La Ligue en action

Enquête : concilier sa vie de famille
et son travail

Plus de 1 parent sur 2 l’avoue : travailler tout en étant parent reste difficile, voire très difficile. Un « en même temps » qui se corse quand on est une femme doublée d’une maman. Les mesures mises en place par les politiques ne seraient-elles pas suffisantes ? Que faudrait-il pour que le monde du travail devienne davantage parents admis ? La Ligue des familles vient de clôturer une enquête pour mieux comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les parents-travailleurs. Vous trouverez tous les résultats sur liguedesfamilles.be. Quant au Ligueur, il a choisi d’explorer les chiffres qui concernent davantage les papas afin d’approcher au mieux leur situation et leurs attentes (même si ce sont les mamans qui ont majoritairement répondu à l’enquête !).

Enquête : concilier sa vie de famille et son travail

Les papas sont aussi tiraillés entre leur boulot et leurs enfants…

15 % des papas interrogés disent ramer en permanence pour concilier leur travail et leur vie de parent. Les mamans sont à peine plus nombreuses avec 17 %. Ils sont 37 % contre 45 % des mères à se retrouver souvent en difficulté pour mener de front leur boulot et leurs enfants. Et 37 % également à éprouver cette difficulté de temps en temps alors que les mères ne sont plus que 32 %.

Si nous étions cyniques, nous qualifierions ces chiffres d’encourageants puisqu’ils suggèrent que les pères mettent de plus en plus la main à la pâte. Sauf que cela ne console personne de voir des papas tirer la langue à leur tour pour faire tourner le grand carrousel familial. Ces pères semblent en tous les cas se mettre moins à l’abri des tâches domestiques que leur propre paternel (appartenant à la génération dite soixante-huitarde !)  Parce qu’ils ont bénéficié d’une éducation plus ouverte ? Sous la pression de leur compagne ? Dans notre Baromètre daté de décembre 2017, 50 % des parents appelaient au secours leur conjoint ou conjointe pour s’occuper des enfants à la maison. Cet appel lancé surtout par les mamans (du moins, on l’imagine) semble être aujourd’hui toujours plus entendu. Ouf !

… malgré des horaires de travail plus souples

57 % des parents jugent avoir une certaine liberté pour gérer leurs horaires au boulot. Parmi eux, 62 % sont des papas et 77 % sont des parents déclarant avoir un revenu par ménage de plus de 5 000 € net. Face à ça, 43 % des parents n’auraient pas la liberté de gérer leurs horaires de travail. Parmi eux, 47 % sont des femmes, 61 % des parents qui touchent moins de 2 000 € net par ménage et 58 % d’entre eux travaillent à mi-temps.

Ces chiffres ne sont que la confirmation de ce que l’on sait : plus on gagne de l’argent, plus il y a des chances qu’on appartienne à la catégorie des cadres, plus on a de la latitude pour aménager ses horaires au boulot. Et comme souvent encore dans cette société qui reste construite sur le modèle masculin, mieux vaut être un homme riche… et évidemment en bonne santé !
Quant aux femmes, on le sait, elles sont nombreuses à choisir par nécessité un boulot à temps partiel pour s’assurer d’avoir du temps à consacrer à leur·s enfant·s. Une souplesse… imposée ! (Les mamans sont 41 % dans notre enquête à se déclarer à temps partiel contre 10 % des papas !)
Mais restons positif : si plus de 1 parent sur 2 se dit libre de gérer ses horaires plus ou moins comme il veut, c’est déjà une bonne nouvelle.

Le télétravail, une des solutions pour aider les parents

47 % des parents bénéficient d’horaires flottants et 31 % du télétravail. 18 % ont la possibilité d’avoir des horaires flexibles selon les semaines et 14 % peuvent s’arranger pour avoir des réunions dans la tranche horaire qui les arrange.

Les solutions mises en place par les employeurs restent assez classiques. Ces derniers jouent surtout sur la flexibilité des horaires. En proposant un horaire flottant qui permet, par exemple, aux parents d’arriver au travail une heure plus tard, le temps de conduire leur·s enfant·s à la crèche ou à l’école.
Autre type de flexibilité : les horaires qui varient selon les semaines. Une solution pour les parents séparés qui peuvent abattre davantage d’heures de travail la semaine où ils n’ont pas la garde de leur·s môme·s. Enfin, certains employeurs ne fixent plus de réunions après 17h ou très tôt le matin, les plus mauvaises heures pour les parents chargés de déposer ou de reprendre petits et plus grands à la garderie de l’école.
Il reste la solution du télétravail qui refait parler d’elle ces derniers temps et qui serait en train de se développer. On observe que ce sont les parents qui ont un revenu par ménage supérieur à 5 000 € qui bénéficient de ce mode d’organisation. Logique, puisque ce dernier convient surtout à des tâches de bureau ou à un travail intellectuel porté principalement par des cadres. Cette solution semble permettre une conciliation des temps beaucoup plus harmonieuse. Pas étonnant que 45 % des parents l’appellent de leurs vœux.
Remarque : 2 parents sur 5 dont le revenu du ménage est inférieur à 2 000 € ne profitent d’aucun dispositif mis en place par leur employeur ! 

Congé de paternité : les papas veulent être sur le même pied que les mamans

Les pères sont 37 % à revendiquer un congé de paternité de 15 semaines. Et 11 % des parents (mamans comprises donc) le souhaitent obligatoire. 46% des parents souhaitent un congé de conciliation. Quant au congé parental, il pourrait être mieux rémunéré pour 35 % des parents, plus long pour 28 % et plus souple pour 15 % des parents. 37 % des parents réclament un congé rémunéré pour enfant malade.

Les nouveaux pères (plus très nouveaux !) sont bien arrivés. Non seulement, ils disent souffrir presque tout autant que les mères du manque de temps pour mener à bien leur vie de parent, mais ils revendiquent des congés de paternité d’une longueur équivalente à celle du congé de maternité, à savoir 15 semaines. Ces papas semblent montrer plus d’engouement pour ce type de congé que pour le congé parental, trop peu rémunéré (750 € par mois) et donc réclamé davantage par les mamans. Elles sont d’ailleurs 32 % à l’espérer plus long. À noter que la faible rémunération de ce congé parental décourage toute famille à petits revenus qui ne peut vivre sans un salaire complet.
Mais c’est le congé de conciliation - un certain nombre d’heures par an pour faire face aux imprévus, par exemple - qui remporte tous les suffrages. Ce sont les parents à plus faibles revenus (- de 2 000 €) et particulièrement les parents solos (ils sont 51 % à l’avoir choisi) qui sont séduits par ce type de congé. Les pourcentages remportés par ce dernier croisent ceux des congés rémunérés pour enfant malade choisis par 47 % des parents avec un revenu par ménage qui ne dépasse pas également les 2 000 €.
Tout cela indique une fois de plus que le manque de coups de pouce extérieurs à la famille, l’absence de réseaux et les faibles revenus font un cocktail qui complique sérieusement la vie de parent.

Les papas sont moins présents au petit déj’ ou au souper

28 % des pères déclarent avoir un horaire atypique contre 19% des mères. Mais ils sont 22 % des parents à vivre ces types d’horaires. 

Mais c’est quoi, des horaires atypiques ? Ce sont ceux qui concernent tous ces parents qui travaillent la nuit, le week-end ou très tôt ou très tard en semaine et qui ne peuvent pas aller faire de la trottinette le dimanche au bois ou déposer ou aller chercher leur petit, petite à la garderie et souper en famille. Certains cumulent les horaires hors cadre puisque les répondants pouvaient donner plusieurs réponses.
La plupart de ces répondants qui vivent à contresens du rythme familial sont des papas, même si on observe que 37 % des parents qui travaillent à mi-temps et qui seraient plutôt des mamans sont également concernés par ces rythmes atypiques.
Autre observation : peu de cadres parmi ces 22 % de parents-travailleurs, mais des parents qui ont de faibles revenus (moins de 2 000 € net par ménage).

Myriam Katz

Qui êtes-vous ?

Vous êtes plus de 4 000 à avoir répondu entre le 17 septembre et le 7 octobre à notre enquête en ligne. 73 % d’entre vous ont un ou deux enfants. 37 % se déclarent famille nombreuse. Et 13 % vivent seul(e) avec leurs enfants. Cette enquête s’adressait aux parents d’enfant de 1 jour à 25 ans qui travaillent ou qui sont en recherche d’emploi. Une majorité d’entre vous sont salariés ou fonctionnaires. 7 % se déclarent indépendants et 4 %, demandeurs d’emploi. La moitié d’entre vous ont un revenu du ménage net qui va de 2 000 € à 4 000 €. Les hauts revenus sont proportionnellement plus nombreux que les bas revenus.

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