois enfants. L’un d’entre eux entame son école primaire et a besoin de tout mon soutien. Il y a plusieurs moyens d’obtenir une aide-ménagère en toute légalité. Pouvez-vous m’en conseiller ?

Il y a les différents systèmes Titres-Services. Actuellement, Randstad Titres-Services vous propose une de ses 4 500 aides-ménagères pour prendre en charge votre nettoyage et/ou votre repassage. En appelant le numéro gratuit 0800/30 130, vous pouvez bénéficier grâce au Ligueur des frais de dossier gratuits (valeur 9,85 €).
Et vous pouvez aussi tenter votre chance pour gagner des Titres-Services sur leligueur.be/concours

9-11 ans

À la cour de récré, notre fille est régulièrement agressée et réagit souvent avec violence. Comment peut-on l’aider à mieux se maîtriser ?

Il faut reconnaître qu’elle en souffre et en même temps ne pas dramatiser, la rassurer en lui montrant qu’ensemble, on va trouver des solutions. Il faut éviter de la laisser s’enfermer dans des comportements qui l’appauvrissent. Car un repli conduit souvent à la dépression ou à la violence aiguë, qui nous pousse à nous regrouper en bande pour attaquer ceux qui nous ont humiliés. Il faut au contraire aider votre enfant à trouver un rôle valorisant, par exemple en lui proposant de faire du théâtre.
Vous pouvez lui dire aussi qu’il est essentiel qu’elle ne se laisse pas faire, mais pas forcément en empruntant à l’autre ses méthodes. Elle peut alerter les professeurs ou les surveillants. Et si on l’agresse à nouveau, on propose de rencontrer les parents de l’autre… avec les enseignants, bien entendu.
Il ne faut surtout pas hyper-réagir, sinon on cristallise les choses. Il faut plutôt relativiser l’événement, lui expliquer qu’il n’engage pas nécessairement l’avenir.

Mon aîné est très jaloux de ses frères et de sa sœur, particulièrement du benjamin qui est un peu plus entouré ces derniers jours parce qu’il entre en 1re primaire. Comment faire pour le rassurer sur l’amour qu’on lui porte ?

Plus vous intervenez, plus vous entretenez malgré vous les rivalités. En prenant position pour l’un, en défendant l'autre, vous induisez des différences dont les enfants risquent de se saisir pour alimenter le jeu du Qui sera le plus aimé ?
Il n’est demandé à aucun parent d’être pareil ou de faire pareil pour chacun de ses enfants. Ceux-ci sont différents et ont des besoins différents, mais jouer insidieusement à faire des comparaisons, à affirmer ses préférences, à favoriser les uns ou les autres, c’est placer des bombes à retardement au cœur de sa progéniture.
Jalousie et violence sont des composantes incontournables des relations dans une fratrie. Vivre ensemble apprend à les canaliser et à les dompter. Et puis, rassurez-vous, chez vos enfants, jalousie et violence peuvent se transformer d’une minute à l’autre en solidarité et complicité.

12-15 ans

Mon fils entre déjà en 2e secondaire et grandit à toute allure. Il serait peut-être temps de lui parler de sexualité. Mais comment m’y prendre ?

Le premier rapport chez les garçons a lieu à 16-17 ans, en moyenne. Mieux vaut aborder le sujet dès 12, 13 ans, sans tabou, que ce soit en famille, entre mère et fils ou père et fils.
S’il pose des questions spontanément, soyez disponible, mais sans être intrusif.
S’il ne vient pas vers vous, soyez attentif aux petits signes de changement et trouvez un moment d’intimité avec lui pour en parler.
Lors de la discussion, commencez par lui expliquer le b.a.-ba de la transformation du corps. Les garçons ont une préoccupation commune : la taille de leur sexe… C’est l’occasion de lui apprendre à parler de sexe en parlant aussi de respect mutuel entre partenaires et d’amour. De lui dire que les pratiques sexuelles telles qu’elles sont présentées, voire banalisées, à la télévision ou sur la Toile ne représentent pas la réalité. Rappelez-lui aussi qu’il est tout aussi responsable que sa partenaire d’une grossesse éventuelle et qu’il existe des contraceptifs pour homme. Rappelez-lui enfin que ni la pilule ni l’anneau vaginal de sa partenaire ne le protègent contre les infections et maladies sexuellement transmissibles, comme le sida. Et dites-lui d’utiliser un préservatif lors des rapports sexuels.
Si le sujet vous semble difficile à aborder, vous pouvez encore déléguer cette mission à son grand frère, son parrain ou sa marraine, ou toute autre personne de confiance.
Pour les infos pratiques, vous pouvez aussi laisser traîner de la documentation, la BD de Titeuf, Le guide du zizi sexuel (dès 9 ans), ou lui envoyer un lien utile : sips.be ou loveattitude.be

Il dépense son argent de poche à la vitesse de l’éclair. Comment faire de mon fils flambeur un fils économe ?

Et si vous lui appreniez à tenir un budget ? Cinq règles pour bien le gérer :

  1. Tout consigner : offrez-lui un carnet dans lequel il pourra indiquer ses rentrées (argent de poche, jobs d’étudiant, étrennes…) et ses sorties d’argent.
  2.  Tenir ses comptes à jour : invitez votre ado à archiver ses extraits de compte. Conseillez-lui de payer ses achats en liquide pour visualiser d’un simple coup d’œil l’argent dépensé. En ce qui concerne les sommes épargnées, mieux vaut les placer sur un compte-épargne.
  3. Se conduire en consommateur avisé : quelques astuces peuvent l’aider à ne pas céder aux achats impulsifs, comme s’obliger à différer l’acte d’achat, se demander s’il a vraiment besoin de cet article, s’interroger sur les dépenses en cascade que risque d’entraîner cette acquisition.
  4. Assumer ses erreurs : votre fils s’est endetté auprès de ses amis et vous refusez de prendre ces jeunes en otage : remboursez l’ardoise de votre fiston mais ne l’effacez pas. Demandez-lui comment il compte vous dédommager jusqu’au dernier carat. Établissez avec lui un plan de remboursement en majorant, éventuellement, les mensualités d’intérêts. Si son budget s’avère déjà ultraserré et que vous pouvez vous le permettre, proposez-lui d’effectuer divers tâches ménagères et menus travaux de bricolage et de jardinage pour compenser.
  5. Analyser sa consommation : discutez régulièrement avec votre enfant de son rapport à l’argent. Débriefez ses transactions. Mettez en lumière les points à travailler. Et surtout, félicitez ses progrès.

J’ai peur que Jules ne rencontre la drogue sur son chemin et devienne accro au joint. Y a-t-il quelque chose à faire pour éviter un tel dérapage ?

Par rapport au cannabis, les phénomènes de dépendance à l’adolescence sont marginaux, car ils n’apparaissent qu’après des années de consommation. Si des jeunes deviennent dépendants, c’est qu’ils sont, par ailleurs, déjà en marge.
Il est bon d’intervenir comme parent au moment où vous soupçonnez qu’il en consomme, mais votre réaction doit être proportionnée à la gravité de la situation. Pour évaluer cela, vous pouvez vérifier si cette consommation s’accompagne d’autres éléments : il s’isole, ses résultats scolaires sont soudain mauvais, il diminue ses fréquentations ou ses loisirs, il devient irritable. Autant de signes qui doivent retenir votre attention.
Un conseil : si vous paniquez un jour en découvrant que votre enfant tire sur trop de joints, le bon réflexe est d’aller vers des services comme Infor-Drogue pour connaître la bonne attitude à adopter en fonction de la situation. Ces services sont là pour ça. (infordrogues.be, avec une permanence téléphonique 24h/24h : 02/ 227 52 52). 

16 ans et +

L’école, c’est aussi l’influence des copains et ma fille a le « chic » pour mal les choisir ! Au mois de juin, sa meilleure amie lui avait mis dans la tête que ce serait super qu’elle se tatoue. Ça me fait très peur. Comment l’en dissuader ?

Il est normal que vous ayez peur s’il s’agit d’un tatouage définitif où elle fait inscrire, par exemple, le nom d’un amoureux dont elle n’aura plus rien à faire d’ici quelques mois. Vous pouvez donc insister sur le côté potentiellement irréversible de cette pratique et sur la nécessité de recourir, dans certains cas, à la chirurgie réparatrice.
Vous pouvez aussi tenter de comprendre pourquoi elle veut se faire tatouer. Pour imiter sa copine ? Pour ressembler à une actrice ? Vous pouvez alors lui proposer de commencer par des tatouages collés sur la peau et qui s’effacent facilement. Juste pour tester…

Que répondre à notre fils qui nous lance à la figure qu’on le fait chier et qu’il n’attend qu’une chose : « Se casser de cette baraque » ?

Au moins, vous pouvez vous dire que votre ado ne sera pas un Tanguy. Cette phrase est à prendre plutôt du bon côté si ce n’est qu’elle est dite avec des mots un peu trop violents. Mais en vous disant cela, il vous dit aussi : « C'est bon, vous m'avez donné les outils pour vivre ma vie, je pense que je suis assez autonome pour franchir le pas vers l'âge adulte ». Vous pouvez vous dire que vous avez fait du bon boulot.

 

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