Vie de parent

Éric et Katia, reçus 7 sur 7 à Sombreffe

Direction Sombreffe, entre Namur et Nivelles, pour rencontrer notre deuxième famille disposée à nous raconter son déménagement et l’accueil reçu dans sa nouvelle commune dans le cadre de notre campagne ICIOCI. Surprise ! Pour arriver chez Éric et Katia, nous quittons la chaussée qui traverse le village de Sombreffe. Nous nous retrouvons au milieu des champs avant d’atteindre un hameau isolé de quelques habitations. Au téléphone, ils nous avaient parlé d’un lieu-dit : Vieille-Maison. Tout un programme !

Éric et Katia, reçus 7 sur 7 à Sombreffe

Arrivés devant leur porte, nous sommes attirés par une plaque fixée sur la façade qui ragaillardit notre humeur : Ferme du Vigneron ! Nous nous mettons à rêver de vignes sur une colline à l’arrière du bâti daté de 1830, avec son corps de logis, sa grange attenante et quelques annexes. Que nenni ! Éric remet d’emblée nos pendules à l’heure : « Le dernier fermier exploitant s’appelait simplement Monsieur Vigneron. Les habitants qui ont suivi s’en sont inspirés pour donner un nom à la maison. Rien à voir avec la vigne ! ».
Par contre, l’ambiance campagnarde est bien au rendez-vous et l’accueil chaleureux. Nous sommes installés à la vaste table de cuisine sur laquelle s’étalent les ingrédients du futur repas qu’Éric et Katia vont préparer, ensemble, pendant que nous leur poserons nos questions. Accrochées aux fenêtres, des guirlandes de piments récoltés au jardin… Au menu, une « munstiflette » à base d’un Munster aux odeurs prenantes. Un repas bien robuste pour une famille qui ne l’est pas moins.
Éric et Katia ont sept enfants de 16 à 27 ans. Certes, les deux aînés travaillent et vivent désormais en dehors de la maison. Mis à part le quatrième enfant parti comme bénévole dans une école au Sénégal, le quatuor restant a suivi les parents dans leur nouvelle demeure. Deux travaillent, deux vont à l’école.

Un amour de cheval

Avant Sombreffe, ils ont vécu dix-huit ans dans une grande maison classique, à proximité de la gare de Gembloux. Pratique avec autant d’enfants, surtout que monsieur ne conduit pas ! « S’installer près d’une gare était un choix destiné à nous faciliter la vie, malgré la situation bruyante de la maison au bord d’une chaussée très fréquentée », explique Éric.
Katia embraie : « Nous avons malgré tout construit la maison du bonheur avec huit chambres et un grand jardin. Tout cela a contribué à l’épanouissement de chacun et apporté une indépendance à nos enfants. Leurs copains trouvaient chez nous une maison ouverte à tous. »
Espace, jardin, transports publics, on s’interroge dès lors sur les raisons qui ont poussé Éric et Katia à quitter cette habitation. « Deux de nos filles sont passionnées d’équitation. Dans nos rêves les plus fous, nous souhaitions aménager une ferme plus en phase avec l’évolution de notre vie. Nous avons trouvé le petit bijou rêvé à quelques kilomètres de chez nous, au calme et en pleine nature. Nous avons pris la décision de venir nous exiler dans un trou perdu, même si on est à 300 m du RAVel et à 1 km et demi d’une chaussée. Ce n’est pas le bout du monde ! »
Aucun regret donc ? « Non, nous avons, pour la première fois de notre vie, pris une décision pour nous et nos vieux jours et pas pour les enfants qui râlaient un peu, surtout les garçons plus urbains que ruraux, se souvient Katia mais aujourd’hui, ils reconnaissent que le lieu est super et ils s’habituent petit à petit aux vélos, bus, trains, etc. » 

Une commune dynamique

Dès l’inscription à l’administration communale, les impressions ont été positives. « Nous avons reçu un catalogue avec toutes les activités du mois. L’accueil pour la reprise de la poubelle à puce a été sympa et efficace », explique Éric. Et puis, il n’y a pas que l’administratif.
« Un ami impliqué dans la vie communale nous a apporté un panier de bienvenue avec des produits locaux et les cartes de visite de producteurs. Via cet ami, nous avons rencontré pas mal de monde. C’est un trait d’union. Nous avons aussi découvert le marché communal hebdomadaire, ce qui nous a permis de profiter d’une dynamique locale. Ce marché se tient autour du local des colombophiles, des ‘coulonneux’ comme on dit chez nous, une vraie institution au cœur du village. On y a bu un verre dans une ambiance sympa et authentique, même si c’est un café avec ses habitués qui nous ont d’abord regardés avec un drôle d’air », sourit Éric, manifestement pas le dernier à aller serrer les pinces et lever le coude !
Nombreuses sont les initiatives reprises dans la brochure de la commune auxquelles ils n’ont pas tardé à s’intéresser, comme la Donnerie sombreffoise, le petit déjeuner d’Oxfam ou la Fête de la jeunesse. « Ils y ont projeté le film Demain, suivi d’un débat. J’ai fait la connaissance d’un habitant qui a lancé une initiative citoyenne, Sombreffe en transition. Ce collectif se met en place et j’ai décidé de m’y joindre, détaille Éric. Une commune peut faire beaucoup pour la dynamique locale en créant du lien. »

Vive les Gilles

Leur hameau se résume à trois rues et quelques maisons, mais Éric et Katia n’ont pas le tempérament de vivre repliés sur eux-mêmes. « Dès notre arrivée, il nous a semblé logique d’aller saluer nos nouveaux voisins. Celui d’en face, Benoît, nous a invités à participer à son ‘bossage’ de Gille qu’il organise annuellement en tant que membre d’une société de Fleurus. Je m’y suis rendu avec une de mes filles et j’ai pu participer à cette cérémonie importante du carnaval. Nous y avons fait la connaissance de pas mal de monde. Notre voisin a offert à mon épouse des oranges et un fil d’or d’épaulette de Gille. Ce petit fil symbolique scelle une amitié naissante. Il porte bonheur à celui qui le garde près de lui. Mon épouse l’a mis dans son sac, à l’abri d’une petite poche et le garde précieusement… »

Merci la tempête

Les circonstances aident aussi à rapprocher les gens. Peu après leur arrivée, survient une impressionnante tempête, entraînant quelques dégâts dont la chute d’un tilleul dans leur jardin.
« Tout le monde était dans la rue et allait d’une maison à l’autre pour voir s’il n’y avait pas de souci, se souvient Katia. Le voisin d’en face est venu nous aider avec sa tronçonneuse tout un après-midi. Je pense que l’isolement fait que l’on se sent plus proches. Il y a encore un esprit de village. »
Par la suite, ils discuteront avec d’autres voisins de l’usage d’une prairie pour les chevaux. Avec une voisine du fond de leur propriété, qui possède un grand terrain et voudrait créer un habitat intergénérationnel, ils ont le projet de réaliser un potager partagé basé sur la permaculture.
Certes, « le voisinage peut être la meilleure et la pire des choses, concède Éric. On sait que certains peuvent vous faire les pires ennuis en cas de problème. De plus, Vieille-Maison, c’est une rue passante assez dangereuse avec quelques fermes où chaque famille vit dans sa cour arrière. Il n’y a pas de vie de rue. On rêve d’organiser des fêtes d’Halloween, de la Saint-Jean, des Voisins. Libre à nous d’organiser tout cela ! »
Ce qui l’amène à conclure en s’inspirant de Kennedy qu’il ne faut pas regarder tout ce que l’État peut faire pour nous, mais tout ce que nous pouvons faire pour l’État, la collectivité…

Michel Torrekens

Racontez-nous…

Vous avez des familles fraîchement arrivées dans votre commune ? Comment leur souhaitez-vous la bienvenue ? Racontez sur liguedesfamilles.be/icioci, les fêtes d’accueil ou tout autre événement que vous et/ou vos voisins organisent pour permettre à ces parents et enfants de vous rencontrer.
 

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