Vie de parent

Migrants sans parents (MENA) : comment se débrouillent-ils ?

Dans la foulée du dossier du Ligueur du 26 avril sur les migrants, intéressons-nous aux enfants et aux jeunes qui, avec ou sans leurs parents, quittent leur pays pour arriver chez nous.

Parmi les migrants (cliquez ici pour bien comprendre la différence entre migrants et réfugiés) qui fuient leur pays et traversent l’Europe pour arriver chez nous, les enfants et les adolescents sont encore plus vulnérables que les autres. Plusieurs raisons, faciles à comprendre, expliquent que leur voyage est encore plus dangereux que celui des adultes.

20 % C’est la proportion d’enfants parmi les réfugiés qui arrivent chez nous, notamment en traversant la Méditerranée. Ils voyagent avec ou sans leurs parents.

Ainsi, les bébés et les très jeunes enfants risquent d’attraper des maladies graves comme la pneumonie. Ils peuvent aussi glisser des mains de leurs parents lorsqu’ils naviguent sur de petites embarcations sur la mer. Certains enfants migrants ont aussi une maladie grave ou sont porteur d’un handicap, ce qui rend le voyage encore plus compliqué pour eux. Autre danger, pour les enfants : ils risquent de se perdre dans la cohue lors du passage d’une frontière ou encore lorsqu’ils embarquent dans un bateau, un camion, un bus. S’ils sont séparés de leurs parents, ces enfants migrants encourent encore d’autres danger : ils peuvent faire de mauvaises rencontres et être pris dans des réseaux où ils seraient, par exemple, abusés sexuellement ou vendus pour de l’argent. (Dans ce cas, on dit aussi qu’ils sont pris dans un trafic d’enfants). Enfin, certains mineurs adolescents migrent seuls sans leurs parents et ce, dès le départ de leur pays. Eux aussi risquent d’être pris dans des réseaux ou dans un trafic d’enfants ou d’adolescents. Autre difficulté : puisque migrer coûte cher, ces jeunes n’ont pas toujours l’argent nécessaire pour poursuivre leur voyage.

Un MENA n'est jamais renvoyé dans son pays d'origne

Les enfants migrants qui arrivent en Belgique sans leurs parents sont ce que l’on appelle des MENA (mineurs étrangers non accompagnés, voir définition ci-dessous). À leur arrivée en Belgique, ces enfants et ces jeunes vivent d’abord dans un Centre d’orientation et d’observation : on vérifie s’ils sont bien mineurs et si leurs parents ne sont pas malgré tout aussi en Belgique. Ensuite, ils partent vivre dans d’autres centres d’accueil spécialement pour eux, notamment ceux mis en place par la Croix-Rouge : là, ils partagent leur quotidien avec d’autres jeunes qui sont dans le même cas qu’eux et sont aidés et encadrés par des éducateurs. En plus de ces derniers, chaque MENA se voit attribué un tuteur, soit un adulte qui se porte volontaire pour l’aider, notamment dans ses démarches administratives, mais aussi à retrouver la trace de ses parents. Ces jeunes migrants vont aussi à l’école et peuvent avoir des activités (sport, mouvement de jeunesse) en dehors de leur scolarité. Et lorsqu’ils ont 16 ans, ils apprennent progressivement à se débrouiller et à vivre tout seul, un peu comme tous les adolescents qui vivent ici avec leurs parents.
Important à savoir, pour terminer : contrairement aux migrants adultes, les MENA ne peuvent en aucun cas être renvoyés dans leur pays, même si leur demande d’asile est rejetée par la Belgique.

DICO
Mineur non accompagné
Un mineur non accompagné est un enfant ou un adolescent qui se trouve en dehors du pays dont il possède la nationalité sans être accompagné par ses parents ou tout autre adulte qui veillerait sur lui car il est sous sa responsabilité. En raison de leur jeune âge, ces migrants mineurs ont des difficultés spécifiques. Ils sont aussi soumis à d’autres dangers que les adultes.
Attention : si en Belgique, on est considéré comme mineur jusqu’à son 18e anniversaire, il n’en va pas de même dans tous les pays du monde.
(Définition basée sur celles de l’OIM, l’Organisation internationale pour les migrations)
La loi belge précise aussi ce qu’est un MENA (Mineur étranger non accompagné) : un mineur (moins de 18 ans) qui en Belgique sans ses parents (ou un autre adulte dont il est sous la responsabilité) et qui arrive d’un pays hors de l’Union européenne. Ce MENA a demandé l’asile à la Belgique ou pas (dans ce cas il n’a pas de titre de séjour).

Anouck Thibaut

Comment devenir tuteur d'un MENA ?

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