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Novembre 1982 : le Ligueur en mode électronique

Novembre 1982 : le Ligueur en mode électronique

Le confinement a plus que jamais mis les jeux vidéo au centre des préoccupations. Avec toujours les mêmes débats autour du temps d’écran, de la pertinence éducative de ces jeux, etc. Au Ligueur, nous avons traité plusieurs fois cette matière en expliquant que, plutôt que de craindre et vilipender la bête, il était plus opportun de la dompter. Cela fait d’ailleurs longtemps que le Ligueur s’intéresse à ces jeux. L’occasion, via l’illustration ci-dessus, de se rappeler qu’à une certaine époque, ces personnages basiques et pixelisés étaient le nec plus ultra en matière de jeu vidéo.

Les petits êtres reproduits sont les « Space Invaders », jeu fétiche de la console Atari. Ah, la console Atari, ancêtre des PlayStation et Xbox ! En 1982, le Ligueur la décrit ainsi : « Ces seigneurs des jeux électroniques se présentent sous la forme d’un clavier lecteur de cassette raccordable à la télévision familiale et muni d’au moins deux manches à balai ». Eh oui, manche à balai. À l’époque, c’est le mot français qui s’était imposé pour remplacer l’anglicisme joystick.

Lorsque sort cet article, la console de jeu vidéo en est encore à ses débuts, mais elle a néanmoins déjà une belle histoire derrière elle. À la fin des années 1960, l’ingénieur Ralph Baer travaille sur un concept de jeu sur téléviseur. Il imagine ainsi « Chase Game » (1967), un jeu de poursuite pour deux participants où un carré essaie de manger l’autre. L’ancêtre de Pac Man en sorte. Mais c’est Atari et son jeu Pong qui vont lancer définitivement le succès commercial du jeu vidéo en 1973. Quatre ans plus tard, la console Atari 2600 sort et devient leader incontestée du marché… C’est de celle-ci dont il est encore question dans notre numéro de 1982.

À côté du « seigneur », d’autres jeux sont répertoriés sous la dénomination de « jeux électroniques ». On retrouve ainsi les jeux de poche genre Bandaï (souvent « équipés de deux piles qui s’épuisent en quarante heures »). Le Ligueur met son bémol pour ces jouets qui revêtiraient un caractère asocial et engendreraient des problèmes d’énervement, de fatigue et de trouble de la vue.

Présentés aussi dans l’article, les jeux éducatifs comme les « quiz électroniques ou les machines à calculer adaptées ». Soumis aux experts du Ligueur, ils se font sévèrement tacler : « Il semble bien qu’ils n’aient guère de raison d’exister s’il n’y avait cette mode de l’électronique ». Une mode qui, en 2020, n’est pas près de se terminer…
T. D.