Vie de parent

Sonia, Shana et Thaïs disent merci à l’école communale

Selon une enquête récente, un déménagement est vécu comme la troisième source de stress dans la vie parentale. Qu’en est-il lorsque celui-ci est la conséquence d’une séparation et que vous êtes une mère seule avec enfants à devoir l’assumer ? Telle est l’histoire récente vécue par Sonia et ses deux filles, Shana et Thaïs, que nous avons rencontrées à Baudour (Saint-Ghislain).

Sonia, Shana et Thaïs disent merci à l’école communale - © Bea Uhart

À peine arrivés, nous sommes accueillis par ce trio féminin tout souriant. Leur living est minuscule, comme la cuisine et la salle de bain, les trois seules pièces du bas. Un rayon de soleil vient égayer la matinée. La vie respire entre ces murs, au milieu des jouets, des cartables, de la table pas tout à fait débarrassée. Sans oublier Isis… Isis ? Un magnifique chat angora qui fait le bonheur des gamines. « Cette boule de poils d’amour a une signification particulière pour nous, précise Sonia, car nous l’avons accueillie un mois après avoir emménagé. Elle est liée à notre vie ici ».

Trois déménagements en six mois !

Shana, sa fille aînée de presque 7 ans, dynamique, est fort sensible au bien-être des animaux en tous genres et curieuse de ce qui l’entoure. Thaïs, la cadette de 2 ans, est un vrai petit chef derrière ses sourires et sait ce qu’elle veut. Quant à Sonia, 35 ans, jeune maman hyper-active, elle nous explique d’emblée qu’elle est « plutôt hyper-débordée. Ce n’est pas un choix. Je crois que c’est parce que je suis seule. J’ai déménagé trois fois de décembre 2014 à mai 2015. J’ai dû me débrouiller pour m’occuper seule de choses que l’on se partageait auparavant à deux, comme les factures ».

Cherche maison pour cause de séparation

Sonia et ses deux princesses se sont installées à Baudour en mai 2015. Après avoir connu plusieurs désagréments : « Suite à ma séparation, explique Sonia, j’ai décidé de quitter notre domicile situé à Obourg, à vingt-cinq minutes d’ici. Nous avons vécu pendant quatre mois à Jemappes, dans une maison que je louais à l’ami d’un ami. La maison était en travaux, nous n’y étions pas bien mais nous savions que c’était provisoire. Heureusement parce qu’elle était trop grande, trop froide et trop sombre ».
Sonia cherche donc un autre logement, plus conforme à la vie d’une petite famille. Des amis, qui rénovaient une maisonnette proche de la leur, lui proposent de la louer. Ces amis sont devenus ses voisins les plus proches. « J’étais dans une période où je me sentais complètement perdue, se souvient Sonia. Avoir des amis à proximité me rassurait beaucoup ».

Une école attentive

Qui dit changement de commune dit bien souvent changement d’école. Un défi pour une jeune mère qui, en plus, a grandi en France et connaît donc peu le système scolaire belge, nous confie-t-elle. Difficultés aussi pour sa fille aînée obligée de quitter un établissement où elle se plaisait bien.
« Comme nous connaissons pas mal de monde dans les environs, elle n’était pas trop perdue, mais ce changement a quand même été dur pour elle et, au final, elle a dû recommencer sa 1re primaire ». Pourtant, les conditions de l’accueil ont été excellentes, insiste Sonia : « La directrice est chaleureuse, proche des parents et des enfants. Dès la première entrevue, elle m’a mise à l’aise. Elle est ‘maternante’ dans le sens positif du terme, car j’étais stressée. Elle m’a expliqué les activités proposées par l’établissement et par la commune. C’est ainsi que Shana suit les cours de musique gratuitement à l’académie attenante. Une personne de l’académie vient même la chercher à la garderie et la ramène ensuite ».
À propos de garderie, celle-ci est ouverte de 6h45 à 18h, tous les jours, même le mercredi, ce qui a facilité grandement leur vie vu que Sonia travaille à La Louvière. « Cela m’a fait pas mal d’angoisses en moins ».

Un plumier garni

Aux nouveaux habitants, les autorités communales distribuent un sac dans lequel sont présentés les différents services présents dans l’entité ainsi que des prospectus et revues. Une petite réception est organisée pour les accueillir. Plus original : un plumier garni a été offert à Shana, l’aînée, pour son entrée à l’école.
Celle-ci a joué un rôle primordial dans l’intégration de Sonia et de sa famille dans cette commune. À tel point, nous dit-elle, que : « Quand j’ai emménagé à Baudour, je pensais n’y rester qu’un an pour me rapprocher ensuite de mon travail, mais quand j’ai vu comme Shana se sentait bien à l’école du Parc, j’ai changé d’optique. Désormais je cherche à acheter plus grand, avec un jardin, mais toujours dans cette commune ou dans les environs proches ».

Sonia, maman de Shana

Balade à vélo, promenade, cross… Sonia a découvert avec étonnement les nombreuses activités proposées dans la commune. « Il y a une grande place pour l’interculturalité, comme une semaine de danses folkloriques, des ateliers de cuisine métisse ou une fête multiculturelle avec des repas africains concoctés par des familles de la région. Des stages sont proposés à moitié prix pour les enfants de la commune. Une ferme toute proche, La Cense du Mayeur, organise des portes ouvertes avec dégustations et découverte de l’exploitation. Presque toute la commune est présente. Cela permet de créer des liens. Par les enfants, je rencontre aussi d’autres mamans. Je suis d’ailleurs plus ‘la maman de Shana’ que Sonia ! ».

Née au Congo

D’origine congolaise, installée dans la région parisienne vers 3-4 ans, Sonia mesure la différence de contacts quand elle déménage en Belgique. « En région parisienne, la société est tellement cosmopolite qu’on s’y est forgé une identité multiculturelle. On peut mélanger des mots français, arabes, lingala, créoles dans une même phrase et on se comprend. Ici, c’est impossible. Même si je n’ai jamais eu de remarques racistes depuis que je suis arrivée dans cette région, je me rends compte que certains me traitent d’une manière différente, parfois simplement en me disant que je ne suis pas une vraie Africaine ! Par exemple, certains s’étonnent qu’une Africaine donne des cours de français ou que mes filles métisses aient des cheveux crépus. Je suis d’ailleurs encore plus sensible à ce genre de réflexion depuis que j’ai des enfants. Mais le Belge est d’un abord chaleureux. Quand je me suis séparée, beaucoup d’amis français m’ont demandé si j’allais revenir sur Paris, mais je ne voudrais plus y vivre. J’aime le cadre et l’état d’esprit des gens d’ici, la proximité qui se noue vite. J’ai besoin de calme et, à part le trafic sur notre rue qui est embêtant, je l’ai trouvé dans ce quartier où la nature est très présente. Nous sommes entourées de prairies avec des chevaux, des vaches, des oies... En même temps, je bénéficie des commodités de Mons et de Saint-Ghislain. Beaucoup d’amis parisiens m’envient ! »

Michel Torrekens

 En pratique

  • Vous aussi, vous connaissez des communes ou des habitants qui mettent de la chaleur et de l’inventivité pour aider les nouvelles familles à emménager le mieux possible ? N’hésitez pas à nous relayer leurs bonnes idées en remplissant notre enquête sur liguedesfamilles.be/icioci
  • Vous connaissez des familles qui sont prêtes à témoigner du bon, du mauvais ou du non-accueil qu’elles ont vécus lors de leur installation dans un nouveau lieu ? Merci de nous communiquer leurs coordonnées pour nos prochains portraits à l’adresse : m.torrekens@leligueur.be
  • Une question ? Une remarque ? Une suggestion ? Écrivez à icioci@liguedesfamilles.be. Yolande Duwez se fera un plaisir de vous répondre.

 

 

Sur le même sujet

ICIOCI

Emménager, tout le monde en a un jour fait l’expérience. De nouvelles rues, de nouvelles têtes, parfois un nouveau pays… Pas toujours évident pour les adultes, ni pour les enfants. Comment aider nos nouveaux voisins à se sentir chez eux, ici aussi ?

Durant la campagne ICIOCI (2016-2017), la Ligue des familles a recueilli de nombreux témoignages, collecté des idées d'actions, sondé la population et les responsables communaux pour contribuer à faciliter l'inclusion des familles qui emménagent dans leur nouveau quartier.

ICIOCI - Ils sont chez eux grâce à nous

ICIOCI, une campagne de la Ligue des familles qui nous encourage à accueillir encore mieux les nouvelles familles qui emménagent tout près de chez nous.

 
Le Ligueur utilise des cookies pour faciliter la navigation sur ce site web et permettre l’utilisation de ses fonctionnalités. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies. J'accepte l'utilisation des cookies
En savoir plus