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Votre bébé n’est pas un nabab !

« Ma fille de 6 mois ne tient pas assise ». « Mon fils de 13 mois ne marche toujours pas ». Est-ce grave docteur ? Chaque enfant suit son propre rythme de développement qu’il convient de respecter. Mais les parents ont eux aussi un rôle à jouer.

Votre bébé n’est pas un nabab !

Une maman nous faisait part de ses difficultés face à son enfant atteint d’hypotonie du nourrisson, une pathologie qui rend les petits « mous ». Elle nous expliquait à quel point le parent a tendance à culpabiliser et à se sentir seul face à de telles complications chez son bébé.
De manière générale, l’inquiétude relative au développement harmonieux de l’enfant est un sentiment partagé par l’ensemble des parents. N’avez-vous jamais ressenti un sentiment de fierté à l’idée que votre bout de chou était précoce ? Ou, au contraire, un pincement au cœur en voyant le petit du voisin se dresser sur ses gambettes avant lui ? Cela illustre bien les attentes de performances, souvent nocives, que l’on peut projeter sur nos bambins. D’autant plus que les schémas de développement classiques sont simplistes et ne sont plus adaptés. Les étapes intermédiaires, comme le passage à la position ventrale, sont d’ailleurs plus importantes que les grands paliers. Mais heureusement, chers parents, vous avez plus de cartes en main que vous ne le pensez. Alors, au boulot !

Un tapis de jeu pour le stimuler

« Maia adore être portée. Et quand je dois me libérer les bras, je la mets dans une écharpe de portage ou dans son relax, c’est très pratique », témoigne une maman. Certes, votre tout-petit a besoin d’être rassuré et le portage permet évidemment à bébé de se sentir tout près de vous.
« Il est en revanche indispensable de prévoir des temps d’éveil sur un tapis de jeu, placé au sol, explique Bénédicte Guislain, kinésithérapeute spécialisée dans le développement du jeune enfant, la thérapie Bobath. Il s’agit d’une condition sine qua non au bon développement de l’enfant. L’un des drames de notre société est de faire passer les bébés de nos bras au maxi cosy, du maxi cosy au relax, du relax au fauteuil ou encore à la balancelle, en passant par le lit. Or, il faut absolument lui permettre de bouger pour qu’il puisse se développer harmonieusement ». D’ailleurs, plus un enfant hypotonique est installé de manière confortable, plus il restera dans cette hypotonie. Et c’est là que le parent a un rôle réel à jouer.

Accompagner bébé dans ses mouvements

Donc, en gros, on le met sur son tapis et on le laisse faire à sa guise ? « Certainement pas, rétorque Bénédicte Guislain, même si chaque enfant progresse à son propre rythme - qu’il convient de respecter -, la gestualité des parents joue également un grand rôle. Beaucoup de parents ont peur de bouger leur enfant, alors qu’il en a justement besoin ! Les petits feront des progrès naturellement, mais les parents auront pour fonction de les accompagner dans ces progrès, tout en restant attentifs à ne pas trop forcer. Tout l’art consiste à stimuler sans trop pousser. »
Lors du change, par exemple, vous constaterez que votre petit s’agitera de plus en plus sur le coussin, de quoi parfois vous donner des sueurs froides. Mais qu’à cela ne tienne, soulevez ses petites fesses pour lui montrer le mouvement de bascule vers l’arrière et aidez-le à découvrir ses pieds, qu’il mettra bientôt en bouche. Lorsqu’il voudra attraper quelque chose sur le côté et qu’il amorcera un roulement des épaules ou du bassin, accompagnez son mouvement pour lui montrer qu’il peut aller encore plus loin.

Position assise : après le ventre !

 « Ce qui importe, c’est de donner les moyens à votre bébé de se retourner sur le ventre, de ne pas se contenter de la position dorsale et encore moins de le ‘coincer’ dans une position assise prématurée. »
Vous serez peut-être tenté d’asseoir votre petit bout dans l’espoir de l’habituer à se tenir debout plus rapidement. C’est pourtant une erreur de calcul, puisqu’il est essentiel qu’il trouve la position ventrale et qu’il se déplace avant de s’asseoir. Laissez donc à votre enfant sa liberté de mouvement, en évitant de le coincer dans un relax ou un maxi cosy ou de l’habiller dans des vêtements trop serrés qui gêneront son apprentissage. Dans une même logique de stimulation, l’enfant hypotonique sera plutôt porté de manière redressée et verticale, pour l’inviter à engager son tonus musculaire, plutôt que de le porter en cocon, même s’il adore ça. Cela ne voudra pas dire que vous l’aimez moins si vous ne lui donnez pas exactement ce qu’il préfère, mais au contraire que vous l’aimez tellement que vous êtes prêt à vous engager dans une démarche qui lui plaira moins mais qui sera meilleure pour lui.

Julie Robin

Observez-le

POUR SE METTRE SUR LE VENTRE…

  • Bébé est sur le dos
  • Il met ses mains en bouche et les joint l’une à l’autre
  • Il amorce un basculement du bassin et décolle ses épaules du sol
  • Il attrape ses pieds et les met en bouche
  • Il bascule sur le côté avec ses pieds dans les mains
  • Il essaye d’attraper des objets qui sont à sa portée
  • Il finit par se retourner et se retrouve sur le ventre

Bon à savoir

Bébé en mouvement

Les cours de psychomotricité adaptés aux petits sont une bonne manière de les stimuler dans leur apprentissage moteur et de les inviter à bouger leur corps tout en jouant. Mais attention, ces cours ne sont pas « des cours pendant lesquels les enfants jouent sur des coussins dans une salle, laissés à eux-mêmes, l’intervention des adultes est importante », insiste Bénédicte Guislain.
Toujours dans un souci d’accompagnement de leur évolution, les enfants doivent être guidés : il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Mieux vaut éviter les endroits trop commerciaux où le personnel n’est pas formé à la psychomotricité des enfants, une condition de qualité pourtant essentielle

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