Vie de parent

Cinq clichés… à chasser de sa tête

Interrogez votre grand-mère ou votre grand-père. Si l’un et l’autre sont nés ici, leur maman, leur papa ou leurs propres grands-parents viennent peut-être d’un autre pays, d’un autre continent.
La Belgique a toujours accueilli des migrants, d’autres pays d’Europe aussi. Pourtant, il y a encore des gens qui craignent l’arrivée des étrangers parce qu’ils croient qu’ils vont prendre leur travail et qu’il n’y aura plus de place pour eux dans leur propre pays. Vrai ou faux ? Passage en revue de quelques idées fausses, appelées aussi clichés.

Cinq clichés… à chasser de sa tête

L’Europe accueille tous les migrants du monde

FAUX. La majorité des migrants se trouve dans les pays du Sud. La plupart d’entre eux (près de 9 réfugiés sur 10) ont trouvé refuge dans les pays voisins.
Un exemple avec la Syrie. Depuis 2011, date à laquelle la guerre a éclaté, 12 millions de Syriens ont fui le conflit pour s’installer dans un coin plus calme du pays ou dans une région toute proche (voir la carte en page 15). Par contre, seulement un peu plus de 1 million de Syriens sont arrivés en Europe pour demander asile. La Belgique devrait déjà en avoir accueilli 3 700, ce qui équivaut à la Grand-Place de Bruxelles pleine de monde. Seuls 206 ont été accueillis à ce jour.

Les migrants ont plus de droits que les Belges

FAUX. Il ne suffit pas d’être un étranger pour avoir droit à un soutien financier ou social. C’est vrai que les migrants qui demandent l’asile ont droit à un hébergement et à de la nourriture durant l’examen de leur dossier. Un geste humain pour qu’ils puissent au moins s’alimenter et avoir un toit. Une fois reconnus réfugiés, ils peuvent séjourner librement en Belgique. Ils ont alors le droit d’y travailler et peuvent demander de l’aide financière au CPAS, par exemple. S’ils ne sont pas reconnus comme réfugiés, ils se retrouvent sans-papiers et n’ont plus l’autorisation de rester en Belgique. En attendant d’être renvoyés dans leur pays, ils peuvent, s’ils sont malades, recevoir une aide médicale d’urgence.

Les migrants prennent notre travail

FAUX. Les migrants font souvent les petits boulots que les Belges refusent parce qu’ils sont pénibles et très mal payés. Même quand les migrants ont un diplôme, ils ne trouvent pas souvent le travail qui correspond à leur métier. On rencontre alors des hommes et des femmes médecins ou ingénieurs qui nettoient des bureaux ou sont serveurs dans les restaurants. Quand les migrants travaillent, ils consomment, ils achètent ou louent des maisons, ouvrent des magasins, des restos, donnent du travail à d’autres personnes, épargnent de l’argent, paient des impôts. Bref, comme nous tous, ils participent ainsi à l’enrichissement de la Belgique.

Les migrants sont plus riches qu’ils ne le disent

FAUX. Les migrants qui traversent la Méditerranée ou l’Europe au péril de leur vie ont parfois dépensé toutes leurs économies pour pouvoir faire ce voyage qui ne ressemble en rien à ceux que nous faisons durant les vacances ! Ils doivent payer des passeurs qui sont souvent de vrais brigands. Ces derniers exigent beaucoup d’argent pour les aider à franchir des frontières ou traverser la mer dans des bateaux pourris. C’est vrai que ces hommes et ces femmes qui arrivent jusqu’en Europe ne sont pas les plus pauvres. Il y a hélas beaucoup de familles qui n’ont pas un sou et qui sont obligées de rester sur place. Sous les tirs et les bombes, s’ils habitent le Moyen-Orient. Sur des terres asséchées et en guerre, s’ils vivent dans la région du Sahel.

Les migrants ont même des smartphones

VRAI. Le smartphone serait-il un signe de richesse aujourd’hui ? Pas sûr ! Ces appareils se trouvent un peu partout pour pas très cher. D’autre part, le smartphone est un objet très important pour les migrants. C’est leur seul moyen pour rester en contact avec la famille ou les amis restés au pays. C’est aussi un moyen précieux pour appeler à l’aide ou trouver son chemin.

Anouck Thibaut

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