Vie de parent

Colloque pour une école inclusive,
on vous dit tout

Au milieu des héros préférés de la Belgique, au Musée Hergé, la Ligue des familles organise une journée de réflexion consacrée à la question de l’inclusion. Principalement celle du handicap à l’école et, plus largement, de la différence dans notre société. Cette journée s’appuie sur une étude de la Ligue, son plan d’action, mais aussi des témoignages d’experts, des initiatives citoyennes et bien sûr des parents. Ligueur oblige, c’est principalement les mots de ces derniers que nous tenons à partager.

Colloque pour une école inclusive, on vous dit tout

Qui a le droit d’exclure ? Qui est la norme ? Deux questions importantes auxquelles la Ligue des familles veut donner des réponses en proposant une réflexion autour de l’école inclusive. Un temps aussi pour que la Ligue renouvelle sa vision, claire et sans appel : chaque enfant, quel qu’il soit est un petit être à besoins spécifiques. Entendez par là que chacun a besoin d’attention particulière.
La suite nous montre bien qu’il est impossible de généraliser le handicap et que chacun de ces petits et sa famille composent une histoire singulière. Belle. Unique. La preuve.

« Il faut croire à ce projet »

Sandrine prend la parole. Cette mère nous relate son expérience avec beaucoup de force. Sa fille Élisa, 13 ans, est atteinte de trisomie 21. Entourée d’une famille aimante, dont cinq frères et sœurs, la petite grandit dans un contexte épanouissant. Rien de plus logique que de la socialiser. Elle communique d’abord par gestes. Mauvais départ. Son intégration démarre mal : « Une Madame qui crie beaucoup et des enfants encore plus ».
Élisa n’est pas bien dans cette école. Sandrine se rapproche alors de l’association Saphir et de l'école le Grand Tour qui œuvrent pour l’inclusion de la petite avec une approche adaptée. Et ça marche. Élisa est même invitée chez des copines pour un anniversaire. Le début d’une vie sociale. « Je réalise alors que je dois lâcher prise », reconnaît Sandrine.
Mieux encore, la maîtresse explique que depuis qu’Élisa est inscrite, la classe est plus solidaire, plus soudée. « Sa différence est perçue comme une richesse », raconte Sandrine. Mais tout n’est pas rose. Sandrine raconte de nombreux croche-pattes, tout au long de la courte scolarisation de sa fille. Mais elle ne s’attarde pas, ne s’obstine pas. Elle conseille aux autres parents : « Il faut croire au projet, se dire que c’est SON école. L’école de SON enfant. »

« Mon fils est plus heureux dans une école adaptée »

S’ensuit l’histoire d’Anne-Marie et de son petit Ruben. Il arrive à l’école sans trop de problèmes. Il est curieux et turbulent. « Il va évoluer », lui assure-t-on. Mais la situation ne s’arrange pas. Et un jour, grosse bêtise : il verse du jus d’orange dans le potage de ses copains.
Une gardienne décide tout simplement de l’enfermer dans un placard. Elle renouvellera cette méthode d’un autre temps à plusieurs reprises. Ruben est traumatisé. Tout s’enchaîne alors, il devient de plus en plus turbulent. Les autres parents d’élèves parlent d’un « fou », d’un « psychopathe ».
Ruben lui-même se décrit comme un « méchant ». Il est temps de changer structure. Et pourquoi pas une plus petite ? Il intègre une petite classe de 14 élèves, toujours dans le fondamental. Catastrophe. Il est relégué au fond de la classe. Il est plus que temps de faire une évaluation. Elle est établie très rapidement. Ruben est type 3. Hyperactif. Il doit changer d’école. Le diagnostic s’arrête là. Anne-Marie n’en saura pas plus.
La maman trouve une école adaptée, Ruben y est bien. Pour la première fois depuis son parcours chaotique, il est content de s’y rendre et ne veut pas en partir. Anne-Marie conclut sur une question importante : « Et pourquoi l’école ne servirait pas à éveiller la joie ? »

Y.-M. V.-L.

Une société plus inclusive, pourquoi ?

La Ligue profite de cette journée pour renouveler son engagement. Elle veut aborder la question de l’inclusion à l’école par le biais d’une approche sociale. Delphine Chabbert, secrétaire politique de l’association, rapportait l’information relatée par La Libre, comme quoi « le handicap est le premier facteur de discrimination à l’école ». Elle rappelle qu’il y va de l’intérêt de tous de s’impliquer dans un projet de société inclusive.
L’étude de la Ligue nous apprend, entres autres, qu’il est fondamental de faire de chaque enfant un élève. Elle relate les pistes d’actions suggérées par les experts interrogés. Parmi celles-ci, la question des tutorats, l’internalisation des compétences dans l’école ou encore l’amélioration des conditions d’accès et l’équipement des professeurs sur les enjeux spécifiques.
Ces objectifs et tant d’autres sont abordés par différentes compétences. Cette matinée s’est achevée sur les expériences et expertises de différents professionnels. S’en sont suivi une table ronde et des débats. Il vous sera possible prochainement de retrouver l’ensemble du colloque sur le site internet de la Ligue des familles.