Vie de parent

Vos questions - Nos réponses :
les loisirs

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0-2 ans

Dans quelques jours, mon Tom, 6 mois, vivra ses premières journées (pleines !) en crèche. Dans son programme, il y a des moments de jeux qui sont importants pour la croissance de mon fils, m’a expliqué la puéricultrice. Pouvez-vous m’en dire plus ?

Le hochet comme le tapis d’éveil, les petites voitures ou encore les jouets à pousser ou à tirer participent au développement moteur de votre bambin, de la fine motricité à l’apprentissage de la marche en passant par l’équilibre ou encore la dextérité. Autant d’apprentissages qui mettent progressivement en place le schéma corporel, ce qui est indispensable pour apprendre à dessiner, écrire ou compter.
Autre atout majeur du jeu : mettre ses cinq sens en éveil (d’abord la vue et l’audition, les autres ensuite) et ouvrir l’enfant au monde. Des exemples ? Apprendre à reconnaître les formes ou les couleurs avec les blocs. Améliorer son langage et son vocabulaire via les personnages et petits animaux. Développer l’imaginaire, inventer son monde et singer celui des adultes grâce aux jeux de construction. Ou encore, faire travailler ses méninges en se cassant la tête avec un puzzle. L’air de rien, la scolarité de votre bambin commence donc dans votre salon.
Ne tombez pas dans le piège de ces jeux qui se disent pédagogiques et qui prétendent apprendre à votre (tout)-petit à lire et à compter ou même à découvrir une langue étrangère. Seul, le plaisir de jouer mène à l’apprentissage !

  • Variez le type de jouets : tous développent des aptitudes différentes.
  • Soyez imaginatif, on peut aussi jouer avec deux fois rien (un gobelet en plastique dans le bain, les emballages récupérés pour la dînette, etc.).
  • Laissez votre petit jouer seul, mais n’oubliez pas de partager parfois aussi cette activité avec lui !

3-5 ans

Je cherche un jeu pour ma petite de 4 ans et, devant la masse de produits proposés, j’en ai la tête qui tourne. Pour me repérer, je regarde l’âge renseigné sur les boîtes. Peut-on s’y fier ?

L’âge sur les boîtes de jeux n’est qu’une indication… à ne pas suivre nécessairement à la lettre. En effet, ce chiffre renseigné par le fabricant fait davantage référence à la sécurité du produit plutôt qu’au développement réel de l’enfant. Ainsi, l’indication 3+ informe que le produit contient des petites pièces qui peuvent s’avérer dangereuses pour les plus jeunes.
Dès lors, comment s’y retrouver ? En demandant conseil aux vendeurs, notamment à ceux des petites boutiques qui sont particulièrement compétents pour vous renseigner. Ou encore en vous faisant confiance : un enfant n’étant pas l’autre, c’est finalement vous qui connaissez le mieux votre rejeton, ses envies, ses besoins et son développement. Ceci dit, évitez de brûler les étapes : si le jouet est compliqué pour votre enfant, il s’en désintéressera une bonne fois pour toutes et ce sera dommage. Astuce valable, notamment, pour les puzzles et autres jeux de construction : prendre, au fur et à mesure, une boîte qui propose un niveau de difficulté plus important.

Quand peut-on commencer à lui apprendre à rouler à vélo et à partir de quel âge peut-on le laisser rouler tout seul, pour aller à l’école, par exemple ?

L'apprentissage du vélo peut se faire à partir de 4-5 ans. Jusqu'à 9 ans, faites-le rouler accompagné sur le trottoir : c'est autorisé pour les vélos dont les roues ont moins de 50 cm de diamètre. S'il circule sur la chaussée, un adulte se placera à sa gauche, un peu en retrait. Un enfant peut commencer à circuler à vélo de manière plus autonome vers 10-11 ans. Mais cela dépendra beaucoup du type de trajet, de l'intensité de la circulation et de la possibilité d'emprunter des pistes cyclables séparées.

6-8 ans

Mes gamins ne demandent qu’à se défouler, et j’aimerais leur dégoter une activité régulière en espérant qu’ils supporteront mieux les longues heures à passer en classe. Que me conseillez-vous ?

Pourquoi ne pas les inscrire chez les scouts ? C’est une activité régulière qui allie vie en communauté, proximité avec la nature et transmission de valeurs citoyennes, tout en s’amusant. Les mouvements de jeunesse sont une remarquable école de vie, l’idéal pour les enfants débordant d’énergie qui ne demandent qu’à cavaler dans les bois. Un grand bol d’air frais plutôt que la télé ou tout autre écran, ce n’est pas plus mal.
Catholiques ou pluralistes, le samedi ou le dimanche, mixte ou pas, vous trouverez certainement la formule qui vous convient en passant en revue les principales fédérations de mouvements de jeunesse :

9-11 ans

Je voudrais inscrire mon fils à une activité sportive ou artistique, qu’importe, pourvu qu’il fasse quelque chose plutôt que rester collé à l’écran ou à ne rien faire. Mais il refuse toute suggestion. Que faire ?

Tout devient urgent aujourd’hui. Il faut tout faire en un minimum de temps, il faut gagner du temps. Et très logiquement, les parents remplissent le temps des enfants aussi. Intelligemment, bien sûr, cela va de soi.
Mais seront-ils vraiment mieux armés dans la vie s'ils ont appris la musique, le dessin, les arts martiaux et l'informatique ? Pas sûr…
Au-delà de l’écran, votre fils ressent peut-être le besoin d’avoir des journées avec des temps de rêverie, d'ennui, pour se poser, se reposer, réfléchir, faire connaissance avec lui-même. Car, ces moments sont indispensables à l'intégration de toutes les informations dont il est continuellement bombardé, à l’organisation de sa pensée. Ce sont des moments où il classe, range, examine ce qu'on lui apprend, ce qu'il a découvert ou ce qu'il ressent. Sans ces temps de rêverie, tout cela s'entasse sans ordre dans son esprit, dans un tel désordre qu’il ne retrouve pas l'information quand il en a besoin. Ces temps d'arrêt permettent aussi à sa créativité de se déployer. Et d’inventer des jeux, de trouver des solutions pour apprivoiser les questions qui le préoccupent. Laissons-le rêver, s'ennuyer, traîner. Ne plus devoir faire permet d'imaginer, de devenir tout simplement… plus malin.

12-15 ans

Juliette entre en 3e secondaire et se sent tout d’un coup pousser des ailes. Elle veut sortir avec ses copains et ça me fait peur. Quelles limites faut-il lui mettre ?

À cet âge-là, il vaut mieux bien encadrer ses sorties… le week-end. Jusqu’à 14-15 ans, les soirées restent généralement sages : cinéma, bowling, anniversaire chez l’un ou l’autre. À 15 ans, les premières soirées en salle, en boîte ou dans les bars peuvent tout doucement être envisagées. Une première règle peut déjà être établie : pas question encore de sorties le soir en semaine.
Tâchez de savoir avec quels copains-copines elle sort, où et dans quel type de soirée. Et négociez la limite horaire de son retour. Mais ne fixez pas une heure complètement inappropriée : ne lui demandez pas de rentrer à 22h alors que la soirée débute à 20h, ni de rentrer à 23h alors que vous savez que vous-mêmes, allez rentrer plus tard. Et si vous ne pouvez ou ne voulez pas aller la rechercher à la fête, assurez-vous qu’elle sait avec qui elle rentre ou chez qui elle va loger après la soirée. Proposez de vous arranger avec les parents de ses amis pour savoir qui va les conduire ou les rechercher… Et instaurez une relation de confiance avec votre ado. Ne contactez pas systématiquement les parents de ses amis pour savoir si elle a dit vrai. Ne passez le coup de fil qu’en cas de doute sérieux.
S’il transgresse les règles ou trahit votre confiance, sanctionnez-le, en le privant par exemple d’une autre sortie. Les ados ont besoins de limites, en dépit de leur besoin criant de liberté.
En vacances, accordez-lui un petit plus de liberté.

On vient à peine de rentrer de congé, je sais, mais j’ai peur qu’Anthony, 15 ans, ne nous suive plus l’année prochaine. J’ai donc déjà envie d’organiser les vacances pour « qu’il ne s’enfuie pas ». Où partir avec lui ?

Pour l’ado, les vacances, c’est le temps du farniente, des sorties, des sensations fortes et des expériences étonnantes... Pourquoi pas une destination plus exotique ? Jetez un œil aux activités que proposent les clubs. Certains organisent des cours de survie, des périples de deux jours en canoë ou dans des refuges de montagne, des jeux de ville actifs. Les plus grands sont titillés par le défi, les plus jeunes adorent la formule ludique. Et s’il est adepte d’un sport, regardez s’il pourra le pratiquer.
L’ado aime parfois aussi faire autrement. Il n’est pas nécessaire d’aller loin ou de dépenser des fortunes, car les hébergements insolites se multiplient : vacances dans une yourte, une cabane dans les arbres ou sur pilotis. Si votre ado est sensible au tourisme durable, il y a aussi le camping. Ou la croisière, s’il a le pied marin. Les navires rivalisent d’activités pour tous les âges au point de devenir de véritables clubs de vacances sur l’eau, à des tarifs intéressants pour les familles. Mais cela ne doit pas vous empêcher de penser à d’autres formules.
Les vacances, c’est aussi le moment pour l’aider à gérer son petit plus de liberté, combiner surveillance et bienveillance. Tâchez de savoir où votre ado va, tout en acceptant qu’il ou elle aille un peu plus loin que le coin de la rue… et résistez à la tentation de l’appeler tous les quarts d’heure ! Laissez-le sortir un peu plus tard le soir avec des copains, mais négociez les limites horaires et tenez-vous-y, même en journée. Et surtout faites-lui confiance, et responsabilisez-le.
Vous aussi, vous êtes en vacances. N’oubliez donc pas de passer de vrais moments de détente, avec et sans eux.

16-18 ans

Est-ce complètement fou de vouloir encore mettre des limites à ses sorties avec ses copains ? 

L’ado a besoin de limites, en dépit de son besoin criant de liberté.
Selon son âge, son degré d’autonomie et si la sortie s’accompagne de risques (drogue, abus d’alcool, violence…), négociez la limite horaire de son retour.
Essayez, dans la mesure du possible (sans être trop indiscret !) de savoir avec quels copains-copines il sort, où et dans quel type de soirée.
S’il rentre toujours tard, patauge dans ses cours faute de sommeil, se lève tous les week-ends à midi et devient une loque, vous avez le droit d'en avoir assez et de lui interdire certaines sorties, au risque de passer pour des « emm… » ou des « vieux c… ». Et bien sûr, si vous sentez que votre ado dérape et prend une mauvaise direction qui le met réellement en danger et compromet sa vie future (drogue, petite délinquance, agressivité permanente, absence aux cours, etc.), posez des vraies limites et de vrais interdits. Gardez votre étiquette et votre autorité de parent. Il vous en sera reconnaissant (plus tard !).
Vous n’aimez pas ses copains ! Tant pis… et même tant mieux. Sauf s’il s’agit de délinquants ou de personnes louches qui ne vous inspirent pas confiance, vous ne pouvez pas interdire qu’il les rencontre. Ne vous privez cependant pas de dire ce que vous en pensez.

 

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