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« Le cheval : une vraie motivation »

Pour mieux comprendre les bienfaits de l’hippothérapie, nous avons rencontré Patrick Guilmot, directeur du centre d’hippothérapie de Louvain-la-Neuve. Il nous reçoit dans son bureau, au cœur de la ferme équestre, car même si sa fonction exige un peu de paperasse administrative, cet amoureux des chevaux aime avant tout rester en contact avec eux.

« Le cheval : une vraie motivation »

Comment définiriez-vous l’hippothérapie ?
Patrick Guilmot
 : « Pour moi, l’hippothérapie est une relation d’aide qui peut intervenir dans diverses situations : dans le cadre d’un handicap, d’un problème de vie à gérer… Sa grande particularité, c’est l’intervention du cheval : le fait d’être en lien avec l’animal permet de mobiliser plusieurs aspects. Le cheval permet à la fois une relation corporelle, émotionnelle et comportementale. On peut le toucher, être porté, le guider, se laisser emmener, le trouver doux et impressionnant. Le cheval est facilitateur d’expériences. Il est imposant et attirant à la fois. On peut apprivoiser la proximité avec le cheval, prendre soin de lui, être frustré s’il n’obéit pas, apprendre à négocier avec lui. »

Justement, travaillez-vous avec une race particulière de chevaux ?
P. G. : « Non, nous avons des chevaux de différentes couleurs, races et âges. Avec des personnalités différentes, mais avec un même besoin de temps et d’espace. En général, on laisse l’enfant choisir le cheval avec lequel il travaillera. Mais il peut arriver qu’on lui en propose un autre si on estime que ce serait bénéfique pour lui. » 

Meilleurs équilibre, coordination, posture et confiance en soi

Concrètement, comment se passe une séance ?
P. G. : « En général, ce sont des séances hebdomadaires. Il est difficile d’en expliquer le contenu précis, car elles n’ont pas de structure fixe. C’est comme une danse improvisée entre l’enfant, le cheval et l’hippothérapeute. Les séances sont souvent individuelles mais c’est parfois intéressant de travailler en groupe. Cela permet d’observer d’autres interactions.
Le but d’une séance n’est pas que l’enfant monte à tout prix sur un cheval. Nous ne voulons pas brûler les étapes. Il s’agit plutôt de lui faire vivre des expériences, d’apprivoiser l’animal à son rythme. Notre démarche n’est pas celle d’un enseignement, mais une thérapie. »

D’après vous, quels sont les bienfaits de cette thérapie ?
P. G. : « L’hippothérapie permet d’ouvrir les capacités relationnelles. Elle permet également une meilleure conscience corporelle, qui peut être liée à une gestion différente des émotions. On remarque aussi une amélioration de la confiance en soi. Sans compter les bénéfices physiques au niveau de la coordination, de l’équilibre, de la posture pour les enfants lourdement handicapés. Car on peut pratiquer des exercices de type kiné avec le cheval. Le gros avantage, c’est que tout se travaille dans un contexte de plaisir. D’ailleurs, de plus en plus souvent, ce sont des professionnels de la santé qui nous envoient des enfants. Car l’hippothérapie est reconnue comme thérapie et le cheval comme un élément motivationnel fort. »

Estelle Watterman

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