Vie de parent

Rendez-vous place des amis
avec Ayhan et Stéphanie

Courcelles, tout près de Charleroi. Nous rejoignons Ayhan Tuzkan, sa femme Stéphanie et leurs deux enfants, Mae, 9 ans, et Léonie, 5 ans. C’est la première famille qui nous ouvre ses portes pour nous raconter son emménagement dans le quartier de Souvret après avoir quitté Marchienne. S’installer à sept kilomètres de son ancien chez soi, ce n’est pas le dépaysement du siècle, mais ça reste quand même une aventure. Nouvelles habitudes, nouveaux visages, comment la famille Tuzkan s’est-elle sentie accueillie ?

Rendez-vous place des amis avec Ayhan et Stéphanie - © Bea Uhart

Rue Tuzkan

La maison est située en retrait d’une ruelle pavée à sens unique qui grimpe vers un quartier de maisons ouvrières. D’emblée, on se sent bien, chez Ayhan et Stéphanie. Le living est moderne, lumineux, coloré, avec un grand mur où sont épinglées des photos joyeuses des proches dont un patchwork de binettes de copains.
Dans un coin, une plaque métallique en dit déjà long sur l’esprit de la maison : « Place des amis ». Une grande table, la guitare et les instruments de musique d’Ayhan, « Eh oui, je suis un gratteur », nous confie-t-il. Et un pas plus loin, une table plus petite avec l’ordinateur familial dont Mae et Léonie auront du mal à s’arracher pour venir nous faire la bise. On y aura quand même droit avec le sourire en prime et une petite lueur d’étonnement : « C’est qui, le monsieur ? ».
Comme nous en sommes à faire les présentations, on interroge Ayhan sur l’origine de son prénom. Il m’explique qu’il est né en Belgique, qu’il est d’origine turque et que son grand-père a émigré dans les années 1970, suivi par son fils qui deviendra le père d’Ayhan. « C’est un vrai Belge, précise Ayhan avec un large sourire. Il profite bien de la vie. Il est plus Belge que Turc. Moi aussi. Je parle en français avec lui, en turc avec ma mère. Nous avons tous la double nationalité ».
À Marchienne-Docheries, toute la famille, les oncles et tantes compris, s’est établie rue de Jumet. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux sont repartis au pays. Mais Ayhan se souvient : « Tout le monde mangeait chez tout le monde. C’était une ambiance magnifique. Mes voisins, c’était ma famille. On aurait pu rebaptiser la rue de Jumet, la rue Tuzkan ! »

La bougeotte

Mariés en 2006, Stéphanie et Ayhan se sont fixés à Souvret, l’un des quatre villages de Courcelles, après avoir loué du côté de Fleurus, puis de Marchienne, et acheté une maison à Roux en 2008, revendue depuis.
« On a la bougeotte, sourit Stéphanie. On peut dire que nous sommes des nomades. Nous n’avons pas cherché à trouver la maison idéale de suite. On se lasse vite, on aime le mouvement. Nous avons aussi beaucoup d’activités, comme la musique, le sport, les sorties. Mais voilà, une fois la trentaine atteinte, on a eu envie de se poser. Nous sommes aussi devenus plus exigeants. »
Un quartier relativement calme, un intérieur mieux agencé, un jardin qui leur a permis d’installer un petit poulailler pour se lancer dans le recyclage des déchets alimentaires grâce aux poules, peu de travaux à réaliser : le couple de trentenaires a un véritable coup de cœur pour cette maison.

Le géocaching pour découvrir le coin

Le fait d’avoir emménagé au début de l’été a sans doute contribué à vivre agréablement ce tournant de leur vie et à explorer leur nouvel environnement dans de bonnes conditions. « Je n’arrête pas de découvrir Souvret, explique Stéphanie. Je commence à apprécier notre quartier. Il y a de jolies petites rues, le RAVel et le Six Périer ».
Ancien charbonnage avec ses terrils, le Six Périer a été réaménagé en espace vert en 1995 par la Région wallonne. Le site aura 150 ans en 2017. Depuis six ans, cet endroit est devenu le théâtre de la Journée de la jeunesse courcelloise. L’événement réunit parents, enfants et ados autour d’activités sportives, artistiques, culturelles et associatives. Une autre belle occasion de rencontrer les habitants du coin et de s’y intégrer.
D’accord, la famille Tuzkan est curieuse et a la volonté de connaître la moindre parcelle de sa commune. Et pour joindre l’utile à l’agréable, ils ont ensemble parcouru Souvret grâce au géocaching, ce jeu qui se fait via le smartphone et qui est une chasse aux trésors numérique. « Courcelles a de nombreuses caches », confirme Ayhan. Parions que, très vite, la famille va se mettre à chasser les Pokémons qui fourmillent sûrement dans la région.

Souvret la vivante

Souvret, sorte de petit village, se révèle plus vivant que Roux, Fleurus ou Marchienne, où les Tuzkan avaient déjà posé leurs pénates auparavant. Pas mal d’événements, qu’ils soient commerciaux ou culturels, animent la cité.
« Nous profitons des féeries de fin d’année, détaille Stéphanie, nous sommes allés à la foire aux vins de la brasserie Renaux-Lefèbvre. Il y a eu aussi la fête de la bière que nous avons ratée par manque de temps. Nous sommes de bons vivants. Chaque week-end, on fait quelque chose parce que la commune nous en donne l’occasion. Pour s’ennuyer ici, il faut vraiment le vouloir. De plus, les autorités locales ont une approche écologique, notamment en faisant la promotion des producteurs locaux respectueux de l’environnement à travers des groupements d’achat comme Cougarou ou La ruche qui dit oui. Cela fait partie de notre philosophie de vie. Et on y rencontre plein de nos concitoyens qui la partagent. »

Un vin de bienvenue

Dans le voisinage, trois familles sont de la même génération qu’eux. Elles aussi s’y sont installées récemment. « Cela ne pouvait pas mieux se passer. Nos enfants et ceux des voisins en face ont quasi le même âge. Ils vont jouer les uns chez les autres presque tous les jours. Ils s’invitent aux anniversaires. Les aînés font du vélo dans la rue… ».
La sonnette retentit soudain. Les enfants s’arrachent à leur écran et se précipitent à la porte d’entrée. Une adorable gamine aux cheveux blonds fait son entrée, confirmant ainsi ce que Stéphanie nous racontait. Les parents, eux aussi, sont entourés : « Dès notre arrivée, le voisin est venu se présenter et nous a invités à venir souper chez lui, explique Ayhan, souriant. Je vais souvent boire un coup chez lui. Même si chacun a sa vie et aime sa tranquillité… ».
Le jour de la pendaison de la crémaillère, ce même voisin est venu déposer une bouteille de vin avec ce petit mot : « Nous vous souhaitons beaucoup de bonheur dans votre nouvelle maison. Bienvenue dans ce quartier, en espérant que vous y trouverez votre épanouissement. Signé : Les voisins, Aurélie, Charlie (et Holly) ».
« Holly est une petite chienne fugueuse qui, très vite, a fait connaissance avec Dexter, notre chien », explique encore Ayhan pour compléter l’histoire. « La bouteille de vin, nous l’avons toujours », précise Stéphanie en la posant sur la table. Un vin de bienvenue qui se bonifiera certainement avec les années.

Michel Torrekens

Bonnes pratiques

Pour accueillir les familles nouvellement arrivées sur leur territoire, plusieurs communes ont instauré une journée qui leur est spécialement dédiée. Au menu : petits fours, bulles et discours des autorités municipales, mais aussi distribution de brochures, présentation des services et parfois invitation faite aux associations locales à tenir un stand comme la Ligue des familles, ici à Courcelles.

Appel

Vous aussi vous connaissez des communes ou des habitants qui mettent de la chaleur et de l’inventivité pour aider les nouvelles familles à emménager le mieux possible ? Ou des familles qui sont prêtes à témoigner du bon, du mauvais ou du non-accueil qu’elles ont vécus lors de leur installation dans un nouveau lieu ? N’hésitez pas à nous relayer leurs bonnes idées ou à nous communiquer leurs coordonnées pour nos prochains portraits à l’adresse : redaction@leligueur.be

Merci

Nous avons a rencontré Ayhan et Stéphanie Tuzkan grâce au groupe local de la Ligue des familles de Courcelles qui les ont rencontrés lors de la Journée des nouveaux habitants, organisée par la commune. La Ligue y tient un stand de présentation avec d’autres associations.

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