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Novembre 1982 : miracle dans les pages du Ligueur

Novembre 1982 : miracle dans les pages du Ligueur

« Cher Ligueur ». Ces deux petits mots servent souvent de prélude aux lettres que nous envoient les lecteurs et lectrices. Deux petits mots qui amorcent un dialogue, un échange. Parfois, derrière ces petits mots suivent des mots gentils, des remarques, des compliments, parfois des remontrances. Mais il y a toujours une complicité que fait naître ce type de courrier des lecteurs et des lectrices. Aujourd’hui, même s’il a un peu moins de charme, le mail s’est substitué aux enveloppes, papiers à lettre et autres cartes postales qui étaient de mise à l’époque que nous allons évoquer, novembre 1982.
Ce matin-là, donc, la rédaction du Ligueur reçoit une lettre rédigée dans toutes les couleurs avec des petites dessins d’enfants pour illustrer le tout. Deux enfants qui jouent. L’un tape dans un ballon. L’autre grimpe dans un arbre. Des maisons exhibent leurs toits d’ardoises bien rangées. Et puis un soleil brille. Brille. Il est question d’un miracle. Oui, un miracle. C’est écrit là. Accompagné d’un vibrant merci.
Pour comprendre toute l’histoire, petit retour en arrière. En octobre, une autre lettre du même type a été publiée dans le Ligueur. Même écriture tout en rondeur. Avec, là aussi, des dessins d’enfants qui s’épanouissent. Des arbres, des maisons, des cheminées qui fument, le clocher d’une église, une grosse bestiole tenant du hérisson ou du mulot, mais aussi des nuages. Ils sont plutôt sombres, ces nuages, et pour cause.
La missive, elle, est « signée » par les élèves d’une école maternelle de Liège. Pourquoi avoir pris la plume ? Pour dénoncer une surpopulation vécue à l’échelle d’une classe. Dans celle-ci, ce sont 33 petiots et petiotes qui sont sous la responsabilité d’une seule enseignante. « Notre institutrice dit souvent qu’elle a une tête comme une marmite ». Et les élèves de dénoncer une inégalité avec l’école voisine « où ils ne sont que 27 pour deux classes ».
« Comprends-tu cela, toi, cher Ligueur, que parce que 27 ont très bon avec deux maîtresses, nous devons rester avec 33 pour une. Aide-nous, s’il te plaît, en publiant notre lettre et reçoit 86 gros baisers ». Le Ligueur s’est laissé soudoyer, il a empoché les 86 baisers et publié la lettre avec une victoire à la clé, les petit·e·s de maternelle ont été entendus, d’où la lettre de novembre…
« Cher Ligueur, tu vois, il y a parfois des miracles. Une quatrième classe est ouverte. Nous sommes tous très, très contents. Avec un grand merci reçois les baisers de tous tes amis de l’école Ste-Foy, rue St-Léonard 351 Liège ». Dans la note qui accompagne la publication du courrier, l’équipe du Ligueur se réjouit qu’il y ait parfois des « miracles ». En tout cas, en voilà un qui est passé comme une lettre à la poste.

T. D.