Migrants : tuteur ou parrain,
il y a de quoi faire

Sur la question des migrants, on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour continuer à réfléchir ensemble. La Ligue des familles a organisé plusieurs rencontres à travers le pays. Ce qu’il en ressort ? Vous avez besoin d’informations pour agir en tant que parrain ou tuteur. Voici de plus amples informations.

Migrants : tuteur ou parrain, il y a de quoi faire

Article après article, on le voit bien : vous êtes nombreux à vous soucier du sort des migrants. À la fois dans l’ensemble du pays, mais partout à travers l’Europe. La Ligue a organisé plusieurs rassemblements aux quatre coins de la Belgique francophone pour vous sonder à propos des actions que vous aimeriez voir germer. Il en est ressorti des tas de choses stimulantes.
La première, c’est de voir à quel point les prises de décision politiques - ou à l’inverse le silence assourdissant des instances dirigeantes - vous écœurent et vous donnent envie de vous mobiliser. Idem pour le traitement sensationnaliste dans certains médias. Vous nous dites d’ailleurs que vous attendez de la Ligue des familles, et notamment du Ligueur, qu’ils vous donnent régulièrement tout un tas d’infos pratiques. N’hésitez pas pour cela à consulter tous nos articles en ligne.
Une autre question est revenue dans toutes les réunions : celle du tutorat ou du parrainage. De quoi s’agit-il ?

La force des familles

On voit beaucoup de confusion entre les deux. Un petit récapitulatif s’impose. Être tuteur ne se fait que par un agrément ministériel. Un parent ne devient tuteur d’un mineur étranger non accompagné (un MENA) qu’à condition de respecter les critères indiqués sur le site du ministère de la Justice.
Tout le projet d’accompagnement que vous souhaitez mettre en place en tant que futur tuteur se rapproche de l’autorité parentale (santé, éducation, protection civile). Le recrutement se fait via le site internet. Pour toute question pratique, renseignez-vous auprès de l’Association des Tuteurs francophones des Mineurs étrangers.
Le parrainage est un engagement plus occasionnel. Il n’y a pas de suivi légal derrière. Il se fait toujours par rapport à un jeune ou une famille. Arthur Baes, co-fondateur d’Aft-Mena.be met en garde : « Si on s’engage, on assume ». Il nous explique que de nombreux centres à travers le pays, à l’initiative de la Croix-Rouge et de Fedasil ont ouvert un peu partout à travers le pays. Certains accueillent des MENA, d’autres des familles.
« Les mineurs n’ont pas la même culture, prévient Arthur Baes. Le rapport à l’adulte est assez respectueux. Il y a un lien de confiance. Si on s’en occupe un week-end sur deux, on va jusqu’au bout. L’idée, c’est de les sortir de leur quotidien extrêmement précaire. De les confronter à notre culture, notre manière de vivre. »
Chacune de ces actions de parrainage doit se faire dans une dynamique d’échanges, de respect et d’implication. Par exemple, vous n’allez pas cuisiner du porc à des gamins musulmans.

Petits gestes, grande valeur

Autre action de parrainage possible, celles auprès des familles. Comme dit plus haut, beaucoup trop d’entre elles sont encore dans des centres partout à travers le pays. Il est alors possible de s’engager en contactant au préalable un de ces espaces près de chez soi pour connaître leurs besoins en terme de bénévolat.
« Quelques initiatives citoyennes ou associations locales coordonnent des actions d’éducation dans nos centres. Il y a de gros besoins en termes de langue : du français, du néerlandais, de l’anglais, certes, mais aussi de l’arabe. Beaucoup de jeunes enfants se trouvent seuls la journée, il faut les instruire, qu’ils se défoulent, qu’ils s’amusent aussi. La réalité d’un centre précaire, ça restreint l’imagination », relate Nils, jeune bénévole dans un camp de la Croix-Rouge.
Au fait, qu’est-ce qu’on entend par parrainage ? Arthur Baes explique : « Ça peut être une activité régulière. De la lecture, du dessin, de la musique, de la cuisine, que sais-je ? Rien que ça, c’est fantastique. Dites-vous bien que les budgets sont extrêmement limités. Et puis, vous verrez, c’est formidable de mettre le doigt dans cet engrenage, de lutter contre les racismes et les peurs qui se répandent au sein de la population. La crainte de se faire envahir ? Quand on se rencontre, quand on s’informe d’avantage sur les parcours que les gens vivent, les choses violentes qu’ils ont vues, subies, on la dépasse très vite. »

Yves-Marie Vilain-Lepage

Agenda

Rencontrons-nous

  • Notre réflexion n’est pas finie. La Ligue des familles organise quatre grandes rencontres à Bruxelles le 31 mai, La Louvière le 1er juin, à Namur le 2 juin et à Ans (Liège) le 7 juin. Venez mettre en œuvre vos idées avec nos experts, nous avons besoin de vous, l’enjeu est de taille. Inscrivez-vous sur liguedesfamiles.be. Plus de renseignements : accueil.migrants@liguedesfamilles.be
  • Date plus festive, mais tout aussi importante : la fête des voisins. Venez y exprimer votre amour pour la différence le 27 mai.
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