Vie de parent

Le Bienvenu expulse les préjugés
sur les migrants

Exit… les préjugés et les a priori négatifs qui entourent les migrants. Le Bienvenu, initié par Amnesty International et d’autres organisations, sort un faux journal pour proposer une vraie information sur les réfugiés.

Le Bienvenu expulse les préjugés sur les migrants

 « J’habite près d’un centre, est-ce que je peux faire mon jogging ? », « Oui, mais en faisant attention de bien s’échauffer ». C’est avec une pointe d’humour que s’ouvre Le Bienvenu ce mardi. Le faux journal distribué gratuitement ce jeudi dans les gares de Bruxelles et de Wallonie par de nombreuses associations, syndicats et mutuelles, démonte les préjugés et les mensonges liés à l’accueil des réfugiés.
Amnesty International, qui est à l’initiative de la publication, est agréablement surpris du succès de son canard unique. « Les associations se l’arrachent. Les gens qui en ont entendu parler à la radio le demandent. On ne s’attendait pas à ce que ça parte aussi vite », se réjouit Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. Il compte en réimprimer quelque 50 000 exemplaires pour répondre à l’incroyable demande. « Les organisations avaient besoin d’un outil accessible, pas cher (gratuit) et qui réponde à ce qu’on entend trop souvent dans les médias et sur les réseaux sociaux à propos des migrants. »
Le Bienvenu, qui fait un gros clin d’œil à Sudpresse qui avait choqué suite à son « ignoble » titre sur les migrants, offre aux gens la possibilité de connaître les faits. « On voulait profiter de l’occasion pour dire ce qu’on pense de la manière dont les médias traitent l’information et proposer du contenu qui reflète la réalité. »

Humanité

Le Bienvenu qui se veut populaire (mais non populiste) explique les chiffres, la réglementation européenne  en matière d’accueil, de protection et de statut des demandeurs d’asile (Convention de Genève), mais aussi leurs droits (logement, accompagnement, accès au marché du travail…), pour qui a besoin d’une piqûre de rappel.
Le média, à parution unique, rappelle aussi que les migrants ont quitté leur pays d’origine pour sauver leur peau et celle de leur famille, qu’ils ont fui les bombes, les persécutions, la tortures, des menaces de mort et ont rejoint cahin-caha l’Europe en espérant pouvoir reconstruire une vie digne et un avenir pour leurs enfants.
On peut y lire aussi des récits. Celui du quotidien d’un Syrien réfugié au Liban. Celui d’une femme violée dans sa maison par des militaires… Et que, malheureusement, le cauchemar des migrantes ne s’arrête pas à la frontière. Que de nombreuses femmes sont victimes de harcèlement ou de violences sexuelles tout au long de leur périple d’asile. Alors, qui doit avoir peur ?

Solidarité

Comme le souligne la Plate-forme Mineurs en exil, les 97 parents et enfants qui avaient passé la nuit dans le bâtiment du Samusocial au petit-rempart la nuit du 26 au 27 avril, se sont retrouvés de nouveau à la rue le lendemain. « Dès lundi, il n'a pas d'autre solution d'urgence prévue pour ces familles avec enfants », explique sur son site web La Plate-forme Mineurs en exil qui continue à tirer la sonnette d'alarme.
Parce que Le Bienvenu se veut aussi solidaire et positif, il évoque les possibilités d’héberger, à bas coûts, des familles de migrants (à Ottignies). Et peut-être les familles wallonnes pourront-elles, à l'avenir, loger des réfugiés, moyennant « une aide financière de l'État ». C’est l'idée portée par le président du Parlement de Wallonie, André Antoine. « J'en connais beaucoup qui se sont manifestés pour accueillir soit un mineur migrant isolé, soit un adulte, soit encore une maman avec des enfants… Il y a énormément de générosité dans notre société, et il faut la stimuler ». Alors, pourquoi pas vous ?

Stéphanie Grofils

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