Vie de parent

Vos questions - Nos réponses :
les écrans

Vos questions - Nos réponses : les écrans - Thinkstock

3-5 ans

Entre les chaînes pour bébé, les jeux vidéo, le GSM, on ne s’y retrouve plus. Quel joujou de la technologie puis-je mettre à sa disposition et à quel âge ?

L’usage trop précoce des écrans, quels qu’ils soient, peut avoir des effets négatifs, parfois sérieux, sur l’enfant. Voici les étapes que les experts conseillent de suivre :

  • Pas d’écran avant 3 ans (ou 15 minutes maximum par jour), et n’utilisez l’écran que comme un jeu, sans ambition d’apprentissage.
  • Pas d’écran personnel avant 6 ans : pas de console ou tablette personnelle, préférez les jeux vidéo qu'on utilise à plusieurs et autorisez la télé trois quarts d’heure par jour.
  • Entre 6 et 9 ans : évitez la télévision et l’ordinateur dans la chambre, établissez des règles claires sur le temps d’écran (1h par jour).
  • Entre 9 et 12 ans : continuez à établir des règles claires sur le temps d’écran et rappelez-lui régulièrement les règles de précaution pour utiliser internet.
  • Dès l’âge de 12 ans : votre enfant surfe seul sur la toile, mais convenez d’horaires à respecter et évitez de lui laisser une connexion (nocturne) illimitée dans la chambre.

6-12 ans

Beaucoup de ses copains de primaire ont la télévision ou une connexion internet dans leur chambre. Elle est la seule à ne pas l’avoir et en veut une aussi. Est-ce prudent ? À quel âge peut-on l’introduire ? Et comment poser les limites ?

À partir de 12 ans, votre enfant peut surfer seul sur internet. Mais pas à toute heure, ni sur n’importe quel site et, de préférence, pas dans sa chambre. Il ne faut en aucun cas lui laisser une connexion nocturne illimitée. Convenez avec lui d’horaires de navigation à respecter, mettez en place un contrôle parental, mais évitez de l’espionner. Veillez particulièrement à ce que l'ordinateur, la télévision ou le smartphone ne soit pas à la disposition de votre ado après 22 h. Si nécessaire, coupez le wifi et gardez le code sous clef.
La surconsommation d’écran chez les enfants de primaire se fait aux dépens de la diversité de leurs apprentissages, notamment scolaires, et de leur sommeil. La lumière diffusée entre le crépuscule et l’aube, notamment celle provenant des téléphones, tablettes ou encore des écrans d’ordinateurs, joue un rôle extrêmement important dans la perturbation du sommeil. Ce « facteur lumière » serait pire que le stress, une mauvaise alimentation ou même la caféine.

9-11 ans

Il va retrouver ses copains et veut son GSM pour la rentrée. Mais a-t-il l’âge ? Son meilleur ami en a un. Doit-on céder ou résister ?

Difficile d’indiquer l’âge idéal du premier GSM. Tout dépend de sa maturité, de son degré d’autonomie et de l’utilisation qu’il souhaite en faire. Mais s’il profite de la rentrée ou nous tanne, pourquoi ne pas en profiter pour convenir, avec lui, de l’âge ou de l’événement auquel il pourra en recevoir un ? Il est en effet conseillé d’introduire le téléphone portable - on ne parle pas ici du smartphone - à un moment où l’enfant a conscience de franchir un cap, par exemple la réussite du CEB. Bien sûr, s’il en parle déjà à 8 ans parce que ses copains en ont un, il sera difficile de résister à la pression jusqu’à ses 14 ans. Et le marginaliser par rapport à ses camarades, ce n’est pas lui rendre service non plus.
Entre 12 et 16 ans, votre ado a besoin de bavarder avec les copains-copines qu'il ou qu’elle vient de quitter. Le téléphone lui permet de rester en contact avec ses amis mais est aussi un gage d’intimité, qui lui permettra de parler de choses qu’il n'oserait pas aborder autrement, de se confier à son meilleur ami. Et vous, ça peut vous rassurer de savoir qu’il ou elle peut vous contacter en cas de besoin ou de problème.
Inutile d’y voir un moyen de cultiver ou retrouver une proximité ou une complicité parent-enfant. Le GSM, c’est un symbole d’autonomie, un moyen de sociabilisation et d’émancipation. Et bien souvent, il répond à tout le monde, sauf à vous, parents !

Il est scotché à la télé, à son ordi. Difficile de l’en décoller pour le repas ou pour une autre activité. Comment faire pour qu’il se déconnecte de temps en temps ? Comment contrôler et limiter le temps qu’il passe sur son écran ?

Ce n’est pas parce que l’accès à internet est illimité qu’il faut laisser vos enfants surfer de manière illimitée. Quel que soit l’usage qu’il en fait, votre fils doit apprendre à s’autoréguler, à ménager du temps pour ses travaux scolaires, pour d’autres activités, pour sa famille, ses amis hors connexion et ses heures de sommeil. Et difficile de savoir s’il travaille d’arrache-pied ou s’il tchatte.
Préférez toujours le dialogue à l’interdiction. Négociez des règles d’utilisation avec votre enfant et contrôlez en douceur le temps qu’il passe derrière l’écran, quel que soit son âge. Jetez aussi un œil sur les contenus qu’il rencontre sur la toile, en sollicitant, par exemple, la conversation autour de ses découvertes. Et initiez-le aux bonnes pratiques de l’internet tout au long de sa croissance vers l’âge adulte.

Je ne m’y retrouve plus dans tous ces jeux vidéo que les magasins nous proposent. Si mon fils sait très précisément ce qu’il veut, je voudrais au moins tenter de surveiller le contenu. Comment faire ?

Un premier outil  existe, c’est la référence européenne PEGI, une classification par âge qui, rappelons-le, n’est qu’une recommandation. PEGI va un pas plus loin en proposant des pictogrammes représentés sur la jaquette qui, après analyse du jeu, indique des classifications qui sont au nombre de huit : langage grossier ; discrimination ; drogues, peur ; jeux de hasard ; sexe, violence ; en ligne.
Vous pouvez aussi compter sur les professionnels qui sont des « gamers » expérimentés qui peuvent vous répondre de manière très fine. Un autre expert qui est tout proche de vous, c’est votre (pré)ado. Sans le laisser devenir seul maître à bord, vous pouvez discuter du contenu des jeux qu’il apprécie, ce qui vous aidera à mieux saisir leurs caractéristiques et, éventuellement, expliquer pourquoi ces contenus ne sont pas conformes avec les valeurs que vous souhaitez lui transmettre. Enfin, prenez à votre tour les manettes et passez ainsi de la théorie à la pratique. Une manière de mieux vous rendre compte de la qualité du contenu, mais aussi une opportunité de partager des moments de connivence avec votre fils qui vont avec l’âge, devenir peut-être de plus en plus rares.

12-15 ans et +

Facebook, elle ne vit que pour ça. Elle est toujours fourrée là-dessus. Est-ce dangereux ? Se coupe-t-elle du monde réel ? Et sa vie privée, là-dedans ?

Facebook permet à vos jeunes d’être en contact avec leurs amis, de faire des rencontres, des découvertes, de s’exprimer... Pas de problème quand l’usage est maîtrisé et bien dosé. Contrairement aux idées reçues, le fameux réseau social n’appauvrit pas spécialement les relations avec les proches. On y contacte même plus facilement ses (vrais) amis, connus « hors ligne ».
Officiellement, l’âge minimum requis pour s’y inscrire est 13 ans. Il faut avoir la maturité sociale pour gérer son e-réputation. Car tout ce qu’il publie sur internet constitue son profil public. Il vaut donc mieux l’accompagner lorsqu’il s’ouvre un compte et paramétrer avec lui tout ce qui touche à sa vie privée. Il aura vite lâché, par erreur, une donnée que les réseaux sociaux s’empresseront d’exploiter. Inutile de le contrôler en permanence, ni de lui en interdire l’accès, même s’il a 9 ans. En bravant l’interdit, il risque de faire des bourdes irréparables.
Quelques règles de base sur internet :

  • tout ce qu’on y publie peut devenir public et y reste éternellement
  • on est à la fois dans la réalité et dans l’imaginaire
  • le (cyber)harcèlement tombe sous le coup de la loi : on ne peut ni harceler, ni être harcelé
  • limiter les infos personnelles qu’on indique
  • respecter l’image et la vie privée d’autrui
  • éviter de tenir de propos diffamatoires ou injurieux à l’égard de qui que ce soit.
     

Il n’a d’yeux que pour la télé ou l’ordi dès qu’il rentre des cours, jusqu’à l’heure du coucher. Est-ce mauvais signe ? Devient-il cyberdépendant ?

Tous les gamins n’ont d’yeux que pour l’ordi, la tablette ou leur console dès qu’ils rentrent de l’école. Pas de panique. Pour ce qui concerne les pratiques excessives d’internet et des jeux vidéo, aucune étude ne permet à ce jour d’affirmer qu’il s’agit de dépendance ou d’addiction, selon l’Académie des sciences de France. Seule l’addiction aux jeux d’argent est reconnue. Le jeu seul, lui, ne rendrait pas dépendant. Bien sûr, il y a les exceptions mais seul un tout petit pourcentage de joueurs est susceptible de présenter une addiction à internet ou aux jeux vidéo.
Et puis, l’adolescence, c’est la période de l’excès. À cet âge, ils contrôlent moins facilement certaines impulsions et leur attitude peut vous sembler anormale, voire effrayante. Ce comportement n’est que transitoire. En général, les usages excessifs en tout genre disparaissent avec la fin de l’adolescence.
Une utilisation intensive des écrans n’est donc pas forcément pathologique. La connexion peut aussi être un support de création, de sociabilisation et d’enrichissement. Et votre ado ne va pas pour autant s’isoler des autres, négliger les relations sociales directes et réelles et utiliser internet pour des bêtises ou à mauvais escient. Donc, pas besoin de s’inquiéter tant qu’il parvient à lâcher l’écran pour étudier ou s’adonner à d’autres activités réelles.

Il veut un smartphone pour la rentrée. Car « tous » ses amis en ont un. N’est-ce pas trop tôt et/ou trop cher ? Quand et comment faut-il céder ?

Pour vos ados, qui ne pensent qu’à s’évader de la sphère familiale, le smartphone est le couteau-suisse des espaces numériques interactifs, qui ouvre à tous les usages, quelques centimètres carrés de liberté qui lui permettent de communiquer facilement, rapidement, et dans l’intimité, avec ses amis, et de se créer une vie sociale virtuelle.
Comme pour le GSM, difficile d’indiquer l’âge idéal du premier smartphone. Comme l’engin coûte relativement cher, à l’achat comme à l’utilisation, on peut aussi en négocier l’acquisition avec lui ou elle, et l’attribuer à un événement important ou une belle réussite. Vous pouvez aussi refuser de lui offrir le forfait d’accès à l’internet partout. Il devra alors se limiter aux connexions wifi. L’occasion aussi de l’éduquer à la valeur de l’argent et la gestion de l’argent de poche. Négociez aussi des règles d’utilisation avec votre ado et contrôlez en douceur le temps qu’il passe sur son joujou.

 

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