Les coups de cœur du Ligueur

 

 Les archives du Ligueur

Septembre 1979 : le Sergent Laterreur débarque

Septembre 1979 : le Sergent Laterreur débarque

On fait de ces découvertes en feuilletant les archives du Ligueur ! En 1979, alors que les marmots retrouvent les bancs des classes avec une coupe au bol et des chemises « col pelle à tarte », un militaire déboule dans les pages du magazine. Pas n’importe lequel. Un sergent qui a déjà sévi dans les pages de Pilote au début des seventies et dont le nom (Laterreur) est lourd de menaces.

La mission ? Périlleuse. Prendre la place de la « Rubrique à brac » signée Marcel Gotlib qui squattait les pages du Ligueur depuis deux ans. Pour choisir le remplaçant, on s’est notamment tourné vers Jacques de Pierpont, jeune journaliste, aujourd’hui jeune retraité de la RTBF, qui assurait à l’époque les chroniques BD de votre magazine.

« Je me souviens très bien de cet épisode. Marc Delepeleire, qui m’a mis le pied à l’étrier en presse écrite, était rédacteur en chef. Il voulait rajeunir le public, toucher ce qu’on appelait les jeunes parents. Notamment les révoltés de Mai 68 qui s’étaient mariés, avaient eu des enfants et dont la mentalité n’était pas vraiment la même que celle de leurs aînés ».

Ça, c’est sûr que le Sergent Laterreur, ce n’est pas Buck Danny. Pas lisse pour un sou, il représente le sous-officier borné qui ne pense qu’à brimer son subalterne. « On peut dire que c’était antimilitariste, se souvient Jacques de Pierpont, on a cru qu’on allait recevoir beaucoup de plaintes. Il y en a eu, mais c’est resté raisonnable. Le Sergent Laterreur a résisté plusieurs mois ». Jusqu’au 30 mai 1980 pour être précis.

Publier cette BD, c’était osé. Pas seulement pour le fond, mais aussi pour la forme. Celle-ci était graphiquement radicale. « Le choix avait notamment été motivé parce que les deux auteurs, Frydman et Touïs, étaient belges. Mais c’était surtout excellent, absurde, intelligent ». Le Sergent Laterreur a été réédité (en couleur) en 2006 chez L’Association, une publication qui s’est vu offrir « le prix du patrimoine » lors du festival d’Angoulême en 2007.
T. D.