Vie de parent

Eden, paradis inclusif

Rappelez-vous. Il y a un peu moins d’un an, la Ligue des familles et l’Awiph couronnaient le projet très inclusif de l’Eden à l’occasion des Wippy d’Or (voir encadré). Sous l’impulsion de son directeur, Fabrice Laurent, le Centre culturel de Charleroi s’est ouvert à toutes les différences. Aujourd’hui, ils persistent et signent. L’équipe propose trois spectacles en audiodescription.

Eden, paradis inclusif

Début d’année, 2015 sort tout juste du four. Le Ligueur ouvre une toute nouvelle page : une rubrique consacrée à toutes les inclusions. Nous ouvrions le bal avec l’Eden de Charleroi, notre favori des Wippy d’or. Pourquoi ? D’abord pour son approche pluridisciplinaire et familiale. Dans le désordre : formation de toute l’équipe et des bénévoles à l’accueil des personnes porteuses de handicap, sécurisation des escaliers, aménagement d’une entrée pour les personnes à mobilité réduite (PMR). Lorsque nous avions rencontré Fabrice Laurent et sa complice Carmela Morici, chargée des relations publiques et de communication du lieu, ils confiaient : « Nous n’avons pas l’impression d’avoir accompli des prouesses, mais simplement d’avoir laissé parler le bon sens. »

Cultiver l'ouverture

Tout part d’une volonté d’ouvrir le lieu, de le rendre visible et accessible à tous. Rien n’est laissé au hasard. L’Eden s’entoure de spécialistes. Pour les questions de mobilité et d’accessibilité, le lieu consulte Altéo et Plain-Pied. Pour tout ce qui touche aux déficiences visuelles, le Centre s’appuie sur l’expertise des Amis des aveugles et de l’ONA. Côté accueil, chaque travailleur adopte les bons réflexes. « Serge Van Brackel de Horizon 2000 a sensibilisé le personnel à la question de l’inclusion. De toutes les inclusions. Sa grande force, c’est qu’il dédramatise par des jeux de rôle, des mises en situation. Son enthousiasme est tel qu’il est encore partagé par notre équipe aujourd’hui », rejoue le directeur.
Tout le staff opère alors avec une véritable vision à 360 degrés. « On travaille de façon ascendante, explique Fabrice Laurent. Lorsque l’on se prétend lieu éclectique, il faut cultiver l’ouverture comme une attitude. La presse focalise sur nos aménagements, mais notre volonté, c’est d’aller encore plus loin. On aimerait éclater la vision et la définition de la culture. C’est un véritable cercle vertueux. »

Il suffit juste de s’y mettre

Les protagonistes reconnaissent qu’ils ont mis le doigt dans un engrenage qu’ils ne sont pas prêts de lâcher. Eux qui pensaient se frotter à plein d’embûches débordent d’envie.
« Avant de m’attaquer au dossier, je m’imaginais le pire, évoque Carmela. Par où commencer ? Comment s’y prendre ? On s’en faisait toute une montagne. Rien n’aurait été possible sans les précieux conseils d’Article 27 et de l’Afrahm qui ont préconisé tout un tas de petites dispositions et d’attentions particulières à intégrer. »
Un exemple ? Sans hésiter, mes hôtes racontent la fois où une petite fille avec une déficience visuelle est venue assister à un spectacle, accompagnée d’un groupe de spectateurs. Tout juste formée, une membre de l’équipe l’a prise en charge et l’a présentée aux comédiens qui lui ont expliqué ce qui allait se dérouler. L’hôtesse n’aurait certainement pas eu ce réflexe sans formation.

Trois spectacles en audiodescription

L’envie d’aller plus loin ne se tarit pas. La preuve, aujourd’hui, avec ces spectacles audio adaptés. De quoi s’agit-il ? Une séance en audiodescription consiste à rendre les spectacles accessibles aux personnes aveugles ou malvoyantes grâce à une voix off qui décrit les images et les situations scéniques. L’Eden travaille en collaboration avec Audioscenic ASBL.
« L’idée c’est de choisir en début de saison les programmes les plus visuels possibles. Adapter un seul en scène, par exemple, ne sert pas à grand-chose. Notre équipe détaille déjà chaque mise en scène aux déficients visuels. Nos spectacles sont tous accessibles », explique Carmela. Une comédienne assiste aux pièces, en amont. Elle prend des notes pour pouvoir décrire tout ce qui est jeu, costume, aspect des comédiens et repères visuels de la manière la plus efficace possible, en régie, en direct pendant la pièce, sans gêner les autres spectateurs.
« L’an dernier, nous avions adapté une pièce, Sunderland, sorte de Ken Loach en plus drôle. Pour l’humour verbal, tout le monde riait ensemble, mais pour l’humour gestuel, la salle s’esclaffait et on entendait le public avec une déficience visuelle rire quelques secondes après. C’était génial. Les comédiens nous ont d’ailleurs confié que c’était la première fois qu’ils jouaient devant autant de chiens d’aveugles, ils étaient amusés et impressionnés ! » Cette saison, les séances en audiodescription se jouent le 16 octobre prochain, il s’agira d’une adaptation du Comte deMonte-Cristo. Ensuite viendront On ne badine pas avec l’amour (le 19 février) et Les bonnes (le 29 avril). Alors, pourquoi ne pas se cultiver tous ensemble ?

Yves-Marie Vilain-Lepage

Demandez le programme

L’audiodescription est proposée gratuitement. Les prix des spectacles ne sont pas majorés. 14€ en prix plein, 9€ si abonnement. Les réservations se font au 071/202 995 ou sur place à l’Eden, du lundi au vendredi de 11h à 17h en précisant que la place souhaitée est en audiodescription.  

Les Wippy d’or

Nous parlions des Wippy d’or plus haut. Ces trophées de l’inclusion, sont organisés par notre partenaire Awiph. Cette année, le thème est : « Des loisirs inclusifs pour les enfants en situation de handicap (3-18 ans) ». L’objectif est de récompenser les porteurs de projets qui favorisent l’intégration harmonieuse d’enfants en situation de handicap dans le respect de leur différence. Tout le monde peut y participer, n'hésitez pas à soumettre votre candidature ici. Dépêchez-vous, vous avez jusqu'au 20 octobre.

La Ligue pour les différences

Le 21 octobre, La Ligue des familles lance sa campagne en faveur d’une société plus inclusive. Surveillez donc de près le prochain Ligueur qui dévoile en exclusivité visuels, clips, engagements et même making of. Nous ne manquerons pas de tout vous expliquer ici-même. Prenez date !