Vie de parent

Congé parental : pas assez rémunéré pour les papas ?

Sur l’ensemble des parents qui n’ont pas pris de congé parental (53 %), 21 % d’entre eux précisent que l’indemnisation du congé est trop peu élevée. 18 % disent qu’ils n’ont pas envie de le prendre… Ils sont 9 % à ne pas savoir que ce congé existe, 9 % qui croyaient ne pas y avoir droit et 7 % qui affirment ne pas y avoir droit.

Congé parental : pas assez rémunéré pour les papas ?

Gageons que parmi les 35 % de parents qui ont pris un congé parental, la majorité sont des mamans. Parmi les parents qui ont pris un congé parental en intégralité, 72 % sont des femmes alors que les hommes ne sont que 38 % à avoir assumé une partie de ce congé.
Le peu d’enthousiasme des pères face à ce congé (encore que chaque année, ils le seraient un peu plus !) s’explique sans doute par sa trop faible rémunération - 750 € par mois. Un frein financier qui joue aussi pour les parents solos (23 %) et chez les parents aux trop faibles revenus. Impossible de boucler ses fins de mois avec un montant aussi peu élevé.
Pour les parents qui peuvent se le permettre, le temps qu’offre le congé parental est, pour 78 % d’entre eux, entièrement consacré aux enfants. Et pour 34 %, aux tâches ménagères. Certains parents utilisent aussi ce précieux temps pour eux-mêmes - 16 % des parents (dont une forte proportion de papas) disent l’investir dans des loisirs - ou 13 % pour leur conjoint (dont toujours une forte proportion d’hommes).

► Bernard Fusulier, professeur à l’UCL : « L’ensemble des mesures pour une meilleure conciliation des temps est tellement complexe »

Je suis étonné du grand nombre de parents qui répondent encore qu’ils manquent d’informations sur le congé parental alors qu’il existe depuis un certain temps ! Il y a donc encore un effort à mener pour que l’information circule de façon claire, notamment dans les milieux professionnels. Je crois que les parents confondent aussi congé parental et congé de paternité. Il faut dire que l’ensemble des mesures pour une meilleure conciliation des temps est tellement complexe que cela en devient nébuleux.
Je suis aussi heureusement surpris du nombre de femmes et d’hommes qui sont intéressés par ce congé parental. Et s’il y a un quart des parents, particulièrement les hommes, à le refuser parce qu’ils ne veulent pas pour certains avoir l’image d’un parent maternant, il faut respecter leur choix. Ce n’est pas pour autant qu’ils ne sont pas engagés dans l’éducation de leurs enfants.
Enfin, je voudrais insister sur le fait que le congé parental, malgré son nom, n’est pas du temps libre, mais un travail d’éducation qui est au cœur de l’évolution de notre société. Octroyer une rétribution plus élevée à ce travail pourrait faire en sorte qu’on le reconnaisse enfin comme un investissement social sur le moyen et long terme, un moyen de renforcer la cohésion sociale.

Déjà en 2015, des parents nous disaient…

Vania, deux enfants de 2 et 7 ans
« Mon compagnon travaille régulièrement à l’étranger et les grands-parents habitent loin. Alors, certains jours, organiser les journées, c’est de l’ordre du gymkhana. Je dois faire appel à ma voisine ou, faute de mieux, à deux de mes collègues prêtes à me dépanner. Quand le papa est là, on s’y retrouve grâce à un agenda partagé. Le numérique, pour ça, c’est magique. »

Lena, une fille de 3 ans et un bébé très bientôt
« Je suis tout à fait intéressée par ce genre de parenthèse idyllique qui consiste à accomplir et la femme et la mère sur un même plan. Malheureusement, c'est impossible pour nous financièrement. Nous ne sommes pourtant pas à plaindre, mais le coût de la vie est tel que nous sommes à une centaine d'euros près chaque mois. Nous ne pourrions pas baisser nos salaires, sans quoi nous serions dans le rouge sans arrêt. Avec un loyer ou un crédit à rembourser, une crèche pour le premier, les courses et compagnie, impossible de faire des coupes dans le budget. »

Myriam, deux fils de 3 et 5 ans et demi
« C’est drôle, on cite le sommeil, l’activité physique, la malbouffe, mais personne ne parle d’amour. L’autre jour, alors que je commençais ma troisième vie à 21h bien tapées - vous savez, ces quelques heures précieuses où vous pouvez être toute à vous -, je suis tombée sur une phrase de Naouri, pédiatre ô combien contesté. Elle disait ceci : « Dès le retour de la maternité, il faut donner priorité au couple et non à l’enfant. Avec cette première frustration, le bébé ressent qu’il ne dispose pas de sa mère à 100 % ». Eh bien, vous savez quoi ? Ces quelques mots m’ont fait un bien fou ! »

Myriam Katz

La Ligue des familles constate…

… que les dispositifs actuels pour prendre du temps avec les enfants ne séduisent pas tous les parents. Ils souhaiteraient d’autres dispositifs plus adaptés à leur réalité de vie. Par exemple, un congé de conciliation plus flexible que le congé parental. Des pistes innovantes que la Ligue des familles est décidée à explorer.

En pratique

Alors que les congés de maternité et de paternité sont destinés à la période qui entoure la naissance de l’enfant, le congé parental peut être pris jusqu’aux 12 ans de l’enfant et ce, de manière fractionnée.
Il est également important de rappeler que chaque parent a droit individuellement au congé parental. Le congé parental peut être pris sous la forme d’une interruption à temps plein, à mi-temps ou d’une réduction de 1/5e temps de l’activité professionnelle.
Lors du congé parental, les allocations octroyées tous les mois par l’Onem (barème au 01/09/2018 pour les travailleurs/travailleuses de moins de 50 ans) s’élèvent à :

  • 834,90 € bruts (750,33 € nets) pour une interruption complète,
  • 417,44 € bruts (345,85 € nets) pour une interruption à mi-temps,
  • 141,62 € bruts (117,34 € nets) pour une interruption de 1/5e temps.

Qui a répondu ?

1 315 adultes de 18 ans et +, vivant au moins à temps partiel avec au moins un enfant ou bel-enfant de 0 à 25 ans, résidant en Wallonie ou à Bruxelles, ont répondu au questionnaire entre le 8 et le 22 octobre 2018. L’institut de sondage Ipsos, qui a réalisé l’enquête, a appliqué des quotas sur le sexe, l’âge et la région des répondant·e·s. La marge d’erreur est de +/- 2,7 %. Vous pouvez trouver l’analyse complète avec tous les chiffres sur liguedesfamilles.be

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